LETTRES DE COMMINES
est aucun qui n'ait eu pour but d'en relever l'intérêt et la valeur.
Si, après tant d'excellentes recherches , il reste quelque chose à faire, c'est de comparer au récit où Commines apprécie les événements accomplis , les lettres qu'il écrit au moment même où ils se succèdent , en en rapprochant , pas à pas, jour par jour, les épisodes de cette vie enfermée entre un berceau inconnu et une tombe détruite , de cette vie, tour à tour si fastueuse et si désolée, qui fut mêlée, sous Louis XI, aux sombres rigueurs d'une domination oppressive, sous Charles VIII, aux folles gloires d'une ambition imprudente. On ne saurait séparer, en s'occupant de Commines, ce qu'il fit comme homme politique, ce qu'il négocia comme ambassadeur, ce qu'il jugea comme historien. A ces titres divers, il mérite une étude attentive, car, le premier entre les conseillers des princes et les chroniqueurs qui vécurent au xv1' siècle, il se sépara irrévocablement du moyen âge pour inaugurer, par des idées moins chevaleresques mais plus habiles, moins désintéressées mais plus prudentes, moins exaltées mais plus froides et plus exactes, ce qui, en politique comme dans les lettres, caractérise l'esprit des temps modernes.