VI INTRODUCTION
meots nouveaux concernent ses relations avec Laurent de Médicis. Nous apprenons que celui-ci lui remit trois cents ducats lors de son départ et qu'il reçut un peu plus des magistrats de la république : ce qui explique son affirmation qu'il fut « mieulx traiclé des Florentins « le derrenier jour que le premier. »
Quelques lettres inédites répandront un peu plus de lumière sur la part prise par le seigneur d'Argenton aux trames odieuses dont le jeune duc de Savoie fut la victime.
Les dernières pièces sont celles oii brille le moins Tadresse éloquente et persuasive de Cpmmines. Il rencontra, dans ses deux missions à Venise, des diplomates qui , mieux que lui peut-être , savaient profiter des circonstances en ne consultant que leurs intérêts.
Des recherches entreprises dans les archives mêmes de la cité-reine de TÂdriatique sont restées sans résultat. Il est néanmoins hors de doute que Ton a pu y déposer autrefois soit des lettres de Commines adressées aux doges, soit d'autres lettres interceptées par les Vénitiens.
Jusqu'à ce moment, ce que qous savons des négociations de Commines en Italie , nous le devons pour la plus grande part aux archives de Milan. M. Osio qui nous avait témoigné une si grande obligeance, ne vit plus ; mais le dépôt qu'il dirigeait, est aujourd'hui confié
INTRODUCTION. Vil
à l'illastre historien italien M. Ganta, et nous pouvons compter sor des investigations dirigées par Téradition la plus persévérante et la plus éclairée.
Nous ne saurions ici passer sous silence un vœu que nos lecteurs ont formé avant nous en parcourant ces fragments recueillis exclusivement au point de vue de la biographie politique et littéraire de Commines : c'est que les correspondances milanaises du XV* siècle soient mises au jour d'une manière complète. Elles formeraient la source la plus précieuse que Ton pût consulter pour le r^ne de Louis XI, et nous pourrions aussi y retrouver, bien mieux que dans ce qu'a publié M. le baron de Gingins-la-Sarraz, les jugements des ambassadeurs milanais sur les revers de la redoutable puissance des ducs de Bourgogne.
Je me bornerai à signaler ici les relations de Tannée 1 476, cette dernière année du règne de Charles le Hardi, qui s'ouvrit sur le champ de bataille de Gransou et que ferma le champ de bataille de Nancy.
A la fin de 1 475, Charles le Hardi a signé une trêve avec Louis XI en lui livrant l'ami et le compagnon de sa jeunesse le connétable de Saint-Pol ; il s'est réconcilié avec les Croy ; il reçoit même à son camp devant Nancy le bâtard Baudouin qui a naguère tenté de l'assassiner, et il l'entretient seul pendant trois heures. C'est