LANGUES
Les langues sont la science des sots (il parlait à un homme qui en sait cinq, et en déchiffre deux autres). Je me suis mis en tête, une fois, d'apprendre l'anglais; en trois mois, j'entendis les prosateui^; ensuite, ayant fait l'expérience que, dans une demi-heure, je ne Usais que douze pages anglaises de V Histoire de Hume^ in-4*', tandis que, dans le même espace de temps, j'en lisais quarante en français, j'ai laissé là l'anglais.
Jamais je n'ai feuilleté un dictionnaire ni une grammaire.
J'ai appris l'italien comme on apprend sa langue, en écoutant; je conversais avec tout le monde, je préchais même hardiment dans mon diocèse; mais je ne serais pas en état d'écrire une lettre.
En me décrivant les derniers moments de Ganganelli , Son Éminence me disait, le même jour, qu'on entendit le saint-père s'écrier à plusieufô reprises ; « Miserere mei maximo peccatori ! !! m On voit qu'en effet elle n'a pas pâli sur Priscien.
s. ÉM. LS CARDINAL UAURT. 233