‹ Lettres et opuscules [microforme]Chapitre 22 sur 38 · UN CAUCUS A OTTAWA · texte numérisé non relu

UN CAUCUS A OTTAWA

Une grande pièce avec table au milieu. Les ministres assis autour de la table.—Taillon et Tom Chase Casgrain entrent par la porte ds fond ; ils vienneni! conférer avec leurs amis d’'Oiiawa à propos ü4 scaudale Caron-Costigan ; Sir Hector est à la droite de Sir John, et Chapleau à sa gauche.

Sir John.—Vous avez la parole, Taillon, expliquez ce qui nous procure le plaisir de votre visite.

Taillon.—Je viens me plaindre de la conduite d’un des membres du cabinet. On comprend que si les ministres conservateurs à Qitawa, dans un but de spéculation que je suis obligé de flétrir,

viennent maintenant dépouiller les Canadiens-Français de la Province de Québec{de leurs biens, not:e position ne sera plus teuable,

Sir John.— rl agite une sonnette, un messager paraît).—Emportez-moi un gin-cock-tail avec beaucoup de sucre. Mettez-en aussi dans vos discours, Taillon. (res).

Taillon.—Que dois-je mettre dans mes dis- Cours ?

Sir John.—Du sucre. (nouveaux rires.)

Adolphe Caron.—Non, mais est-il spirituel, Sir John!

Taillon.—J'aimerais que le ministre de la guerre me donnât à moi des explications, la chose est grave.

(Un silence : on entend ia voix d’'Adol Caron : il parle à Tom Chase :) “ Moi, j':

mieux les femmes brunes, elles ont plus de montant. Les blondes sont poétiques, je l’admets, mais la poésie, ça m’embête,

Sir John.—Caron, on vous demande des explications sur le scandale Caron-Costi zan.

Adolphe Caron.—Je me suis emparé de ces terres dans le but d’y élever des fortifications pour la défense de nos côtes.

Sir John.—Je crois que vous vous occupez plus de la côte d'Adam que de nos côtes. (r17e5.)

Adolphe Caron.—Non, mais est-il spirituel, Sir John!

Sir John.—1,e nommé Leclaire qu’on a dépouillé, i’est après tout qu'un papiste. (//sonne. Un messager paraît.) Emportez-moi un gincock-tail.

Sir Hector.—Je dois ici élever la voix. Je me permettrai de dire que je suis obligé de différer d'opinion avec l'honorable premier. Cependant, je me soumettrai à la majorité.

Chapleau.—(Entre ses dents.) Il rue dans les brancards.

Sir Hector.—TJe sais quel est celui qui vient de parler. Je le méprise trop pour faire attention à lui.

Chapleau.—Si c'est à moi que mon honorable ami fait allusion, je saurai lui répondre.

Sir John.—(Bas à Chapleau) Tu sais que je considère Langevin comme un incapable. C’est inutile de me donner des misères pour rien.

(Bas à: Langevin) Chapleau est un homme fini, inutile de s’en occuper. (77 sonne. Un messager paraît.) Fmportez-moi un gin-cock-tail, plus de gin et moins de sucre.

Taillon.—Comment peut-on défendre nos côtes en élevant des fortifications à l’intérieur des terres? Dans tous les cas ma position n’en est pas moins fausse.

Sir John.—Te croyais que vous faussiez seulement lorsque vous chantiez, Taillon. (rires.)

Adolphe Caron.—Non, mais est-il spirituel, Sir John !

(On entend la voix de Casgrain) : J'ai oublié mc tabac; as-tu du tabac Adolpie ? ”

Adolphe Caron.—Non.… Je voudrais bien savoir ce que Taillon connaît en fait de statégie. Grâce à :uon système de fortification intérieure, l'ennemi débarque sans défiance et tout à coup crac. le tour est joué.

Taillon.—Oui. crac, crac… Il viendra un crac qui vous enverra tous dans l'opposition.

Adolÿhe Caron.—Chut !… Sir John est endor:ni, il est temps de s’en aiier.

(Zous se lèvent et se dirigent vers la porte.)

Adolphe Caron.—Tu fais un bruit avec tes bottes, Casgrain !

Casgrain.—Je ne peux toujours pa. avoir de tabac. Quand viens-tu chez Gaspard, Adolphe ?

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Adolfhe Caron.-—Je serai à Québec la semaine prochaine. Organise une excursion.

Tous deux sortent ea fredonnant $

V'la le bon vent, v'la le joli vent...

CHRONIQUE

HIVER, le joyeux hiver nous arrive, Se faisant sonner ses grelats. Moi, j'ai l'hiver en horreur. Le froid est pour moi une souffrance ; et puis, que la nature est triste durant cette saison! Y a-t-il quelque chose de plus désolé que cette plaine morte, immense et blanche, où s'élèvent quelques squelettes d'arbres dépouillés.

Les femmes aiment généralement l'hiver.

Pour une raison probablement frivole. Je ne suis pas éloigné de croire que c’est parce que le froid met des roses sur les joues. Songez donc, lectrices, que si votre teint a plus d'éclat, d'un autre côté, les habits d'hiver sont disgracieux.

DT de | DA

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