Ministre de Russie en Suisse
'2. PoNTOis (Edouard, comte de), diplomate tVanrais.
ARCHIVES DU COMTE Cil. DE NESSELRODE. 271
terre que nous avons à traiter la question suisse, la seule qui agite aujourd'hui l'Europe et qui ne laisse pas d'embarrasser fort les puissances, plus direciement a[)pelées à s'en mêler. Jusqu'à présent, elles ont l'ail à peu près lie l'eau claire lui Suisse. Par le courrier autrichien qui m'a apporté votre dernière lettre, Colloiedo a reçu des volumes sur cette question : beaucoup de paroles, de récriminations, mais point d'action ou de mesures pratiques pour arrêter le mal. Je regarde donc la révolution comme consommée et les premières puissances assistant, les bras croisés, à la défaite du parti conservateur en Suisse. Comment empêcher, dès lors, qu'il n'éclate des révolutions partout? Le mouvement communiste de Hirschberg nous avait mis aussi la puce à l'oreille, mais il paraît (jue c'est peu de chose. Il pourrait peut-être même faire du bien, en donnant à penser au Roi et en lui prouvant qu'il ne pourra pas toujours compter sur l'amour et la sagesse de ses fidèles sujets. Pour le moment, je ne forme, à l'égard de cette terrible ([uestion, qu'un seul vœu : c'est que le Roi persévère dans son intention de ne convoquer les États généraux qu'en 1847. Jusqu'à cette époque, beaucoup d'eau coulera sous le moulin; Dieu est grand, il suscitera peut-être à notre bon Roi de telles difficultés qu'il renoncera de lui-même à sa funeste conception .
La nouvelle altesse impériale' se mettra en route,
1. Le prince Pierre d'Olpesbourg, neveu de l'Empereur, avait reçu le titre d'Altesse Impériale.
avec toute sa famille, dans les premiers jours d'avril. Le prince d'Oldenbourg est un peu inquiet sur ce nouveau titre et craint qu'on ne le lui refuse en Allemagne ; j'espère qu'au moins en Prusse on sera trop poli pour cela et qu'on le lui accordera, ne fût-ce que par courtoisie. Je pense qu'il vous sera nécessaire de vous charger de faire sur cela une notilîcation officielle, dont nous allons d'abord nous acquitter auprès du chef de la famille, le grand-duc d'Oldenbourg.
P. S. — En réciprocité de la nomination de Corréa, noire ami Strogonof a été élevé au grade d'envoyé extraordinaire et ministre plénipotentiaire à Lisbonne, Le Maréchal* part demain pour Varsovie; je vais lui communiquer la proposition du comte Arnim, que je reçois à l'instant.
Le même au même.
Saint-Pétersbourg, 25 avril 1845.
Je vous envoie quelques communications sur les affaires de la Suisse et de l'Espagne. Les premières vous prouverorit que nous ne voulons pas de conférence à Paris, pas plus qu'on n'en veut à Berlin ; quant aux