‹ Lettres et pièces rares ou inéditesChapitre 127 sur 142 · REMARQUES SUR CES PIÈCES · texte numérisé non relu

REMARQUES SUR CES PIÈCES

Quand je considère , dans la réponse de MM. les échcvins , l*appel si brusque et si direct à leurs anciennes insUtutionSf « à leur ancienne république qui donnait des lois au lieu d'en recevoir ; » quand je considère leur attaque si vive et si peu mesurée contre Tévèque du diocèse, je suis presque tenté de croire apocryphç une pièce n contraire aux usages et aux formes qui avaient encore Tair d'être en vigueur ; je suis tenté de croire que toute cette correspondance est de rinvention de quelque homme de lettres de Paris. Mais , quand même elles seraient inventées, ce qu'il m*est impossible de vérifier sur les registres de Fancienne administration , et ce qu*en définitive je n'admets pas , elles n'en auraient que plus de signification. Elles prêteraient, par anticipation , aux chefs des Marseillais et à propos de spectacle , un appel à la république , qui serait fort étrange s*il n'était pas provoqué par un singulier acte d'absdutisme.

Car, en vérité, c'en est un fort singulier, que de vouloir tarifer au gré du gouvernement le plaisir que peuvent prendre Messieurs de Marseille aux jeux de Melpomène et de Thalie; de changer arbitrairement , sans les en prévenir, et dans le seul intérêt d'un directeur de spectacle, les usages établis. C'est de la part d'un ministre un acte d'étrange imprudence , que de commettre l'autorité suprême avec les intérêts du peuple , en venant lui déclarer que le roi est bien résolu à ne consentir à aucune diminution dans le prix des stalles d'orchestre ou d*avantrscène.

On n'est pas plus insensé , quand on gouverne en plein xvui* siècle.

En effet, déjà toutes les voix, celles de la noblesse comme celles du peuple , demandaient en toutes choses le gouver-

nement de la raison, celui de la saine raison , je ne dis pas de la folle ; et déjà la saine philosophie éUài proclamée l'arbitre suprême des choses humaines.

Du moins les regards des hommes les plus sensés se tournaient-ils du côté où Ton pensait qu'elle avait son empire.

Une lettre du comte de Tressan, qui ne fut pas philosophe, et dont la correspondance a un tout autre caractère , va nous donner une preuve déplus, et une preuve remarquable, de ce grand fait : c'est que vers le milieu du dernier siècle tout honune raisonnable aimait à faire Téloge de la philosophie.

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