‹ Lettres et pièces rares ou inédites publiées et accompagnées d'introductions et de notesChapitre 101 sur 137 · V. F. SCARRON · texte numérisé non relu

V. F. SCARRON

« A Monsieur Monsieur Nublé , avocat en parlement , chez M. de Choisy, à Amboise. »

REMARQUES SUR CETTE LETTRE

M"* Scarron et M. Nublé avaient des intérêts communs. Ces intérêts étaient contraires à ceux de la veuve, et ils avaient assez d'importance pour qu'on pressât l'arrivée de l'absent. Le désir de hâter cette arrivée , voilà ce qui domine dans la lettre ; car cette arrivée est l'unique moyen d'empêcher que tout aille en déconfiture, c'est-à-dire à la veuve , ce qui est la même chose pour les deux intéressés.

Un tel aveu , dans un tel moment , est d'une naïveté blessante. On n'était pas préparé à cette opinion sur le compte de M. Nublé, avocat au parlement, honoré de l'intimité de plusieurs personnages éminents dans les lettres.

Quant aux sœurs Scarron , elles étaient habituées à voir les veuves s'emparer de tout. C'est ainsi que les choses s'étaient passées à la mort de leur père. Une belle-mère les avait dépouillés , elles et leur frère Paul , et le futur auteur

* Il y avait d'abord auez.

* Le mot seruente est écrit très-lisiblement, dans une autre, celui de turviteur. C'est le second trait de distraction dans Tauteur de cette lettre.

du Roman comique avait plaidé burlesqueiiient mais en vain pour sauver leur bien. La sœur ne voulait pas que les choses se passassent encore ainsi .

Cette sœur est d'ailleurs très-a'ttachée à la mémoire de son frère et très-convenable pour sa veuve. Si quelque chose peut la consoler c'est la bonne mort de Scarron , car il a fait lapins belle fol du monde ^ pour parler le facile et pieux langage du temps.

Quant à sa belle-sœur, M"'' Scarron se borne à dire «< qu'elle s'est mise à la petite Charité, fort affligée de la mort de son mari ; » elle n'a pas un mot d'attachement ni de douleur pour elle \ et il est évident qu'elle ne lui veut pas de bien. M""" Scarron était un peu sèche , et fière de sa naissance ; elle n'a pas eu sans doute autant d'affection pour ses belles-sœurs que pour l'homme d'esprit qu'elle avait bien voulu épouser, afin de ne pas entrer au couvent.

Un peu de sécheresse et beaucoup de fierté perçaient à travers tout l'esprit et toutes les grâces qu'offrait le commerce de M"'" d'Aubigné. Ses moindres lettres réfléchissent ces qualités.

Nous en avons trouvé une bien courte , qui a néanmoins ce mérite , et que nous publions avec plaisir.

LETTRE DE M^'^^ D'AUBIGNÉ [Mme de MAINTENON].

NOTE INTUODICTIVE.

La famille de Scarron ne datait pas ses lettres. M"* d'Aubigné avait la même habitude , et tout ce que nous pouvons dire sur le temps où les lignes si nobles qui suivent ont été tracées , c'est qu'elles sont de 1660 , époque de la mort de Scarron.

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