V. th. et ob. serv
Voltaire.
REMARQÛtrS SUR CE BILLET.
11 est d'une très-belle écriture .
Le compliment qui précède le nom est écrit tel que je le mets.
On a demandé à Voltaire la collection de ses œuvres , sans doute pour l'académie de Berlin ou pour la bibliothèque Royale de cette ville.
Voltaire se serait bien gardé d'envoyer le tout, même s'il l'avait eu à sa disposition. Mais on conçoit qu'il n'ait pas eu en possession tout ce qu'il avait publié à cette époque. Aussi, au lieu d'envoyer une collection de ses œuvres complètes , en donne-t-il , non pas une appréciation , mais une sorte de critique , par forme de boutade. Ce qu'il a , ce sont des (jueniUes; ce qu'il n'a pas , n'est bon qu'à être jeté dans le feu.
Mais à la suite de ces saillies , vient la raison : « Plus on avance en âge , plus on connaît ses fautes. » Cela est si plein de sens qu'on pardonne tout le reste. Le tout est d'ailleUrs écrit d'un style inimitable.
En général l'ère philosophique est encore l'ère du style.
Voici une série de pièces dont le langage a presque le défaut d'être trop beau , le tour trop ingénieux.
BUFFON [A FOllMEY?].
Autographe. - WLliothèque royale de Derlin , collection d'autographes, lettre B. 1
Paris, le 6 décembre 1750.
J'ai, Monsieur, des excuses sans nombre à vous faire '.
Quelque bonté et quelqu'indulgence que Vous aiez , je ne scais ce que vous devez penser de nioy,
attentions obligeantes que vous m'avez marquées , et ensuitte , d'avoir même oublié de vous marquer ma reconnoissance des présents que vous m'avez, faits.
J'avois envie de prendre un médiateur auprès de vous. Je voulois écrire a M. le président de Maupertuis, de vous demander grâce pour moy. Il auroit pu vous dire en même temps l'estime particulière que j'ai conçu pour vous > Monsieur, et le cas que
' Je cODterve roribographe ; mais je corrige la ponctuation et je mels les alinéa*
je fais depuis longlems des productions de votre esprit.
Vous pensez avec une facilité et une fécondité qui me charment, et vous écrivez comme vous ])ensez.
J'ai lu les Songes, V Existence de Dieu, etc., avec bien du plaisir, et je voudrois bien voir ce que vous avez écrit au sujet de mon livre d'histoire naturelle. Mais aucun de nos libraires ne connoît la Bibliothèque impartiale.
J'ai remis a leur destination les livres que vous venez de m' envoler et ceux que vous aviez envoie précédemment.
Le projet du Dictionnaire Encyclopédique paroît icy depuis quelques jours. Vous êtes nommé , Monsieur, avec les éloges qui vous sont dus, et non
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homme, qui sacrifie son bien particulier à Pavantage public.
Au reste cet ouvrage, dont les autheurs m'ont communiqué plusieurs articles , sera bon.
On reimprime icy VAstronomie nautique et la Venus physique de M. de Maupertuis. J'auray l'honneur de luy écrire bientôt, et de luy en donner des nouvelles.
Je vous olïre, Monsieur, mes services en ce payscy, et je vous supplie d'être persuadé de la sincérité de mes sentiments, et du désir que j'aurois de \om en donner des preuves.
J'ai l'honneur d'être avecla plus parfaite estime,
Monsieur, Votre très humble et très obéissant serviteur.