‹ Lettres et pièces rares ou inédites publiées et accompagnées d'introductions et de notesChapitre 122 sur 137 · LETTRE DE M. LE COMTE DE S^-FLORENTÏN A MM. LES ÉCHEVINS DE MARSEILLE · texte numérisé non relu

LETTRE DE M. LE COMTE DE S^-FLORENTÏN A MM. LES ÉCHEVINS DE MARSEILLE

Je suis informé, Monsieur, que dans l'espérance d'une diminution du prix des places de la comédie, et pour la rendre pour ainsi dire nécessaire, il s'est fait des cabales pour ne plus y aller; qu'il y a des paris ouverts à qui n'y ira pas, et qu'il y a eu des gens assés mal intentionnés pour tâcher de diminuer le crédit des directeurs.

Les bontés quej'ai pour la ville m'engagent à vous prévenir des inconvénients auxquels elle s'expose.

Il n'y a absolument aucune diminution à espérer; le Roi ne veut pas en entendre parler.

Si par entêtement, par intérêt ou par fausse vanité , on s'obstine à abandonner le spectacle , et que par ce moyen et par d'autres manœuvres le directeur ne puisse plus se soutenir, je proposerai au Roi de donner des deffenses pour qu'il ne puisse à l'avenir s'établir aucune troupe dans la ville.

Vous ne scauriés trop communiquer ma lettre , ni faire trop d'attention à ce que je vous marque, parce que l'efTet suivra certainement la menace.

Je suis, etc.

LETTRi: DE MM. LES ÉCHEN I\S DE MARSEILLE A M. LE COMTE DE SAINT-FLORENTIN.

Monseigaeur,

Nous avons répandu dans le public, suivant les ordres de V. G., la lettre qu'il nous a fait l'honneur de nous écrire le 23.

Les tenans de la Comédie, ceux qui la frequentoient avec le plus d'assiduité, n'en sont plus empressés.

Peut-être l'éloquence et le zèle de M. l'évêque ne contribuent pas moins à ce changement que Vinté^ vêt, V entêtement et la fansse vanité.

Le prélat déclame et fait déclamer sans cesse contre le théâtre, les spectateurs et les spectacles.

Si le Roi deffend qu'il ne s'établisse à Tavenir aucune troupe dans notre ville, nous reprendrons une des anciennes coutumes de nos illustres ancêtres. Vous savez, Monseigneur, que dans les beaux jours de notre République, lorsque nous donnions des loix au lieu d'en recevoir, nous fermions scrupuleusement nos portes aux histrions, de crainte qu'ils ne vinsent altérer la pureté de nos mœurs.

Nous avons l'honneur d'être. Monseigneur, etc.

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