REMARQUÉS SUR LA LETTRE DE LOUIS DE BRÉZÉ
Ce que dit M. de Brézé ( le mari de Diane de Poitiers , le petit-fils d'Agnès Sorel) sur les services qu'il rendait et sur la dépense qu'ils entraînaient pour lui , est fondé. Il avait un commandement d'une importance extrême ; il avait à protéger les côtes de la Normandie contre l'Angleterre. II n'en est que plus étrange qu'on le traite avec sévérité , quand on en vient à examiner ses comptes, et qu'on condamne la personne par qui la sonupe de cinq cents francs avait été versée pendant plusieurs mois , à la reprendre sur M. le sénéchal, (ce) gui lui venait bien mal à propos , à ce qu'il dit.
Pour qu'une mesure pareille fût prise à l'égard d'un lieutenant général , il fallait des raisons bien graves , si peu raisonnables que les trouvât le sénéchal.
Et pour qu'on ne pense pas que cette affaire doive être jugée autrement que je ne fais , et qu'elle eût été innocentée par les mœurs de l'époque , s'il eût été question d'un personnage réellement important, je produirai la note qu'une main de la fin du siècle a cru devoir mettre a. la tête de la première des lettres de M. de Brézé. ^ Qptte note, non-seulement indique l'importance du personnage en question , mais elle exprime une opinion bien franche , et assurément une doctrine bien populaire sur le gouvernement personnel des rois et sur l'emploi de favoris. On voit du moins par ce document que, dans l'ancienne monarchie , ce n'était pas le gouvernement personnel qu'on redoutait, et que ce qu'on craignait le plus, c'est que les rois ne daignassent pas se mêler des affaires.