‹ Lettres grecques de madame ChénierChapitre 10 sur 19 · MEMOIRE PRESENTE AU COMTE DE MONTMORIN PAR LOUIS CHÉNIER · texte numérisé non relu

MEMOIRE PRESENTE AU COMTE DE MONTMORIN PAR LOUIS CHÉNIER

Le S"" de Chénier, chargé des affaires du roi à Maroc, a été rappelé en 1782. Il reçut alors sa

(i) Pour cette pièce et la suivante, V. Archives du Ministère des affaires étrangères, dossier de Louis Chénier.

retraite avec Tespérance d'être occupé dans quelqu'autre Département. En conséquence il proposa en 1783, rétablissement d'un Bureau dont son expérience lui avait démontré l'utilité, pour réunir sous les yeux du Ministre des finances toutes les relations du commerce intérieur et du commerce maritime, pour en rapprocher les discussions, et pour perfectionner les moyens qui pouvaient opérer leur accroissement. Il demanda d'être chargé de cette partie d'administration, où il pouvait être utilement employé par les connaissances qu'il avait acquises dans les places qu'il avait remplies, et dans les discussions dont le Ministre l'avait chargé. Ce plan fut mis sous les yeux de M. d'Ormesson, alors Ministre des finances, qui répondit en juillet 1783 que ce projet n'était pas admissible, en ce qu'il priverait cinq Magistrats d'une partie de leurs fonctions. On représenta que cette circonstance ne détruisait pas l'utilité de ce Bureau, qui, sans gêner la législation du commerce, devait s'occuper à en suivre les ressorts, et des moyens d'entretenir son activité, et que cette discussion ne pouvant être éclairée que par des personnes expérimentées, elle n'était pas du ressort de la Magistrature. Toute observation fut inutile ; et ce plan.

qui n'avait d^autre défaut que celui de la nouveauté, ne fut pas même discuté.

Le Bureau, refusé en 1783, fut reconnu utile en 1 786 ; et par un arrêt S. M. en confia l'administration à deux personnes très propres à en remplir les fonctions. Le Ministre reconnut alors que les soins qu'il se donnerait pour ranimer l'industrie de la Nation, et lui procurer par des traités des relations de commerce plus étendues et plus utiles, auraient un effet lent et incertain, dès qu'on ne ramènerait pas à un centre la discussion de toutes les branches du commerce extérieur, pour en diriger les convenances et les rapports, et donner plus de stabilité aux lois et aux encouragemens qui peuvent concourir à sa prospérité. C'est dans cette vue que M. de Galonné s'occupait dans le moment de la formation d'un comité, qui devait réunir les objets d"utilité qu'exige une opération aussi importante. Dans cette circonstance le s"" de Chénier a fait de nouvelles instances, pour rendre son zèle utile aux vues du Ministre. Cet officier, instruit des intérêts, et des convenances qui unissent les Nations, possède les connaissances du commerce extérieur et maritime, et plus particulièrement encore tout ce qui concerne le commerce du Levant

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et de la Barbarie, et les fabrications qui y ont rap» port. Cette partie essentielle du commerce de rÉtat, agitée depuis trente ans par les vissicitudes qui ont résulté d'une diversité d'opinions, mérite d'autant plus l'attention du Ministre, qu'elle est d'une grande ressource pour notre navigation, pour l'échange de nos productions, et pour l'industrie de plusieurs Provinces dont les manufactures sont pour la France une source intarrissable de richesses, et une ressource toujours renaissante d'échanges et de réexportations.

L'extension du commerce de l'Etat fixant plus que jamais l'attention du Ministre, le s"" de Chénier réclame avec confiance sa justice et sa protection, pour être employé dans cette partie de l'administration, à laquelle il peut être très utile par les connaissances qu'il a acquises dans les commissions dont il a été chargé. Indépendamment de ces titres, cet officier en a acquis de plus légitimes encore aux grâces du Ministre, par le zèle et la fidélité qu'il a toujours marqués pour le service de S. M. ; et il regarderait comme une récompense dont il serait infiniment jaloux, d'être mis à portée de manifester encore les mêmes sentiments.

CHIÎNIER.

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