‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 110 sur 263 · AU PRINCE LEBRUN · texte numérisé non relu

AU PRINCE LEBRUN

ARCHITRÉSORIER DE l'eHPIRB, UBUTENANT GÉNÉRAL DS l'eMPERBUR EN HOLLANDK (l).

Paris. 17 atril 1811.

J'ai vu avec peine les arrêtés que vous avez faits. Moins vous ferez de proclamations, moins vous ferez de tapage, et mieux cela vaudra. Cela retentit dans l'Europe et fait le pltis mauvais effet. A quoi bon imprimer? Il était bien plus simple que le commandant d'armes fit arrêter les coupables, réunît une commission militaire et les fit juger. Cela pouvait se faire sans écrire. Ce faste de proclamations n'en impose à personne et montre la faiblesse. Cela a pour moi l'inconvénient de donner de l'importance à des choses qui ne sont pas assez sérieuses pour qu'on soit obligé d'en parler. A Amsterdam, c'est une sévérité suivie qu'il faut.

J'apprends que vous avez retenu les fusils que le ministre de la guerre avait demandés. Qu'importe qu'on paye ou qu'on ne paye pas? Que, vingt-quatre heures après la réception de ma lettre, les fusils soient partis pour Wesel et Liège, comme l'a ordonné le ministre de la guerre. La comptabilité n'a qu'un intérêt secondaire.

MAJOR GÉNÉRAL DE l' ARMÉE d'eSPAGNB (2).

Paris, 21 avril 1811.

Écrivez au général Reille pour lui témoigner mon mécontentement de ce qu'il gouverne sans énergie la Navarre, qu'il ne prend aucune mesure tandis qu'il a dans les mains tous les moyens pour rétablir les affaires. Écrivez-lui de faire arrêter les parents des brigands et de les envoyer en France, de lever des contributions, et qu'il est inouï que, dans sa position, il ne sache faire autre chose que de se plaindre.

Il est tout simple que les brigands punissent sévèrement tout

(1) AFiv 890.

(2) Ibid. — Publiée en partie par le baron Du Gassk, Supplément à la Cor» respondance.

manquement qui leur est fait; mais si, de l'autre côté, on ne punit pas, toute la faveur est pour les brigands. S'il brûlait les maisons de ceux qui sont avec les insurgés, il ne les enhardirait pas comme il fait. Mais le pouvoir est mort dans sa main, et il ne montre aucune énergie.

Saint-Clood, 21 avril 1811.

Je VOUS envoie une lettre de M. Tarchitrésorier. Cette affaire est très grave. Il faudrait envoyer un agent supérieur de la police avec une force armée suffisante. Il faudrait faire arrêter les 500 matelots qui formaient un rassemblement, et les envoyer en France.

Quel est le général qui commande ce département? Quel est le commandant de la gendarmerie? Comment n*ont-ils pris aucune mesure pour réprimer cette canaille? Donnez ordre que trois des plus mutins soient exécutés publiquement, et que les 500 autres soient envoyés dans mes ports en France. Je suppose que vous aurez des rapports du commissaire de police qui est là.

SaiDt-Gloud. 22 avril 1811.

Est-il vrai que la banqueroute de Doyen ait eu lieu par la présentation de lettres de change d'une valeur de 250,000 francs, au compte du maréchal Masséna, présentation qui lui a été faite par le Trésor?

(1) AFiv 890.

(2) Ibid.

Saint-Glood. 24afril 1811.

Je VOUS envoie des pièces relatives à la reine d'Étrurie. Vous demanderez les originaux à la police. Il est convenable que vous envoyiez quelqu'un les communiquer au roi Charles à Marseille, et aux princes à Valençay, pour leur faire connaître les folies de leur fille et de leur sœur. Vous enverrez également quelqu'un auprès de cette princesse pour lui demander ce qui a pu la porter à cet excès, et lui déclarer qu'elle est fort la maîtresse de se rendre dans le pays qui lui conviendra, que je pourrais la punir, mais que, après ce trait d'ingratitude, je ne prends plus à elle aucun intérêt. Il sera bon de faire de ces pièces un petit factum pour le montrer à l'ambassadeur d'Autriche et aux ministres de Saxe et de Bavière, et les instruire de ce que j'ai fait dire à la reine qu'elle était maîtresse de s'en aller.

Saint-Gload. 29 tvril 1811.

Il faut ôter le nommé Bordes des tirailleurs. Il n'y a qu'à l'envoyer comme caporal dans un des sixièmes bataillons qu'on forme. Quand il sera parti, on le fera arrêter par un maréchal des logis de gendarmerie, à deux ou trois marches de Fontainebleau, comme si l'on s'était trompé, assez adroitement pour qu'on ne lui donne aucun soupçon. Le maréchal des logis sera un homme intelligent ; il lira tous ses papiers, et, s'il n'y a rien de suspect, il dira qu'il s'est trompé et le relâchera.

(i) AFiv 890.

(2) lùid.

MAJOR GÉNÉRAL DE L* ARMER d'bSPAGNE (1).

Saint-Clood. !•' mai 1811.

Témoignez mon extrême mécontentement au général Belliard de ce que mes ordres ne sont point exécutés, et que, la première fois que cela arrivera, je le ferai arrêter et traduire à une commission militaire ; que c*est la première fois que je vois une désobéissance aussi formelle, lorsque vos ordres sont tellement positifs que vous déclarez que vous n'admettez aucune exception. Il peut remplacer à Ségovie les troupes qu*il retire de cette province, soit par un bataillon de la Confédération, soit par un bataillon espagnol, soit par des détachements du 28* et du 75*; mais le bataillon du 9* léger, les détachements du 64* et du 103* de ligne, et du 10* de hussards, le bataillon du 8* de ligne devraient être en Andalousie depuis longtemps, ainsi que le 26* régiment de chasseurs. Il y a, à Tarmée du centre, indépendamment de la garde royale, un régiment de Nassau, les Westphaliens, une division de la Confédération de 6,000 hommes, une division de dragons français, une brigade française de 4,000 hommes, et près de 5,000 Espagnols. Dites-lui qu'il a là dix fois plus qu'il ne faut ; que je suis donc fort étonné de ce mauvais esprit qu'il a montré ; que j'espère que c'est la dernière fois qu'il donnera lieu à de semblables plaintes.

Faites connaître au roi d'Espagne qu'il est nécessaire de soutenir l'armée de l'Andalousie; qu'avec la division de la Confédération, la brigade française, une partie des Espagnols et la belle division de dragons qui sont à ses ordres, il faut former un beau corps, qui, en cas d'événement, peut être fort utile à l'armée d'Andalousie.

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