REINE D*ESPAGNE
Paris, 4 décembre 1811.
Il me revient que le roi d*Espagne, par une prodigalité que ne comporte pas sa situation, continue des traitements à Paris à des individus qui ne lui servent de rien, et cela parce que je continue à lui payer Tapanage d*un million comme prince français. Tant que ¥ous resterez à Paris, mon intention est que ce million vous soit remis par le ministre des finances ; mais je désire que tous les traitements des personnes qui ne vous servent de rien à Paris soient supprimés. On m'assure qu*il y a 50,000 écus qui sont dépensés ainsi sans raison, et qui seraient bien mieux employés si on les envoyait au roi à Madrid, puisque, à chaque occasion, il demande de Targent.
(1) AFiv 895.
MAJOR GÉNÉRAL DE l'aRIIBB D*BSPAGNE (1).
Paris, 6 décembre 1811.
Suspendez de ses fonctions le colonel Merlhes dn 12* dragons, employé à Tarmée du Midi, dont Tincapacité a occasionné la perte d*un détachement dans les Alpujarras. Prévenez le ministre de la guerre, afin qu'il vienne rendre compte de sa conduite.
Témoignez mon mécontentement au major Pillay, qui n'a pas attaqué en Biscaye la bande de Mina. Qu'il se rende à Bayonne, où il rendra compte de sa conduite. Faites prendre auprès des généraux Thouvenot et Bucquet les renseignements nécessaires.
Donnez Tordre qu'on habille promptement et que l'on fasse venir à Bayonne les soldats italiens, prisonniers de Mina, qui ont été jetés sur la côte de Bilbao et délivrés ; que le général Monthyon en ait le plus grand soin. Donnez l'ordre au général Thouvenot de faire solder les régiments de marche placés en Biscaye, avec les fonds de cette province. Le général Dorsenne paralyse tout, en voulant trop centraliser. Écrivez-lui qu'il faut faire distribuer du vin aux soldats en Biscaye; il n'en manque pas en Espagne. Le soldat souffre et tombe malade par défaut de bonne nourriture. Dites-lui que je vois avec étonnement que les magasins sont dégarnis. Jamais ils ne Font été autant. Cette centralisation qu'il vent établir gène tout en Biscaye et en Navarre. Donnez ordre au général Monthyon d'envoyer des chemises aux régiments de marche d'Aragon, du Portugal et du Nord qui sont en Biscaye ou en Navarre. Il faut que ces envois partent sans délaide Bayonne.
Faites-moi un rapport sur Santona et sur tout ce que j'ai payé jusqu'à ce jour. Faites-moi la proposition d'accorder de fortes sommes pour cet hiver, de manière que cette place se termine. Il fr-jt aussi prendre des mesures pour y faire passer de Bayonne et de Saint-Sébastien, par mer et sous escorte des trincadoures, tous les approvisionnements nécessaires à l'artillerie et aux vivres.
J'accorde au génie 100,000 francs pour les travaux de Burgos, sur les fonds que j'ai à Burgos.
Écrivez au général Dorsenne que je vois avec peine qu'on n'a pas encore marché régulièrement sur Potès et détruit Mendizabal et
(1) AFiv 895. — Mémoires du roi Joseph, t. VIII, p. 120.
Marquesiio. C'était la première opération à faire immédiatement après la reprise des Asturîes.
Le général Bonnet doit employer tout ce qu'il tire des Asturies pour la solde et le bien-être de ses soldats. Beaucoup de contributions ont été levées. Il est nécessaire que désormais la comptabilité soit tenue avec ordre.
Écrivez au Roi qu'il peut prendre dans sa garde les hussards hollandais, qui sont libres d'entrer à son service.
MAJOR GJNÉBAL DE l' ARMÉE d'eSPAGNB (1).
Pârii, 9 décmbra 1811.
J'ai trois divisions à donner au corps d'observation de l'Èbre, la 6*, la 8* et la 9*. La 6* et la 9* doivent être composées de troupes qui parlent allemand. La 8* sera composée de troupes françaises. Faites-moi connaître à qui je pourrais donner ces différents commandements. La 9* division sera composée de 8 bataillons suisses et du régiment d'IUyrie; cette division serait bien, je pense, sous les ordres du général Legrand ; ce général parle-t-il allemand ? La 6* division serait bien, je pense, dans les mains du général Daendels ; la 8* serait bien dans les mains du général Verdier. Les généraux duc de Padoue, Sébastiani, Belliard sont sans commandement; demandez-leur ce qu'ils désirent; veulent-ils servir dans l'infanterie ou dans la cavalerie? Il faudrait aussi me chercher quelques généraux de brigade, de ceux qui sont actuellement à Paris et qui désirent de l'emploi.
Il y aie général Compère, qui est au service de Naples; c'est un très bon général ; on pourrait l'employer à l'armée. Il n'a rien à faire au service de Naples.