A M. GAUDIN, DUC DE GAETE
MINISTRE DBS FINANCES (1).
Ptrit. 27 d^embre 1811.
Je VOUS renvoie le projet pour le supplément aux curés et aux évéques de Rome et du Trasiroène. Il est impossible que je prive le Trésor de 500,000 francs de rente pour payer le clergé, dans un pays où il y a tant de biens qui ont actuellement si peu de valeur; ce serait une opération insensée. Il est plus convenable d'affecter aux curés et aux évéques une plus grande quantité de biens qu'ils feront valoir et où ils trouveront plus de profit. Lorsque le temps sera arrivé où les biens auront plus de valeur, rien ne m'empêchera de les réunir au domaine de FÉtat et d'assigner le payement du clergé de ce pays sur le Trésor.
MINISTRE DBS RELATIONS EXTÉRIEC^IBS (2).
Parii, 17 janvier 1812.
Je VOUS renvoie vos dépêches relatives à tout cet embrouillamini de Naples. Je n'ai rien à répondre au prince Kourakine. Je veux affecter de ne pas envoyer de courrier à Pétersbourg. Il faut mettre simplement à la poste la dépêche du marquis del Gallo au chargé d'affaires de Naples, afin que la cour lise le paquet. N'en écrivez rien au comte Lauriston ; n'en parlez pas au prince Kourakine ; laissez aller les choses comme elles veulent. Le chargé d'affaires de Naples recevra la lettre; il la montrera au comte Lauriston; il fera ce qu'il voudra ; peu m'importe. Le silence le plus absolu me parait être ce qu'il y a de plus convenable.
Faites un petit récit de cet événement, que vous enverrez à mes ministres, pour qu'il serve à leur conversation. Vous vous contenterez de leur écrire en ces termes : « Je vous envoie un paragraphe d'une lettre du baron Durand. Gardez cela pour vous ; je ne vous l'envoie que pour que, si l'on vous en parle, vous sachiez ce qui
(1) AFiv 895.
(2) Dépôt des afTaires étrangères, vol. France 1790. <— L. Di BsoTomn, dans la Nouvelle Rame, t. XXXVI (1894).
s'est passé. » Suivra le détail fort simple de Tinsulte du prince Dolgorouki, faite à Thuissier dans la salle du Trône, et de la déclaration du roi qui interdit sa présence au prince Dolgorouki.
Vous répondrez à mon ministre à Naples qu'il a bien fait de ne pas céder le pas, et qu'il ne doit le céder à personne à Naples.
Ecrivez an marquis del Gallo que j'approuve le parti qu'a pris le roi d'interdire sa présence au prince Dolgorouki et de demander le rappel de ce ministre ; que c'est, en effet, la seule réponse à faire à la conduite ridicule et injurieuse qu'il a tenue en maltraitant l'huissier, en passant devant le maître des cérémonies avant que celui-ci eût pris les ordres du roi, etc. Cette lettre doit être fort calme, fort indifférente, et d'un langage très bref.
Le langage à tenir à Paris est que Dolgorouki, étant militaire, a voulu chercher querelle à Durand, qui est un homme déplume; que, si cela continuait, il faudrait envoyer pour ministres des spadassins»
Tai destitué le sieur Tassonî, mon chargé d'affaires d'Italie à Naples. Je l'appelle à Paris pour rendre compte de sa conduite. Demandez des informations sur ce chargé d'affaires ; il s'est assez mal conduit pour que je le destitue. Ce n'était pas à lui à rester neutre dans une affaire où il s'agissait de la dignité de ma couronne. Si, indépendamment de cela il se trouvait avoir eu quelque intelligence avec Maghella ou tout autre individu..., mon intention est d'en faire un sévère exemple,
Pour ces affaires de Naples, je suppose qu'il est bien reconnu que Dolgorouki ne sera plus reçu à la cour, et qu'il ne sera plus reconnu comme ministre ; que vous aurez prévenu de mes intentions le baron Durand, et que, s'il en était autrement, il devrait quitter Naples. La prééminence est due à mes ministres à Naples, comme dans tous les États de la Confédération, à titre de suzeraineté.
(1) Dépôt des afraires étrangères, vol. France 1790.
P«rit, !•' fëvrier 1813.
Écrivez au baron Reinharf que je n'approuve pas la conduite qu'il a tenue; que, si le roi (2) veut descendre du trône, il en est fort le maître ; que je ne suis pas embarrassé de gouverner des États ; que c'est dans ce sens qu'il doit s'expliquer, et que les menaces ridicules ne sont d'aucun effet; que je désapprouve également l'insinuation qu'il a faite relativement aux 400,000 francs à employer pour nourrir les troupes françaises ; qu'il est de principe que, partout où sont mes troupes, il faut qu'on les nourrisse; qu'en Bavière elles ont été nourries un an, sans qu'il m'en ait rien coûté ; qu'enûn, la Grande Armée vient d'être créée à dater du 1*' février, et qu'il faut que désormais mes troupes trouvent partout ce qui leur est nécessaire ; faute de quoi, elles le prendront ; que, au lieu d'atotr des régiments d'un si mauvais esprit et tant de dépenses inutiles, on aurait bien mieux fait d'agir différemment. Vous entrerez dans de grands détails pour bien faire comprendre, tant au baron Reinhart qu'au ministre de Westphalie, que, à dater du l**" février, sous le point de vue de l'administration, tout est changé, puisque la Grande Armée est créée, et que, les troupes étant sur le pied de guerre, tout sera mené militairement.