INTENDANT GÉNÉRAL DU DOMAINS EXTRAORDINAIRE
Paris. 27 février 1813.
Faites payer 300,000 francs au prince de la Moskowa à compte sur sa dotation. Vous imputerez cette somme sur ce que vous avez en caisse q)partenant aux dotations. Faites exécuter le payement dans la journée, ou dans la journée de demain.
Paris, 12 mars 1813.
Vous trouverez ci-joint sous cachet volant la lettre que j'écris au
(1) APiv 897.
(2) Ibid.
(3) DépM des affaires éf ranger es, vol. France 1790.
S16 Ll<nTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I-. — 1813.
roi de Westphalie (1). Je ne la fais pas cacheter pour que vous puissiez la lire et en tirer tous les principaux arguments dont mon ministre à Cassel devra se servir. Qu'on me cite un seul exemple, depuis que le monde est monde, d'une armée qui ait pu être approvisionnée autrement que par des magasins réunis de longue main, ou par des réquisitions sur le pays, à défaut de magasins. En cas d*argence, ces magasins sont toujours formés par réquisition; car alors les prix seraient portés par la concurrence à une élévation qui gérait hors de toute proportion avec la valeur des denrées. En 1809, je n'en ai pas agi autrement pour Tapprovisionnement des places d'Italie. En France même, lorsque l'armée s'est portée du camp de Bonlogne sur l'Alsace, je n'en ai pas agi autrement. Les Bavarois, le grand-duc de Francfort, le duc de Wûrtzbourg n'en agissent pas autrement. 11 n'y a que le gouvernement de Westphalie qui se fasse des idées folles à cet égard, par ignorance des choses. Lorsque les Russes étaient en Autriche comme alliés, lorsqu'ils étaient en Prusse comme alliés, ils n'en agissaient pas autrement; ils donnaient des bons. Lorsque le roi de Westphalie fait manquer toutes les mesures que l'on prend pour défendre son royaume, croit-il rendre un service à son pays, en l'exposant ainsi à être évacué par nous et à devenir la proie de l'ennemi? Mandez donc à mon ministre qu'il insiste pour qne ce ^^stèrae de réquisition soit promptement mis en vigueur. Il fant cependant qu'on ne fasse de réquisition que ce qui est nécessaire pour avoir deux mois de vivres à l'avance, et qu'on y fasse Gontribnar tons les petits princes qui environnent la Westphalie. Fournissez ainsi des argumenta i mon ministre à Cassel. Parlezen aussi i M. de Wintzingerode; faites-lui comprendre qu'il n'est pas question de discourir, mais de fournir aux troupes ce qui leur est nécessaire; sans qnoi elles le prendront, pilleront et dévasteront le pays ; que j'aurais ordonné le payement de l'arriéré que réclame le roi, s'il y avait quelque chose de positif dans cette réclamation ; mais enOn que ces histoires d'intérêt peuvent toujours s'arranger, tandis que ce qui ne peut se retrouver, c'est un temps aussi précieux perdu en discussions ridicules. Le roi de Westphalie est le seul prince de la Confédération qui fasse de ces difOcuItés. On n'en éprouve ni en Saxe, ni en Bavière, ni dans aucun pays. La Saxe voudrait bien que toute l'armée française fût de son côté pour couvrir Dresde ; elle souscrirait volontiers à nourrir l'armée et même à en payer la moitié de la solde pour avoir cette protection et ne pas risquer,
(I) PuLIiÔG dans la Correspondance, sous le n* 19700.
comme aujourd'hui, d*étre livrée aux réquisitions et aux contributions des Russes.
Faites de tout cela une dépêche très détaillée ; ajoutez-y tous les arguments que vous fournira votre propre expérience, et faites-en le sujet d'une conversation avec M. de VVintzingerode. Qu'ils comprennent qu'il faut laisser là tons ces chiffons et que, lorsque le feu est à la maison, il faut d'abord l'éteindre.