‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 176 sur 263 · AU COMTE BIGOT DE PREAMENEU · texte numérisé non relu

AU COMTE BIGOT DE PREAMENEU

MINISTRE DBS CULTES (2).

Paris. SÔBanlSlS.

Le ministre des cultes gardera le plus grand secret sur la lettré du Pape en date du 24 mars, que je veux, selon les circonstances, pouvoir dire avoir ou n'avoir pas reçue.

Il écrira aux évéques que, vu la semaine sainte et les devoirs qu'ils ont à remplir alors dans leurs diocèses, il est convenable qu'ils s'y rendent, hormis les évéques de Nantes et de Trêves, qui, comme conseillers d'Etat, se rendront à Paris pour le conseil.

C'est dans ce moment où des hommes turbulents et malveillants se sont mis en action pour troubler la conscience du Pape, que les évéques doivent mettre le plus grand zèle pour lui démontrer qu'il n'a fait que reconnaître les vrais principes, qui sont aussi les leurs. Sa Majesté n'attend pas un grand effet de cette démarche ; mais elle peut être, selon les circonstances, utile à produire.

Le concordat de Fontainebleau est désormais une loi de l'État. Sa Majesté la regarde comme un traité plus sacré que tous les autres, ayant été fait par le Pape et par lui directement, ayant été signé par eux devant quatre cardinaux, un évéque italien et quatre évéques français.

Voici dans quel sens pourrait être l'adresse :

a Les soussignés, évéques de l'empire et du royaume d'Italie, s'étant rendus aux ordres de Sa Majesté, pour faire à Sa Sainteté

(l)AFiv898.

(2) Comte d'Uaussonvillr. L'Église romaine et le premier empire, t. V, p. 531

nos félicitations sur un concordat qui doit opérer le rétablissement de la paix de TEglise, voient avec peine que Sa Sainteté n'ait point «K«w fût d*acte8 en exécution de ce traité, ce qui donne lieu à des inquiétudes et ce qui laisse dans Tétat de viduité un grand nombre d'églises. Us se â eHe n t que Sa Sainteté viendra à leur secours ; que le concordat de FnnfiiniiMcin est une inspiration de TEsprit-Saint au chef de TÉglise, pour faire eciaer les maux dont elle est afQigée ; que c'est avec peine qu'ik voient qtm Ton aurait depuis cherché à lui donner quelque inquiétude à ce sujet ; ^fi'en qualité d'évéques et de théologiens ils y donnent leur assentiment^ et qu'ils supplient Sa Sainteté de s'entendre avec le chef de l'État pour diAner l'investiture canonique, etc. »

En conséquence, le ministre des cultes donnera l'ordre à tons he archevêques et évéques qui se trouvent à Paris de se rendre demain à Fontainebleau, et, après la démarche vers le Pape, ils partiront. Quant aux cardinaux français, écrire qu'ils feront leur supplique séparément.

Écrire au cardinal Fesch qu'il restera à Paris ou dans son diocèse, selon qu'il le jugera plus utile à la religion. Écrire à l'évéque de Nantes qu'il fera des décrets qui lui sont envoyés les communications qu'il jugera convenables.

MINISTRE DBS CULTES (1).

Paris. 25 mêtê 1818.

Je pense que, pour aujourd'hui, il faut se contenter d*envoyer en Corse, à Bologne, à Plaisance et dans tous les autres lieux où il y a des prêtres détenus le décret qui leur accorde un mois, afin que la signification leur en soit faite.

Vous ferez connaître aux évéques que, plusieurs d'entre eux ayant représenté que leur présence était nécessaire dans leurs diocèses i cause des solennités de Pâques, Sa Majesté avait senti la force de ces motifs, et les autorisait à y retourner, pour y être avant la semaine sainte.

Vous en excepterez les conseillers d'État évéque de Nantes et évêque de Trêves, leur présence étant nécessaire au conseil.

Ces mesures me paraissent suffisantes pour aujourd'hui.

(!) AFiv 808.

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