MINISTRE PLÉNIPOTKNTIAIRE PRÉS LE ROI DE SAXE (I
Uayence, 20 «trU 1813.
Je ne puis qae vous témoigner mon eitrême mécontentement de ce que vous avez renvoyé mon ofGcier d'ordonnance Lauriston sana réponse. Vous savez que le roi de Saxe a 1,800 hommes de cavalerie, dont j*ai tant besoin, et vous ne dites rien ! Votre inertie est inconcevable. Demandez catégoriquement si on veut faire partir cette cavalerie, et, dans ce cas, qu'on la dirige soit sur Wûrlzbourg, soit sur le général Bertrand, qui est à Cobourg. Vous devez faire connaître que je considérerais un refus comme un commencement de changement de système. Je n'avais pas à m'attendre à cela du roi après ce que j'ai fait pour cette cour. Quant à vous, il est inconcevable que vous ayez poussé l'oubli des convenances au point de laisser partir le baron Lauriston sans réponse. Ne gardez ce courrier que douze heures, et envoyez-moi par son retour un état de situation de cette cavalerie. Le général Bertrand n'est qu'à Cobourg ; cette cavalerie lui sera très utile.
Je vous envoie la lettre que j'écris au roi (2). Si, dans l'intervalle qui s*est écoulé, le roi avait fait droit à ma demande et fait partir sa cavalerie, vous ne lui remettriez pas ma lettre. Si, au contraire^ il n'avait encore rien fait, vous cachetteriez cette lettre et la lui remettriez, ignorant ce qu'elle contient.
Je suppose aussi que le roi aura donné des ordres au général Thîelman à Torgau, pour que, aussitôt que les communications seront rétablies, le général Reynier puisse reprendre le commandement des troupes, et que je puisse en disposer, ainsi que de la garnison, selon que je le jugerai nécessaire.
Vous avez dû savoir le 17 mon départ de Paris; je suis surpris que vous ne m'ayez pas sur-le-champ expédié un courrier sur Mayence, pour m'instruire de tout ce qu'il y a de nouveau. Si ce courrier était parti le 18, je devrais le recevoir dans la journée.
Écrivez à M. de Mercy que le prince de la Moskowa est arrivé à Weimar, que mon quartier général se porte sur Erfurt, et que tout est en mouvement; que je désire qu'il fasse des instances pour
(1) AFiv 899.
(S) Correspondance, n» 19886.
qne le général de IVrède prenne le commandement des troupes bavaroises, s'il est en état, et que les instructions à donner aux commandants soient telles, qu'on obéisse à mes ordres sans restriction.
Je désire que vous m'expédiiez un courrier tous les jours, pour m'instruire de tout ce qui arrivera à votre connaissance, soit par la Bohême, soit par les Saxons, soit par les Bavarois. Vos courriers passeront par Wûrtzbourg et s'informeront auprès de mon ministre où je suis.
P. 'S. — En y pensant mieux , je préfère expédier mon aide de camp Flahaut, qui sera porteur de ma lettre au roi et de la présente lettre pour vous.