‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 185 sur 263 · AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON · texte numérisé non relu

AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON

VIGE-ROI d'iTALIE, GOMMANOâNT l'aRMÉE DE l'eLBE (3).

Goldits, 6 mai 1813.

La journée d'hier aurait été belle, si vous m'aviez envoyé

(1) AFiv 899. — L. dbBrotonnb, dans la Nouvelle Revue, t. LXXXVl (1894).

(î) AFiv 899.

(3) Jbid. — Mémoires du prince Eugène, t. IX, p. 94.

3,000 prisonniers. Comment, dans des gorges et dans un pays où la cavalerie est inatile, vous ne m*envoyez personne!

Le duc de Ragnse, à quatre heures du matin, se met en marche pour se porter sur Waldheim. Ayez donc soin de partir au plus tard vers cinq heures du matin, et faites ployer votre queue de manière à n*occuper que six lieues de terrain. Placez tous vos bagages à la queue de votre 3* division, afin de marcher militairement et de pouvoir donner avec vos trois divisions en même temps. Mettez un peu d^ordre dans votre corps qui en a grand besoin : les Italiens surtout commettent des horreurs, pillent et volent partout. Faites-en fusiller un ou deux. L*ennemi ne peut pas vous arrêter à Waldheim, puisque le ruisseau est guéable partout. Le général Bertrand, qui est à Rochlitz, aura dépassé aujourd'hui Waldheim. Arrivez aujourd'hui à Nossen.

lUP^BATRICE-RBINB BT AÉiiBNTB (1).

Colditi. 6 mtà 1812.

Écrivez la lettre ci-jointe au ministre des cultes :

Au ministre des cultes»

Je vous envoie une circulaire que je désire que vous adressiez aux évéques. Veuillez bien la leur faire parvenir sans délai.

Circulaire aux évéques de France.

La victoire remportée par TEmpereur et roi, notre très cher époux et souverain, aux champs de Lûtzen, ne doit être considérée que comme une marque spéciale de la protection divine. Nous désirons que, au reçu de la présente, vous vous concertiez avec qui de droit pour faire chanter un Te Deum et adresser des actions de grâces au Dieu des armées, et que vous y ajoutiez les prières que vous croirez le plus convenables pour attirer la protection divine sur nos armes, surtout pour la conservation de la personne sacrée de PEmpereur, que Dieu préserve de tout danger! Sa conservation est

(1) AFiv 839.

LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON !•. — 1813. Î3r

aussi nécessaire au bonheur de TEurope, h celui de TEmpire, qu*à celui de la religion, qn*il a relevée et qu*il est appelé à raffermir. Il en est le plus sincère et le plus vrai protecteur*

MAJOR GÉviRAL DB LA GRANDE ARIf^E (1).

WAldheim, 1 m»! 1818.

Expédiez un oflicicr à Brème, pour faire connaître au prince d*Eckmûbl les événements qui viennent d'avoir lieu, et que probablement nous serons demain à Dresde ; que le prince de la Moskowa va passer TEIbe et marcher sur Berlin. 11 est indispensable que le prince d'Eckmûhl se porte à Hambourg, s'empare de cette ville et dirige sur-le-champ le général Vandamme dans le Mecklembourg. Voici la conduite qu'il a à tenir.

11 fera arrêter sur-le-champ tous les sujets de Hambourg qui ont pris du service sous le titre de sénateurs de Hambourg. Il fera traduire à une commission militaire et fusiller les cinq plus coupables, et il enverra les autres sous bonne escorte en France, pour être détenus dans une prison d'État. Il fera mettre le séquestre sur leurs biens et les déclarera confisqués ; le domaine prendra possession des maisons, fonds de terre, etc.

Il fera désarmer toute la ville, fusiller les officiers de la légion hanséatique, et enverra tous ceux qui auront pris emploi dans cette troupe, en France, pour être mis aux galères.

Sans rien dire, aussitôt que les troupes seront arrivées à Schverin, il tâchera de se saisir du prince et de sa famille, et les enverra en France dans une prison d'État, ces ducs ayant trahi la Confédération. II en sera de même de leurs ministres.

n ne commettra aucune hostilité contre les Suédois, s'ils restent dans la Poméranie et déclarent qu'ils veulent demeurer tranquilles.

Il fera une liste de proscription de 500 individus de la 32' division militaire, les plus riches et qui se sont le plus mal conduits ; il les fera arrêter, et fera mettre le séquestre sur leurs biens, dont le domaine prendra possession. Cette mesure est surtout nécessaire dans l'Oldenbourg.

Il mettra une contribution de 50 millions sur les villes de Ham-

bourg et de Lûbeck ; il prendra des mesures pour la répartition de cette contribution, pour qu'elle soit promptement payée.

Il fera partout désarmer le pays, arrêter les gendarmes, canonniers, gardes-côtes et officiers, soldats ou employés qui, étant au service, auraient trahi. Leurs propriétés seront confisquées. Qu*ii n'oublie pas surtout les maisons de Hambourg qui se sont mal comportées et dont les intentions sont mauvaises. Il faut déplacer les propriétés, sans quoi on ne sera jamais sûr du pays.

Il fera armer la place de Hambourg, faire des ponts-levis aux portes, mettre des canons sur les remparts, relever les parapets et établir une citadelle du côté de Harbourg, de manière que 4 à 5,000 hommes y soient à Tabri de la population et de toute incursion. II frra également armer Lûnebourg, pour qu'il soità Tabri d'un coup de main. 11 réorganisera Cuxhaven.

Toutes ces mesures sont de rigueur ; il n'est permis au gouvernement d'en modifier aucune. II doit déclarer que c'est par ordre exprès de moi, et agira en temps et lieu avec la prudence nécessaire. Tous les hommes connus pour chefs de révolte seront fusillés ou envoyés aux galères.

Quant au Mecklembourg, l'instruction générale est que ces princes sont hors de la protection de l'Empereur ; mais il n'en faut rien laisser apercevoir, et probablement j'aurai le temps de donner des ordres. Comme le prince d'Eckmûhl peut ignorer ces dispositions, il peut promettre d'abord tout ce qu'on voudra, en y mettant pour restriction : sauf l'approbation de l'Empereur. L'approbation étant parvenue, tout se trouvera en règle.

Vous aurez soin de chiffrer cette lettre.

Hambourg étant en état de siège, le prince d'Eckmûhl nommera un commandant ferme pour en faire la police. Il enverra le général Vandamme en avant, avec son quartier général ; mais il ménagera ce général : les hommes de guerre deviennent rares.

Écrivez au général Vandamme que je suis content de sa conduite à Brème, et que je lui destine un bon commandement; que, en attendant, il seconde le prince d'Eckmûhl de tous ses moyens ; que je lui saurai gré et lui tiendrai compte de ce qu'il fera.

Page 1