‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 188 sur 263 · MINISTRE DES MANUFACTURES ET DU COMMERCE · texte numérisé non relu

MINISTRE DES MANUFACTURES ET DU COMMERCE

Dresde, 16 juin 1813.

J'ai ordonné que toutes les denrées coloniales qui se trouveraient dans le duché de Bcrg fussent transportées en France, ainsi que celles de la 32* division militaire. Au fur et a mesure de leur arrivée, faites-les mettre en vente, et tirez-en le meilleur parti possible pour les Guanccs.

Dresde, ITjain 1813.

Passez une note à M. de Kaas pour lui faire connaître que je fais dresser une liste d'absents (ce qui équivaut à émigrés), sur laquelle

(1) AFiv 900.

(2) Ibid.

(3) Jbîd,

seront inscrits tous les individus qui ont quitté la 32* division militaire; que beaucoup se sont réfugiés dans les États du roi de Danemark, et que je désire que le roi éloigne du Holstein tous ces individus. Je ne prétends pas qu'ils ne soient pas reçus en Norvège ou en Seeland ; mais je désire qu'ils ne restent point dans le voisinage de Hambourg. Tous ceux qui ne sont pas malveillants et qui n'ont pas figuré dans les émeutes peuvent rentrer à Hambourg. Les autres qui auront pris part active aux troubles doivent an moins s'éloigner de cette ville. Envoyez un courrier au baron Alquier pour lui faire connaître mes intentions.

Dreide, 17 jnin 1818.

Voyant votre embarras, j*ai pris un décret pour réglci* ce qui est relatif à la liste des absents. Faites-la former par des commissions composées d'un officier de gendarmerie, d'un commissaire de police, du directeur des contributions et du directeur des domaines. Ayez soin de porter sur cette liste surtout les officiers qui ont pris service d'après la proclamation de Walmodcn. N'oubliez pas aussi les sénateurs de Lûbeck et les sénateurs de la maison d'Oldenbourg.

Dresde» 17 juin 1818.

Les décrets que j'ai pris faciliteront la rentrée des contributions de Hambourg. Je vous ai envoyé la liste des denrées et marchandises qui doivent composer les 10 millions de contributions en nature. Faites saisir : 1* les magasins de marchandises anglaises; 2* les magasins de denrées coloniales; 3** les magasins de blé, vin, cau-devie et rhum; 4* les magasins de viande salée; 5* les magasins de

(i) AFiv 900.

(2) Ibid,

t4Ô LETTRES INEDITES DE NAPOLEON I". — 1813.

cuir; 6* les magasins de draps; 7* les magasins de toile; 8* et surtout les magasins de riz. J'ai demandé 10,000 quintaux de riz; mais si vous pouviez en trouver 20,000 ou 30,000, ce serait un grand bienfait pour Tarroée. Vous pouvez mettre encore le séquestre sur les magasins de coton, de toile à voiles, de mâture et de bois de construction, et enGn, si les contributions éprouvaient des délais, vous pourriez mettre le séquestre sur les magasins de quincaillerie, sur ceux de soieries, sur ceux de draps fins, sur les médicaments, etc., et certes Hambourg doit avoir pour 200 millions de marchandises.

La liste des absents équivaudra à tontes les mesures que je vous ai prescrites. Appliquez les mêmes mesures à Lûbeck. Comme j*ai besoin de riz, si vous n'en trouviez pas 20,000 quintaux, vous feriez mettre le séquestre sur tout ce qui est en magasin à Brème.

Je suppose que vous avez fait la liste des 500 individus quMl faut déposséder, et que vous avez mis le séquestre sur leurs biens : le domaine en prendra possession. Écrivez à M. Alquier, pour qu'il demande Téloignement du Holstein de tous les individus qui seront sur la liste des absents.

Il est un autre objet que vous ne devez pas perdre de vue : vous devez faire des visites domiciliaires pour vous emparer de toutes les armes, de tous les fusils et même de tous les canons qu'auraient les armuriers.

COMMANDANT LE l*' CORPS DE LA GRANDE ARMÉE (1).

Dreide, 17 juin 1813.

Je suis surpris que vous n*ayez encore ramassé que 4,000 fusils Faites faire une exécution militaire et, pour l'exemple, faites condamner à mort le premier qui sera convaincu d'avoir soustrait son fusil.

Sur ces 4,000 fusils que vous avez, faites-en partir 2,000 pour Dresde, où nous en avons le plus grand besoin.

(1) AFiv 900,

LETTRES kNÉDITES DE NAPOLÉON I«. — 1813. Wl

Dresde» 17 juin 1818.

Les Prussiens avaient Thabitude d^avoir un dépôt de bois de constraction à Hambourg. Faites-le saisir. Si vous trouvez des courbes, des mâts, des màtereaux et des bois de construction utiles au service de la marine, faites-les saisir. Faites diriger sur Amsterdam les mâts, les braies, les chanvres qui ont été saisis. Faites diriger toutes les marchandises anglaises et coloniales sur Amsterdam, Anvers et Cologne.

Dresde, 18 jnin 1813.

J'ai reçu votre lettre. Mon intention est de traiter Hambourg très sévèrement. Les différents décrets que vous avez reçus vous le prouveront. Je veux que tout ce qui est propriétaire et a été coupable soit chassé, afin de déplacer les propriétés dans cette division militaire. Le prince d*Eckmûhl ne fait donc que ce que je lui ai ordonné. Au lien de le contrarier, secondez-le de tous vos moyens. Lecaquetage des banquiers de Paris m^importe peu. Je fais fortifier Hambourg; j*f fais établir un arsenal de construction; ce sera dans peu de mois une de mes plus fortes places. Je destine un corps de 15,000 hommes à y être habituellement.

Quant au sieur d* A^^^, je ne le connais pas ; mais je suis porté à croire que sa probité n'est pas scrupuleuse, attendu qu'il envoie des 60,000 francs à sa femme, à Paris, pour acheter des terres en Normandie. Quant à son influence sur les mesures militaires, c'est la fiante des généraux, qui ne devraient pas écouter les raisonnements d'un homme qui n'entend rien à la guerre, et encore moins le consulter.

En général, la police rend de mauvais services; elle accueille tous les faux bruits de Londres et en fatigue l'oreille des généraux. Le commissaire d'Anvers ne fait pas autre chose. Tous ces rapports

(i) APiv 900.

(2) AFiv* 56.

de police, lorsque c'est à moi qu*on les adresse, ne signifient rien et n'ont heareusement aucun inconvénient ; mais, pour des généraux qui n*ont pas Thabitude du commandement et qui n^ont pas d'idées fixes, ce sont des pièces officielles ; ils se le tiennent pour dit, et agissent en conséquence pour mettre leur responsabilité à couvert. Défendez aux commissaires de Hambourg et d'Anvers, ainsi qu'à celui d'Amsterdam, de donner de ces sortes d'avis aux militaires. Us sont dupes des Anglais, qui font répandre à dessein le bruit de mesures qu'ils n'ont pas l'intention de mettre à exécution.

1020. — AU PRINCE CAMBACËRÈS,

ARCHICHANGBLIBR DE l'bMPIRB (1).

Drefde. 18 juin 1813.

Le ministre de la police, dans ses notes de police (dont je suis en général très satisfait par beaucoup de détails qu'elles contiennent, et les preuves fréquentes de son zèle que j'y trouve), parait chercher à me rendre pacifique. Cela ne peut avoir aucun résultat, et me blesse, parce que cela supposerait que je ne suis pas pacifique. Je veux la paix, mais non une paix qui me remette les armes à la main trois mois après et qui soit déshonorante. Je sais mieux que lui la situation de mes finances et de l'Empire; il n*a donc rien à me dire là-dessus. Faites-lui comprendre ce que cette manière a d'inconvenant. Je ne suis pas un rodomont ; je ne fais pas de la guerre un métier, et personne n*est plus pacifique que moi ; mais la solennité de la paix, le désir qu'elle soit durable et l'ensemble des circontances où se trouve mon empire, décideront seuls dans mes délibérations sur cette matière.

AnCHICHANCELIER DR l'eMPIRB (2).

Dresde, ISjnio 1813.

Je reçois votre lettre du 13 juin. J'ai vu avec peine la mort dn sénateur Jacqueminot.

(1) AFiv 900.

(2) Ibid. — L. DR Brotonnb, dans la Nouvelle Reinte, t. LXXXVI (1884).

LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I«. — iSiS. 249

Je sois très satisfait de tout ce que vous faites, et vous avez trop d*expérieoce pour rien faire qui puisse avoir grand inconvénient. Mais les hommes ne peuvent pas voir constamment de même sur les détails. Je continuerai toujours à vous faire connaître ma façon de voir, et, si quelquefois nous différons, vous ne devez pas vous en affecter.

C'aurait été une grande sottise de contremander le Te Deum^ tandis qu'il ne pouvait y avoir aucun inconvénient à le maintenir tel qu'il était annoncé. Je ne vous aurais donc jamais blâmé d'avoir proposé à l'impératrice d'assister au Te Deum, seulement ce n'était pas dans ma manière; mais je vous aurais vivement blâmé de l'avoir contremandé. Désormais, je désire qu'il n'y ait pas de délai entre l'arrivée de la nouvelle et le Te Deum, parce que, à la guerre, les événements peuvent changer, et que, par conséquent, tout délai peut avoir de l'inconvénient.

On m'a rendu compte de la sottise qui a été faite, le jour qui a suivi l'arrivée du jeune Montesquieu à Paris. La première faute en est à Mme de Montesquieu, qui ne devait pas réveiller l'impératrice et troubler sa nuit : ce qui a donné lieu à la migraine. La seconde faute est au général Caffarelli et au chambellan. Pour éviter que pareille chose se renouvelle, j'ai prescrit au duc de Vicence, faisant fonction de grand maréchal, les dispositions suivantes :

A l'avenir, aucune cérémonie et aucun cercle ne sera contremandé. S'il y a messe, on la dira comme à l'ordinaire; mais seulement, au moment de la dire, on annoncera que Sa Majesté ne sort pas de ses appartements. S'il y a comédie et que ce soit au théâtre de Paris, de Saint-Cloud, de Fontainebleau ou tout autre, au moment de lever la toile, on dira que Sa Majesté ne sort pas de son appartement, et le spectacle aura lieu comme à l'ordinaire. Si c'est au théâtre des petits appartements, on laissera également venir tout le monde dans le salon de service; il n'y aura pas de contre-ordre donné, mais les ofBciers diront que Leurs Majestés ne sortent pas de leur appartement, et l'on restera dans le salon tant qu'on voudra. Par ce moyen, personne n'aura été dans le cas de contremander sa voiture ; cela n'aura pas été remarqué au dehors, et les individus, avant de s'en aller, s'informeront de tout et retourneront chez eux avec des connaissances exactes des choses.

Ce qui a été fait depuis mon départ, et même quelquefois de mon temps, est une véritable inconséquence; car, si Leurs Majestés sont incommodées, les voitures ne doivent jfas s'arrêter à mi-chemin; mais, au contraire, les personnes invitées doivent pouvoir venir

slnformer au salon des nouvelles de la santé de Leurs Majestés.

Je crois que vous comprendrez facilement ces observations; faites-les comprendre à Caffarelli et à la duchesse.

Enfin le roi de Rome était là. S'il n'y avait eu contre-ordre, le jour dont il s'agit, il aurait reçu gaiement tout le monde, et c'aurait été une nouvelle preuve qu'il n'y avait pas de mauvaise nouvelle.

HAiOR GÉNÉRAL DB LA GRANDE ARMÉE (I).

Dresde. 18 jaio 1813.

Voici un article fort extraordinaire du Journal de Leipsiek. Envoyez-le au commandant, pour qu'il en ait l'explication. Qu'il fasse sur-le-champ arrêter le gazetier, qu'il le traduise devant une commission militaire, et le fasse fusiller, s'il y a la moindre malveillance.

Dresde, 19 juin 1813.

Vous trouverez ci-joint un ordre que vous enverrez au duc de Padoue. Prescrivez-lui de s'emparer de la police dans la ville de Leipsick; qu'elle soit toute militaire; de faire une proclamation, d'arrêter les moteurs et fauteurs de rassemblements dans les 24 heure;.

Vous écrirez au ministre de la guerre du roi de Saxe et au ministre de l'intérieur pour leur faire connaître mon mécontentement de la ville de Leipsick.

Ordonnez au duc de Padoue de prendre les mesures pour que le commandant d'armes ait tout pouvoir, et de faire des exemples sévères. La mise en état de siège aura fait passer l'autorité des magistrats entre les mains du commandant d'armes. Donnez l'ordre au duc de Padoue de faire mettre le séquestre sur les magasins de

(1) AFiv 900.

(2) Ibid, — A. Du Cassb, Le général Arrighi de Casanova, duc de Padoue, t. II, p. 373.

LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON l". » 1813. 251

vins, eaux-de-vie, riz, grains et sur les marchandises anglaises. Qu^il fasse connaître que je suis mécontent de la ville, et que je ne voudrais pas qn^elle me forçât à donner l'exemple de la plus grande sévérité ; qu'à la moindre révolte je la ferais brûler.

Donnez ordre au duc de Padoue pour quMI fasse arrêter sur-Icchamp 500 des chefs d'émeute et mauvais sujets qui se sont déclarés partisans des Russes, et de les envoyer en France, par convois de cent, sous bonne escorte. On les tiendra dans des maisons de force jusqu'à ce qu'il m'en ait été rendu compte.

Dresde, 22JDra 1813.

Écrivez au duc de Padoue qu'il faut absolument désarmer Leipsick et faire condamner à mort tous ceux qui n'auraient pas rapporté leurs armes sous cinq jours, ou chez lesquels on trouverait des armes cachées. 11 organisera ensuite une garde bourgeoise de 2,000 hommes, mais à laquelle il ne laissera que 300 fusils pour faire le service. Cette garde sera composée des bourgeois les plus riches et les plus intéressés à maintenir l'ordre. Il prendra toutes les mesures propres à contenir la canaille ; il fera arrêter les hommes signalés comme les principaux partisans des Russes, et les enverra en France. Par ce moyen, on changera entièrement l'esprit des habitants. Dites-lui de me faire connaître la quantité de riz trouvée à Leipsick, et d'en diriger sur-le-champ un millier de quintaux sur Dresde.

Dresde, 24 juin 1813.

J*al destitué l'adjudant général Carrion-Nisas, qui n'a aucunes qualités militaires et qui s'est lâchement conduit à Géra. Moninten-

(i) AFiv 900. — A. Du Casse, I^ général Arrighi de Casanova, duc de Padoue, t. II, p. 377.

(t) AFivOOO.

S5t LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I«. — 1813.

tion est qu^il se tienne tranquille à cent lieues de Paris. Je vous envoie les pièces de cette affaire ; placez-les dans son carton.

COIIIIANDANT LB I*' CORPS DB LA GBANDB ARMÉB (I).

Dreide. 24jmii 1813.

... Mes (2) différents décrets ont constitué une liste d'absents. Comme c'est vous qui ferez la liste, vous ferez subir aux principes généraux les modiCcations qui vous paraîtront convenables, en en rendant compte. Vous placerez sur cette liste les plus coupables et ceux qu'il importe de ne pas faire rentrer. Tout le monde dit que l'ancien maire s'est bien comporté ; vous pourriez lui faire insinuer, à lui et à quelques autres, de rentrer, en leur donnant un délai, et alors ils ne seraient pas portés sur la liste des absents. Pourtant, si, lors de votre entrée, vous aviez trouvé les sénateurs en charge et que vous en eussiez fait passer cinq par les armes, cela eût été convenable; actuellement, il vaut mieux les mettre sur la liste des absents. Faites accélérer la rentrée des contributions, et aussitôt qu'il y aura 1 million de perçu, faites-le partir sur-le-champ pour Dresde...

Dresde, 24 juin 1813.

L'amiral Willaumez n'a pas ma conGance; je ne veux pas l'employer. J'aime mieux essayer le dernier capitaine de vaisseau , et faire des promotions dans le genre de celle de Baudin, qui me laissent au moins l'espérance.

Je ne vois pas de difliculté à ce que vous rappeliez l'amiral Lhermite de l'Elbe et l'amiral Duperré de Venise, et à ce que vous

(1) AFiv 900.

(2) Le commencement et la fin de cette lettre ont rapport à des mesures purement militaires dont la plupart ont été énumérées dans les lettres tu major général publiées dans la Correspondance.

(3) AFiv 900.

les fassiez remplacer Tun et l'autre par des capitaines de vaisseau. Il ne faut pas m'envoyer de Hollandais à Hambourg; il faut des Français, pour qu'ils s'entendent avec des Français. Le contre-amiral Petit étant mort, mon intention serait que vous présentassiez pour le remplacer un des meilleurs capitaines de vaisseau.

ËnGn, dans le cas où le contre-amiral hollandais serait à Toulon et où par son grade il aurait le commandement en second, je pense qu'il serait convenable que le chef d'état-major ou le préfet maritime eût une lettre close de vous, qui nommât vice-amiral le contre amiral français le plus distingué.

Faites faire un peu d'avancement à quelques jeunes gens.

Le vice-amiral Allemand serait peut-être bon à Venise, si cette place venait à être assiégée; il a la vigueur nécessaire pour faire des dispositions dans les lagunes. Faites-moi connaître quelle est votre opinion là-dessus.

ARCIIICIIANCBLIKR DE L^EMPIRE (1).

Dresde. 26 join 1813.

J*apprends qu'une foule de questions contentieuses retardent la vente des biens des communes. Si le conseil d'État veut me faire manquer mon affaire, mon intention est que ces questions soient décidés par vous, le ministre des finances et le grand juge, sans être portées au conseil. Votre décision serait soumise sur-le-champ à l'approbation de la régence. Mais vous ne prendriez cette mesure que dans le cas où les affaires éprouveraient encore des retards au conseil. Vous ferez connaître sur-le-champ mes intentions à cet égard aux présidents des sections. Il importe, dans la situation actuelle des affaires, de soutenir le Trésor ; tout le reste est indifférent.

Mon intention a été de ne laisser aux communes que les objets d'agrément. Occupez-vous sérieusement de cet objet ; ne vous couchez pas qu'une affaire contentieuse ne soit décidée, et veillez a ce qu'elle le soit en faveur du Trésor. Si le conseil d'État a pris une décision différente, j'autorise la régence à ne point approuver cette décision, et à en prendre une opposée, dès le moment que vous, le ministre des finances et le grand juge serez d'accord.

(1( AFiv 900.

ABCHICHANCBLIBR DB L^EMPIIB (I).

Dretae. aOjvlB 1813.

ïtà reçu votre lettre da 23 juin. Tous les bavardages des minisUrv» nr lu paix font le plus grand mal à mes affaires ; car tout se sait» et j*aî v« plÉs et vingt lettres de ministres étrangers qui écrivent chez eux qu'on wmà lu |iîx à tout prix à Paris, que mes ministres me le mandent tous les jiow*. CiHt ainsi qu'on peut rendre la paix impossible; et la faute en est sui iiw l «a ministre de la police. Il faudrait que, au lieu de ce ton pacifique, em prit «a peu le ton guerrier. On a à Paris des idées bien fausses, si Ton crail qmt la paix dépende de moi. Les prétentions des ennemis sont excessives^ et je sais très bien qu'une paix qui ne serait pas conforme à l'opinion qu'on a en France de la force de l'empire, serait très mal vue par tout le monde.

Dreide, 30 joia 1813.

Vous ferez connaître au sieur Bourrienne qu'il ait à cesser toute espèce de correspondance avec Hambourg sous quelque prétexte que ce soit ; car, la première fois qu'il écrira et s'occupera directement ou indirectement des affaires de Hambourg, je le ferai arrêter et lai ferai restituer tout ce qu'il a volé dans cette ville.

1031. —A JOSÇPH NAPOLÉON,

ROI d'espagnb (3).

Drcide, l*' juillet 1813.

J'ai jugé convenable de nommer le maréchal duc de Dalmatie

(1) AFiv 900. — Une traduction allemande de cette lettre a été publiée dans la Neue Freie Presse de Vienne du 27 juillet 1881.

(3) APiv 901.

LErTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I«. — 1813. 255

mon lieutenant général, commandant en dkef mfis armées en Espagne et sur les Pyrénées. Remettez-lui le commandement. Je désire que vous vous teniez de votre personne, selon les cîrconstances, à Burgos, Vitoria, Saint-Sébastien, Pampelune ou Bayonne, en attendant que je vous fasse connaître ultérieurement mes intentions. Vous mettrez vos gardes et tous les Espagnols armés sous les ordres du duc de Dalmatie, et je désire que vous ne vous mêliez en rien des affaires de mes armées.

ARCHICUANCBLIER DE l'eMPIRB (1).

Drefde. l^^joillet 1813.

Je reçois des lettres du ministre de la guerre dans lesquelles se trouvent celle du général Foy du 22 ; le ministre de la guerre vous fera connaître mes intentions.

J^envoie le duc de Dalmatie, avec le titre de mon lieutenant général en Espagne. Il sera cependant sous les ordres de la régence et rendra compte au ministre de la guerre.

Quant au roi d'Espagne, mon intention est qu'il demeure à Pampelune, Saint-Sébastien ou Bayonne, et qu'il attende mes ordres. Dans tous les cas, mon intention est qu'il ne vienne pas à Paris, et qu'aucun grand dignitaire, aucun ministre, sénateur ou conseiller d'État ne le voie jusqu'à ce que je lui aie fait connaître mes intentions. S'il avait dépassé la Loire, vous vous concerterez avec les ministres de la guerre et de la police pour faire ce qui serait le plus convenable, sans affliger l'impératrice de ces détails. Le roi ne doit pas passer la Loire sans mon ordre; mais enfin, s'il l'avait passée, il devrait se rendre dans le plus grand incognito à Morfontaine, d'où il serait convenable que ni lui ni aucun officier de sa maison ne vînt à Paris inquiéter l'administration de la régence. Vous verrez avec le ministre de la police qui l'on pourrait charger de faire connaître mes intentions au roi. On pourrait faire choix de Rœderer, ou de tout autre dont le roi aurait l'habitude. Mais, quoiqu'il en soit, vous devez employer la force, s'il est nécessaire, pour l'exécution de mes ordres. En général, je désire que toute communication qui sera faite au roi d'Espagne» lui soit faite, non par le canal do

(i) AFiv 901.

ministre de la police, mais par celui do ministre de la guerre.

Au reçu de la présente, vous ferez appeler chez vous les ministres de la guerre et de la police et vous leur remettrez leur lettre, en leur recommandant sur le tout le plus parfait silence.

Si le roi avait repris l'avantage et qu'on eût réoccupé Vitoria, vous y mettriez d'autant plus de ménagement. Je suppose que le sénateur Rœderer, ou tout autre ayant la conGance du roi, pourrait lui être envoyé pour lui faire sentir que, d'après l'opinion que j'ai de ses talents militaires , j'ai été obligé par les circonstances de donner le commandement de l'armée à un général ayant ma confiance.

Je vous envoie aussi une lettre pour le roi d'Espagne. Vous ne la remettrez au duc de Dalmatie qu'autant que cela paraîtrait nécessaire au ministre de la guerre. Je désire que le duc de Dalmatie ne la remette qu'autant qu'il serait impossible de faire autrement. Il me semble qu'une ampliation du décret et une lettre du ministre sont sufOsantes.

Veillez à ce que le ministre de la police ne se mêle de rien que de surveiller, et à ce que le ministre de la guerre n'écrive au roi d'Espagne que ce que les circonstances exigent qu'il sache ; enfin à ce que tout se fasse avec le plus de modération possible.

ARCHICHANCELIER DE l'bHPIRB (1).

Dresde, l«r juillet 1813.

Je VOUS ai écrit il y a deux heures pour ce qui est relatif à TEspague. Je vous ai envoyé toutes les lettres pour que vous dirigiez cette affaire selon les circonstances. La question se renferme dans deux hypothèses : ou le roi a été battu, ou les affaires ont pu se rétablir. Si le roi a été battu, qu'il ne puisse pas rester à Pampel une et qu'il y ait crainte de le voir revenir, c'est le cas de lui envoyer quelqu'un, à qui vous ne devez pas dissimuler que, vu le mauvais esprit qu'il a montré en Espagne, je craindrais que sa présence ne semât le trouble relativement à la régence. Si le roi avait en un succès et était parvenu à rétablir les affaires, mon intention serait toujours la même : je désirerais qu'il quittât l'armée, qu'il est abso-

(1) AFiy

lament incapable de conduire, qu'il laissât lè duc de Dalmatie prendre le commandement, et qu'alors il restât à Vitoria.

Dresde, l" juillet 1818.

Le duc de Dalmatie part aujourd'hui pour se rendre à Paris. Il ira avec vous chez Tarchichancelier , ne restera en tout que douze heures à Paris, et de là continuera sa route sur Rayonne, pour aller prendre le commandement des armées d'Espagne avec le titre de mon lieutenant général. Quoique mon lieutenant général, il n'en sera pas moins sous les ordres de la régence et les vôtres et vous rendra compte de tout ce qui concerne son commandement. Ecrivez au roi d'Espagne de lui remettre le commandement, et de placer sous ses ordres ses gardes et toutes les troupes espagnoles. J'ai pleine confiance dans le duc de Dalmatie ; il aura tous les pouvoirs et sera autorisé à organiser comme il le jugera convenable.

Le roi restera, selon les circonstances, à Rurgos, Pampelune, Saint-Sébastien ou Rayonne; mais, sous quelque prétexte que ce soit, il ne doit pas venir à Paris. S'il était déjà à Rayonne, il devrait s'y arrêter; mais, s'il avait déjà par hasard passé cette ville, il faudrait qu'il se rendit incognito à Morfontaine, où il vivrait sans voir qui que ce soit. Mon intention est que vous ne parliez pas de tout cela à l'impératrice. Rien ne sera mis dans les journaux, et on doit ignorer où il se trouve. En un mot, je désire que vous prenier tous les moyens pour l'cmpccher de venir à Paris ; mais que, s'il venait à Morfontaine, il ne vit ni l'impératrice, ni personne, ne reçût aucune visite, et que rien ne fût dérangé dans l'État. Envoyez un officier de confiance pour lui faire connaître mes intentions: vous irez vous-même chez la reine. Employez le comte Rœderer ou tout autre à lui faire comprendre ma volonté, avec les égards et ménagements convenables.

Mon intention est qu'aucun Espagnol, officier du roi d'Espagne, etc., ne puisse passer la Garonne. Tous les réfugiés seront réunis dans une ville que vous désignerez, telle qu'Agen ou Auch, en consultant l'archichancelier et le ministre de la police.

Toutes les sottises qui ont eu lieu en Espagne sont venues de la

(1) AFiv 901.

complaisance mal entendue que j*ai eue pour le roi, qui non seulement ne sait pas commander une armée, mais encore ne sait pas assez se rendre justice pour en laisser le commandement militaire. Je ne connais pas encore assez Tétat des choses; mais vous devez, à moins d*une absolue nécessité pour défendre les frontières, ne rien déranger aux ordres que j*ai donnés pour la marche des troupes; au pis aller, je défendrai mes frontières. Si le duc de Dalmatie jugeait convenable de renvoyer le maréchal Jourdan, il resterait à Bayonne jusqu^à mes ordres. Je n'ai pas besoin de vous recommander de faire armer et approvisionner Bayonne et les autres places frontières.

Tout ce qui regarde le roi est extrêmement secret, et le duc de Dalmatie même ne doit pas en être instruit.

Dretde, l*' juillet 1813.

L'archichancclier et le ministre de la guerre vous feront connaître mes intentions relativement au roi d'Espagne. Appliquezvous à les exécuter avec ménagement, mais en même temps avec la vigueur convenable. Il y a à Paris beaucoup de personnes qu'on peut employer pour faire connaître mes intentions au roi.

Donnez des ordres pour qu'aucune gazette de province ou de Paris ne parle des affaires d'Espagne ni du roi.

Si le roi avait quitté sans mon ordre Pampelune, Saint-Sébastien ou Bayonne, et qu'il eût passé la Loire, ce qui serait contraire à mes intentions, il devrait se retirer sur-le-champ, sans coucher à Paris, à Morfontaine, jusqu'à ce que j*aie fait connaître mes ordres, et sans que cela fit aucun bruit.

Dmde, 1"' juillet 1813.

J'apprends qu'il y a des difCcultés à Hambourg pour la liste des

(i) AFiv 901.

(2) JàU.

absents. Je vous laisse carte blanche là-dessus. Je vous laisse maître, si vous le jugez convenir à mes intérêts, de publier une amnistie, pour ceux, bien entendu, qui seraient rentrés dans l'espace de quinze jours. Vous excepteriez de cette amnistie qui vous jugeriez convenable. La meilleure manière de punir les marchands, c'est en effet de les faire payer. Ce qui serait surtout bien nécessaire, c'est de vous défaire d'un tas de gens de la dernière canaille, qui ont été dans Tinsurrection, et qui sont plus dangereux que les gens comme il faut. Je vous laisse carte blanche sur tout cela.

Dretde. 8 juillet 1813.

Je reçois votre lettre du 28. Je ne comprends encore rien aux affaires dTspagne. Je ne sais pas si c'est une bataille que nous avons perdue, quelles sont les troupes qui s^y trouvaient, ni où se trouvent aujourd'hui le roi et Farmée. Je suppose que le duc de Dalmatie aura quitté Paris quand vous recevrez cette lettre. 11 faut avouer qu'il est difficile de comprendre de pareils événements avec une armée comme celle d'Espagne; on ne peut les attribuer qu'à l'excessive ineptie du roi et de Jourdan.

Dretde, 8 juUet 1818.

J'ai reçu les nouvelles que vous a envoyées le commissaire de Rayonne. Il est difficile d'imaginer quelque chose d*aussi inconcevable que ce qui arrive en Espagne. Le roi pouvait réunir 100,000 hommes d'élite; il y avait de quoi battre toute l'Angleterre. Le duc de Dalmatie doit être passé; j'espère qu'il rétablira les affaires.

(1) AFiv 901.

Dresde, 6 juillet 1813.

Vous verrez, par la dépêche ci-j ointe du consul Scguîer, que le pauvre duc d'Abrantès est à peu près fou. J'écris au vice-roi de lui donner ordre de se rendre chez lui en Bourgogne. 11 ne faut pas affliger la capitale de ce spectacle. Faites prévenir sa femme pour qu'elle aille à sa rencontre et reste avec lui en Bourgogne. Je vais avisera son remplacement; en attendant, Tintendant remplira toutes les fonctions administratives. J'ai ordonné au vice-roi d'y envoyer un ofBcier supérieur ou général pour commander le pays.

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