ARCHICHANCELIER DE L*EMPIRE
Dreide, âO jniUet 1818.
Je reçois votre lettre. Je vous ai fait connaître, de Wittenberg, que mon intention était que le roi se rendit à Morfontaine et qu'il y gardât le plus grand incognito. Mon intention est que vous
(1) AFiv 901.
(2) Ibid.
(3) AFiv» 57.
LETTliS mmES DB KâffOLfiOX I». — istx m
ne le vojiex pas. S*0 defBjndait i tous toît, toos rêpoiidnex qiill y a défense de mi parL Uoa iotentioa est qn*il ne wme aoraa de mes ministres; s'il demindait à les voir, on loi ferait la même réponse. Le |vésîdeat du Sèûaf , les ministres d^tai, les présidents de section ne le Terront pas. Vous ferez connaître de la manière In plus poôthre an rm qoe, josqn'à mon retoor, mtm intention est qn'il ne Toie personne.
n lient de m'écrire une lettre oà il accose le ministre de la goerre et font le monde. La fante de toat est à loi. La relation des Anglais montre assez awec quelle ineptie cette armée a été condnite; il n*j en n pas d*ezem{rie dans le monde. Sans doote le roi n'est pas militaire; mais il est responsable de son inmioraHlé, et la plos grande immoralité, c'est de faire nn métier qu'on ne sait pas. S'il manquait à rarmée un hooune, c'était nn i^néral, et s'il j arait nn homme de trop, c*étiit le roi. Je n'entends donc pas de raillerie làdessus. Si TOUS mettiez ici de la faiblesse et ne fassiez pas connaître clairement mes intentions, le roi receirait du monde, deriendrait nn centre d'intrigues, et cela me mettrait dans la nécessité de le faire arrêter; car ma patience est à bout. J'ai blâmé la lettre que lui a écrite le ministre de la guerre, parce que le roi aura pris facilement le change. 11 faut qu'il connaisse mes Trais sentiments, et qu'il sache qne, s'il ne s*j conforme pas, le ministre de la police a ordre de l'arrêter, fl n'y a absolument que cela qui paisse le contraindre.
Je suis surpris, après ce que je tous ai écrit, qne tous ayez eu encore quelque doute sur la condoite à tenir cr.\ rs le roi. Tout ceci ne doit être que prorisoire; il est donc t jui si.iiple qu'il reste à se rqNMer à la campagne en attendant que je paisse lai demander compte de sa mauTaise conduite. Je ne sais ce que tous arez chargé Riederer de lui dire; mais, si tous ne loi arez pas parié clair et fait Toir mes lettres, tous aurez manqué votre but. 11 parait que Ropderer Ta Tenir auprès de moi ; j'en suis bien aise ; je pourrai lui dire toute ma façon de poiser, et que je ne tcox plus exposer mes affaires par ménagement pour des imbéciles qui ne sont ni militaires, ni politiques, ni administrateurs.
27S LKTTRES INEDITES DE NAPOLEO\ I-. — 1S13.
■iniSTlE Dl U POLICE CéNéBALB (1),
Drctl*. aOjiiillat 1813.
Je crois vous avoir fait couDalIre que mon intention positive est que le roi d'Espagne ne vienne pas k Paris et ne s'en approche même pas. Il doit rester à Morfontaine. S'il venait à Paris ou à Saint-Cloud, vous feriez en sorte de le faire arrêter, et il faut qu'il ne l'ignore pas. Mon intention est qu'aucune personne de ma maison, aucun grand dignitaire, aucun de mes ministres, aucun président des sections du conseil d'Ëtat ou du Sénat ne le voie; qu'enfin il garde le plus parfait incognito jusqu'à mon arrivée. Seulement il pourra recevoir sa femme, Madame, sa famille, quelques Espagnols de son intimité, Rœderer, sans que cela puisse être remarqué. Les malheurs d'Espagne, comme vous l'aurez va par les journaux anglais, sont d'autant plus grands qu'ils sont ridicules; c'est ainù que les Ao<jIais en pensent eux-mêmes. Mais cela ne déshonore pas l'armée. Il manquait ù l'armée d'Espagne un général, et il y avait de trop le roi. En dernière analyse, je ne me dissimule pas que c'est ma faute. Si, comme j'en ai en l'idée an moment de mon départ de Paris, j'avais renvoyé le duc de Dalmatie À Valladolid pour y prendre le commandement, cela ne serait pas arrivé. Sans doute qu'il ne faut pas permettre qu'on imprime rien sur ce prince; mais cependant il est nécessaire qu'il sache que c'est moa opinion, et qu'il ne puisse pas prendre le change lù-dessus.