‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 193 sur 263 · GRANDE-DUCHBSSE DB TOSCANE · texte numérisé non relu

GRANDE-DUCHBSSE DB TOSCANE

Uayence. 27 juillet 1813.

Je vois avec surprise qu'il y a à Florence de l'opposition contre le curé nommé par l'évéque. Prenez les mesures les plus vigoureuses pour contenir dès le premier instant cette résistance religieuse; envoyez à l'île d'Elbe tous les individus qui se seraient rendus coupables.

(1) AFiv 901.

(S) Ibid.

(8) Ikid.

r. n« tt

Î74 LE'miES IXEDITES DE NAPOLÉON I-. — 1813.

1061.— AU PRINCE CAMBACËRÈS,

ARCHlCHANfîELIER DE l'bMPIRB (1).

lUyence. 88 jniUet 1818.

Un conseiller i la cour impériale de Paris 8*est présenté ce matin devant moi, à Mayence, pour me parler des affaires du président Muraire ; je vous envoie les pièces qu'il m'a remises. Cette somme est trop forte pour moi. Cependant mon intention est que vous preniez des arrangements convenables pour tirer d'affaire ce magistrat. Comme il paraît qu'il est dans les mains d'usuriers et que d'ailleurs il a par lui-même quelques ressources, faites en sorte que cela coûte le moins possible. Tâchez que j'en sois quitte pour 200,000 francs, payables, un tiers cette année, un tiers en 1814, et un tiers en 1815.

U«yeiic«, 29 jnUlet 1818.

Faites mettre dans les petits journaux tous les renseignements qu'on a sur M. Anstett, plénipotentiaire de Russie à Prague. Il est de Strasbourg ; et ces renseignements, en faisant connaître qu'il est Français et d'extraction très commune, prouveront le peu d'empressement que la Russie a pour une pacification, en faisant ce singulier cboix.

Ilayence, 31 juiUet 1813.

Donnez ordre que toutes les femmes de généraux, d'officiers, d'employés d'administration, toutes les filles, y compris celles tra-

(i) AFiv UOi.

(2) Ihid.

(3) Ibid.

vesties en hommes, qui se trouvent à Rayonne ou dans les départements des Landes et des Basses-Pyrénées, venant d'Espagne , soient sur-le-champ renvoyées au delà de la Garonne, et que, quarante-huit heures après Tordre que vous ferez donner à ce sujet par le commandant de la division, toutes celles qui n'y auraient pas obéi soient arrêtées par autorité militaire et civile, et conduites chez elles; les filles seront renfermées à la Salpétrière. Vous aurez soin que nominativement les femmes des généraux G*** , F*** et V*** soient non seulement renvoyées au delà de la Garonne, mais renvoyées chez elles.

Uaycnee. SI jaillet 1813.

Réponiht au roi de Westphalie que jamais il n*aura aucun commandement dftM Tarmée française, si 1* il ne fait connaître qu'il désapprouve la conduite qu'il a tenue. Tannée passée, en quittant Tarmée sans ma permission, et qu'il en est fâché,'; 2^ si, en prenant du service dans mon armée» il ne se soumet à obéir à tous les maréchaux commandants de corps d'armée que je n'aurais pas spécialement mis sous ses ordres, ne devant avoir d'autre grade dans mon armée que celui de général de division, et ne devant commander de droit, en cas de circonstances imprévues, qu'à des généraux de division ; — que ce qui vient d'arriver en Espagne fait connaître de plus en plus l'importance de tenir à ces principes ; que la guerre est un métier ; qu'il faut l'apprendre ; que le roi ne peut pas commander, puisqu'il n'a jamais vu de bataille; que le roi d'Espagne, à qui j'ai fait dans le temps de semblables observations, en est aux regrets et aux larmes de ne les avoir pas comprises. Vous ajouterez que, vu toutes les difficultés qui ont lieu pour la convention, j'ai pris le parti d'en faire l'objet d'un ordre du jour; qu'il m'a paru urgent de décider ainsi cette affaire, vu que déjà des détachements destinés pour Cassel étaient partis de Mayence. Faites d'ailleurs remarquer au roi que j'ai pris un ordre au lieu d'un décret, parce qu'un ordre est un acte de général en chef, et que la Westphalie et le roi lui-même font partie de mon armée; que c'est

(1) AFiv 901. — Baron Du Gassb, SuppUmenf à la Correspondance.

par «n ordre que j'ai réglé ce qui était relatif àLeipsick, et qu*enfin c'est de cette manière que j'opère sur tout le territoire allié. Vous trouverez ci-joint cet ordre.

Iltyeiice, 81 juillet 1813.

Écrivez aux maréchaux et aux généraux commandants les corps, aux gouverneurs de Dresde et de Magdcbourg, au commandant de IVûrtzbourg, etc., que, vu les circonstances, la fête de TEmpereur sera célébrée le 10 août. A cet effet, j'ordonne qu'une gratiGcation de 20 sous sera donnée à chaque sous-ofGcicr et soldat. Les maréchaux prendront des mesures pour que cette gratification soit payée le 9. Cette somme servira à faire un repas extraordinaire : on donnera double ration de pain, de riz, d'eau-de-vie et de viande à la troupe.

Je désire que les maréchaux donnent des ordres pour que chaque général de division invite à une seule table tous les officiers de sa division; le maréchal tiendra lui-même la table de la division où il sera. J'accorde à cet effet, indépendamment des doubles rations de vivres, six francs par tête. La somme sera donnée en bloc au maréchal qui la fera mettre à la disposition des différents généraux de division.

Je désire aussi qu'on chante un Te Deum dans tous les camps, que le soir il y ait de grandes illuminations, et que l'artillerie tire des feux d'artifice, enfin que chaque maréchal fasse tout ce qui est convenable pour célébrer ce jour si cher aux Français, égayer le soldat, et faire effet sur les peuples alliés. Les troupes alliées recevront la gratification comme les autres.

Il sera convenable que la table des officiers soit en plein air et se tienne à la même heure que celle des soldats. Les toasts seront appuyés par des salves de cent coups de canon. Dans les pays alliés, on invitera les autorités du pays et les principaux habitants; et même dans les pays ennemis, on pourra inviter également les autorités et ceux des principaux habitants dont on serait content. Dans les lieux où cela sera possible, les généraux donneront un bal.

A Dresde, la garde impériale donnera un grand bal à toute la ville. Le soir, il y aura des manœuvres; on tirera, aa

(i) AFiv IKHL.

lieu de cartouches, des artifices qui seront d'uo meilleur effet.

Les opérations militaires et la dénonciation de Tarmistice, qui peut avoir lieu le 10, sont les raisons pour lesquelles j*ai avancé du 15 au 10 la célébration de cet anniversaire.

A Francfort, Hanau, Fulde, Gassel et dans la 32* division militaire, hormis Hambourg, la fête ne sera célébrée que le 15 août, comme à Wesel, Mayence et dans le reste de la France. Ainsi ces villes ne seront pas comprises dans Tordre du jour.

Ilayenc«, 1" août 1813.

Il sera convenable de rendre compte au public des affaires d'Espagne. Il ne faut parler ni de Taffaire de Vitoria ni du roi. La première note que vous mettrez dans le Moniteur sera conçue de la manière suivante : « Sa Majesté a nommé le duc de Dalmatie son ce lieutenant général commandant ses armées en Espagne. Ce marétt chai a pris le commandement le 12, et a fait sur-le-champ ses distt positions pour marcher contre les Anglais qui assiégeaient Pampett lune et Saint-Sébastien. » Après cela, vous ferez insérer la première lettre du général Rey relative à Tassant de Saint-Sébastien, et ensuite les lettres relatives aux événements qui auront eu lieu les 25, 26 et 27. Il sera convenable que vous augmentiez un peu le nombre des prisonniers et le nombre des pièces de canon prises, non pas à cause de la France, mais à cause de TEurope. Gomme je fais mettre la lettre du général Rey dans le Journal de Francfort^ et que j'y ai fait des changements dans ce sens, je vous la renvoie en original avec ces changements, afin qu'elle paraisse de même dans le Moniteur,

ARCHIGIIANGELIBR DE L*EMP1RB (2).

Dresde, 5 août 1818.

Ce qui vient d*arriver à Bruxelles est un scandale public (3).

(1) AFiv 902.

(2) Ibid.

(3) Voir ci-après la lettre du 14 août au grand juge, n^ 1078.

Donnez ordre sur-le-champ que le maire d'Anvers et les autres accusés soient retenus par mesnre de haute police, et voyez avec le comte Merlin à faire casser ce jugement, II doit y avoir prévarication. Ne pourrait-on pas intenter aux jurés un procès en prévarication, qu'on laisserait ensuite traîner en longueur?

MINISTRB m LA POLIGB GÉNiRALB (1).

Drefd«. 6 aoAt I81S.

Le ministre des cultes me fait son rapport sur l'affaire des séminaristes de Gand. Voici quelles sont mes intentions; faites qu*on s'y conforme exactement.

Vous ferez arrêter le directeur du séminaire, qui professe d'aussi mauvais principes, et vous le ferez renfermer dans une prison d'État, sans qu'on sache où il se trouve.

Vous ferez prendre tous les séminaristes qui ont plus de dixhuit ans, et les ferez conduire à U^esel, d'où on les dirigera sur Magdebourg. On les habillera en militaires; le général Lemarois les placera dans les corps qui sont à Magdebourg, et leur fera faire le service de soldat. Ils ne pourront plus être prêtres.

Tous les séminaristes qui auraient moins de dix-huit ans, faitesles arrêter et conduire dans les meilleurs séminaires de l'ancienne France, en les répartissant de manière qu'il n'y en ait qu'un par séminaire, et recommandez aux directeurs de leur montrer les bons principes.

Donnez ordre également que ces séminaristes soient remplacés i Gand par un nombre égal de séminaristes tirés des bons séminaires de France, et qui soient déjà assez instruits dans les principes de l'Église gallicane. EnGn voyez à ce qu'il y ait un bon directeur du séminaire.

Je n'ai pas le temps d'en écrire au ministre des cultes ; communiquez-lui ma lettre et concertez-vous avec lui.

Je ne sais si c'est à Tournay ou ailleurs qu'il y a des béguines qui se comportent mal; chassez-les de la ville.

(1) AFiv* 57.

MINISTRE DE LA POLICE GÉNéttALE (1)

Dreide, 7 aoAt 1813.

Je reçois extrait d'un arrêté du préfet de TEscaut, qui m'est envoyé par le ministre des cultes.

Je suppose que le sieur Van Hemme, supérieur du séminaire, est arrêté, et qu'il n'en sera plus question. Faites faire cela sans scandale, et qu'on ne sache pas ce qu'il est devenu. Faites aussi arrêter le professeur Ryckewaert et les frères de Volder ; qu'on les conduise à Fénestrelle ou au château de Joux, et qu'ils soient serrés de manière qu'ils ne donnent plus de leurs nouvelles et qu'ils n'aient plus de communication.

L'article 6 de l'arrêté ne me convient pas. Que ces séminaristes soient dans les ordres sacrés ou non, mon intention est que tout ce qui a plus de dix-huit ans soit envoyé à Magdebourg. Je ne veux pas également qu'on en fasse entrer dans les gardes d'honneur. Quant aux séminaristes âgés de moins de dix-huit ans, je vous ai fait connaître que mon intention était qu'aucun de ces jeunes gens ne restât à Gand, mais qu'ils fussent répartis entre les séminaires de Tancienne France. Tenez sévèrement la maiu à l'exécution de mes ordres.

Quant à Tournay, si, i la réception de vos ordres, cette affaire n'est pas finie, vous ferez sur-le-champ séquestrer le séminaire, arrêter les professeurs, envoyer à Magdebourg les séminaristes qui ont plus de dix-huit ans, et répartir les autres dans les lycées en France. Ce diocèse n'aura plus de séminaire.

Soyez très ferme contre cette prétraille, mais que ce soit sans éclat. Je suis fâché que le préfet ait pris un arrêté qu'il a fait imprimer. Qu'avait-il besoin de cela? Il fallait frapper et ne rien dire.

MINISTRE DE LA POLICE GÉNéRALE (2).

Dresde, 7 aoAt 1813.

Je reçois votre lettre du 2 août. J ai éprouvé une véritable peine

(i) AFiv* 5T.

(2) AFiv 902

de ce que vous m*avez écrit de ce pauvre Junot. II avait perdu mon estime dans la dernière campagne ; mais je n'ai pas pour cela cessé de lui être attaché. Aujourd'hui il a recouvré cette estime, puisque je vois que sa pusillanimité alors était déjà Teffet de sa maladie. J'approuve toutes les propositions que vous me faites. Voyez Tarchichancelier, i qui j'écris. On peut sans dificulté mettre les deux demoiselles i Écouen. Vous ne me faites pas connaître l'âge des deux enfants.

Parlez aussi à Tarchichancelier de la duchesse d'Istrie, et voyez ce qu'il faut faire pour arranger ses affaires; mon intention est aussi de l'aider.

HINISTRE DE LA POLIGK GÉNÉRALE (1).

Dresde. 7 «oût 1813.

J'approuve que vous vous arrangiez avec la duchesse d'Abrantès pour lui désigner une campagne où elle se retire et vive désormais. Vous lui ferez connaître que, ayant été gouvernante de Paris, s'y étant mal comportée, ayant dérangé les affaires de sa famille de manière à la ruiner et à laisser ses enfants sans pain, il est temps que cela finisse et qu'elle ne fasse plus parler d'elle.

Dresde, 7 «oût 1813.

Je vois dans le Journal de F Empire un article qui est fait avec trop d'emphase sur M. Anstett. 11 fallait seulement raconter quels étaient ses parents, ce qu'il a fait, et dire que de tout temps on l'a considéré comme agent des Anglais, dont il a reçu un salaire.

(1) AFiv 902.

(2) Ibid.

Dresde. 7 «oût 1813.

Accordez la retraite an maréchal Jourdan, et qa'il n'en soit plus question; que tous ses aides de camp soient employés ailleurs et envoyés i Tannée. Faites de même pour tous les officiers qui étaient près du roi et que ce prince n'a pas gardés. Je crois déjà vous avoir écrit pour savoir en quel grade on peut les reprendre au service.

MINISTRE DB LA POLICE GÉNjiRALE (2).

Dresde» 10 août 1813.

Mme de Laval me demande que son fils Mathieu de Montmorency rentre à Paris pour être auprès de sa fille Mme de la Rochefoucauld, qui parait être dans un très mauvais état de santé. Vous lui ferez connaître que j'adhère à sa demande, et vous lèverez en conséquence Texil du sieur Mathieu de Montmorency.

Dresde. 11 «oût 1813.

Le duc d'Otrante, qui vient de traverser tous les États autrichiens, me mande que le meilleur moyen de frapper sur cette puissance en cas de guerre, c'est d'influer sur son papier-monnaie, sur lequel reposent tous ses armements.

(1) AFiv 902.

(2) Ibid.

(3) Ibid.

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