A H. GAUDIN, DUC DE GAËTE
MINISTBS DBS PINANGKS (1).
Paris, 1» mai 1815.
Je VOUS envoie un état des finances de la maison de Condé. Je désire que mercredi vous m'apportiez Tétat de la maison d'Orléans, de la maison du roi, etc., afin que nous puissions prendre des mesures pour rassurer les créanciers.
ARCHICHANCBLIBR DE l'bMPIRE, CHARGÉ DU MINISTÈRE DE LA JUSTICE (2).
Paris, 3 mai 1815.
Vous avez dans vos bureaux des hommes d^une malveillance marquée. Mon intention est que, demain mercredi, vous m^apportiez rétat des individus à renvoyer, tant du ministère de la justice que des bureaux du conseil d'État. Si vous ne faisiez pas ces changements, je serai obligé de les faire moi-même, ce qui serait une mauvaise marche; car je pourrais commettre des erreurs, et une fois que j'aurai pris une décision, je ne reviendrai pas sur ce qui aura été fait (3).
(i) AFiv 908.
(2) Ibid,
(3) Semblable lettre au ministre de l'intérieur. — La dernière phrase a cté biffée sur la minute par 1' (empereur lui-même.
33$ LETTRES IXÉDfTES DE KAPOLÉQX 1-. ~ 1815.
1181. — AU COMTE CARXOT,
HIXISTU DB L^lNTBEIBim (1).
Farii. S Hui 1815.
On blâme tout ce que fait le baron d'Alphonse dans le département du Gard, et on pense qu'il faudrait charger nn antre individu du travail. Donnez des instructions pour que le général Giily, homme sage et connaissant le département, soit chargé des travaux.
mXISTRE DB Là POLICK GÉXBBALB (â).
Paris. 3 Bai 1815.
Les habitants de Chartres vont mal. Envoyer un commissaire pour voir ce qui s'y passe et d'où vient ce mauvais esprit.
1183. — AU MARÉCHAL DAVOLT, PRIXCE D'ECKMUHL,
MINISTRE DB Lft GUERBB (3).
Paris. 2 Bai 1815.
Répondez au maréchal Grouchy qu'il n'est pas vrai que les alliés aient fait demander le passage par la Suisse et par le Simplon pour leurs troupes. Il n'est pas vrai non plus que le roi de Naples ait été battu le 15. Il a eu un avantage très marqué le 18 à Césène, et se retire en bon ordre. Les dernières nouvelles disent que Marmont était à Gand ; il n'est donc pas probable qu'il commande les troupes picmontaises.
(1) AFiv 908. — Recueil de pièces sur le captif de Sainte-Hélène ^ t. V, p. 420. Comparez dans la même publication des lettres analogues relatives à MM. Jerpbanion, préfet de la Haiitc-Marnc (28 airil), Rouen des Mallets, préfet de Lot-et-Garonne (5 mai), etc., que nous ne reproduisons pas.
(2) AKu 908.
(3) Ibid,
Paris, 2 mai 1815.
Il est nécessaire d^organîser les Espagnols qui sont en France. II serait convenable de former une junte qui serait composée de cinq membres, les plus actifs et les plus entreprenants. Ces membres résideraient ici et correspondraient avec le ministre des relations extérieures. L'existence de cette junte serait secrète. Elle aurait, sur les principaux points de notre frontière des Pyrénées, des commissaires dont elle recevrait les rapports. Elle aurait à cet effet la franchise des postes. Ses commissaires seraient connus de nos agents civils et militaires. Leur travail serait de faire rédiger à Paris ma» gazette espagnole, qui paraîtrait tous les deux jours et serait transmise à ces commissaires, qui renverraient en Espagne par tous les moyens. LelMit de ce journal serait d'éclairer les Espagnols, de leur faire connaMrt aos dispositions constitutionnelles, et de les porter à Finsurrection et i la désertion.
La junte devra s'occuper des projets d'expédition de guérillas, de leur organisation et des moyens oe les faire entrer en Espagne. Le président de la junte serait accrédité auprès du ministre des affaires étrangères. Tous les secours donnés aux Espagnols, à raison de 120,000 francs par mois, seraient signés et distribués par la junte.