COMMANDANT LA 1'* DIVISION MILITAIRE
Parif, 20 mai 1815.
La ville de Saint-Germain refuse d'obéir aux ordres du préfet pour la garde nationale. Envoyez-y une colonne mobile avec un général sévère pour donner un exemple. Faites pousser cette colonne jusqu'à Mantes. Disposez pour cela d'un bataillon du 82* et d'un bataillon du 2* de ligne ; ce qui fera 900 hommes. Envoyez-y quelques hommes de cavalerie que vous ferez tirer des dépôts de Versailles. Envoyez un homme habile qui donne des renseignements sur les maires. Faites surveiller principalement Rosny; c'est de cette commune que partent tous les troubles de ce département.
1218. — A M. FOUCHÉ, DUC D'OTRAXTE,
Parit, l<'JQin 1815.
Le désarmement de Marseille paraît avoir ressuscité le parti de la Révolution dans cette ville, et, en ne composant la garde nationale
(1) AFiv908. — L. DB Brotoxnk, datis XhNoutelle Revue, t. LXXXVI (1894).
(2) AFiv 908.
(3) Ibid.
354 LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON l". — 1815.
que d'hommes sûrs, on aura des auxiliaires qui contiendront les malveillants.
Je vois que Bordeaux continue d'aller fort mal. Faites-moi la même chose pour désarmer la garde nationale de Bordeaux, y faire la même chose qu'à Marseille, et la réorganiser en ne la composant que du nombre d'hommes attachés q^ni existe dans la ville. Cela suffira pour contenir les malveillants. Recommandez aussi à la commission de police d'arrêter tous ceux qui y ont commandé pour le roi, et d'arrêter et faire rejoindre aux armées tous les volontaires royaux qui se sont enrôlés pour la duchesse d'Angouléme.
Il faudrait faire la même chose à Toulon et à Montauhan : désarmer la garde nationale et la composer d'amis de la Révolution. Ces quatre opérations changeraient la face du Midi.
Faites-moi un rapport sur Lille. Quelle est la force de la garde nationale de cette ville, et ne conviendrait-il pas de la désarmer? On verra après à en former une autre. 11 me parait trop imprudent de laisser armée une garde nationale mal disposée.
Parit, l»jiiin 1815.
La garde est portée dans la distribution de juin pour 4 millions. Vous trouverez ci-joint l'état de cette distribution. Il est bien nécessaire que cela soit payé. Le payement de 100,000 francs par jour n^aurait aucun résultat ; il faudrait quarante jours pour payer ces 4 millions. Il faut cesser tous les services et payer à raison de 300,000 francs par jour a compter du 10 juin, sans quoi ma garde n*ira pas.
Paris, 1" juin 1815.
Vous recevrez un décret pour fournir des hommes à Tartillerie de
(1) AVuh 908.
(2) Ibid.
la garde. Faites les choix dans les trois bataillons qui sont à Paris ^ et donnez dès demain ces hommes à la garde. Vous les ferez remplacer par des conscrits et par des hommes des ports.
Vous m'avez parlé de faire venir à Paris cinq compagnies de canonniers, composées de 100 aspirants qu'on y placerait comme soldats, chaque compagnie commandée par un capitaine de frégate, un lieutenant de vaisseau et des enseignes, et enfin le bataillon commandé par un capitaine de vaisseau. Je trouve cela très bien. Donnez-leur ordre de se rendre à Paris ; désignez le capitaine de vaisseau qui doit les commander, et après que vous aurez donné les ordres, présentez-moi un projet de décret pour régulariser cette formation.
Si vous avez des maîtres et des contremaîtres à ma solde qui seraient inutiles, vous pouvez en former de même un autre bataillon d'artillerie.
Donnez ordre aux 133 officiers d'artillerie qui sont à la suite de se rendre dans les places du Nord, d'Alsace et de la Meuse. Envoyez chez le ministre de la guerre pour savoir le nombre et le grade qu'on doit envoyer à chaque place, et alors vous en ferez la distribution.
Vous m'avez pn^sé aussi de faire un bataillon d'enseignes de vaisseau. J'aimerais également à en former un bataillon de 500 hommes, c'est-à-dire fk cinq compagnies de canonniers. Je les ferais venir à Paris. Ils seroftl commandés par des officiers de marine d' un grade supérieur ; un contre-amiral sera chef de bataillon . Combien cela coûtera-t-il?
Enfin, j'aimerais à réunir a Marseille, à Nantes, à Bordeaux, des officiers de marine en retraite chez eux, qui formeraient dans ces villes des compagnies de 100 officiers. Cela aurait de l'influence sur l'esprit public de ces villes. Vous devez savoir combien il y a d'officiers de marine non employés et tout ce que coûterait cette formation.