ROI DE HOLLANDE
Dunkerque. 22 mal 1810
J'ai envoyé votre note au duc de Gadore. J'ai vu avec peine que vous chassiez les Français qui sont à votre service. Vous les avez pris sans ma permission, gardez-les, ou, si vous ne voulez point les garder, envoyez-les-moi, je les prendrai : de pareils soldats sont rares. Un Français fait sur vous ce que fait surleshydrophobeslavue de l'eau, ce principe bienfaisant de notre existence et de notre bien.
Je me ferai faire à Paris un rapport sur vos demandes. Mais je vous répète que je ne puis lever les barrières de mes douanes, avant que les 22 millions de marchandises américaines me soient remis, que vos 9 bâtiments soient en rade, et que vous exécutiez sérieusement les traités que vous avez avec moi. Quant à la discussion des domaines de la Zélande, je n'ai pour base et pour principe que le traité et rien que le traité. Il faut que vos ministres envoient des mémoires détaillés qui fassent bien connaître ce que c'est que la dette de la Zélande, à combien elle se monte, et qui établissent qu'elle ne fait pas partie de celle de la Hollande. Les marchandises américaines seront saisis chez vous, comme elles le sont en France, en Italie, en Espagne, etc. Je vais me faire faire un rapport sur la contrebande du genièvre ; on me l'a demandée en Zélande ; je ne l'ai pas encore permise.
(1) AFiv 884. — Publiée, par M. Rocquain, Napoléon et U roi Louis,
LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON I«. -. i8iÔ. 35
Lille, 23 mai 1810.
Mon intention est qu'aucun officier français au service d'Autriche, de Russie, ou de tonte autre puissance étrangère, ne vienne en France sous quelque prétexte que ce soit, ni en congé, ni avec passeport, ni pour affaires. Ceux qui se présenteraient doivent être arrêtés à la frontière. Ceci ne souffre aucune exception. Écrivez à cet égard à tous les préfets en Belgique, en Toscane, en Piémont, et même à tous les anciens préfets. Je ne veux pas que ces officiers soient en France; je ne tolère le service militaire d'aucun Français près d'une puissance étrangère. Je suis très fâché qu'il ait été donné une permission au sieur La Roche-Aymon ; il m'a fait beaucoup de tort à la cour de Prusse. C'est lui qui m'a fourni l'idée de prendre cette mesure. Mon intention est qu'il soit arrêté, conduit à Vincennes et mis au secret, et que les scellés soient apposés sur ses papiers. Faites voir dans vos registres de la police s'il y a des Belges ou des Français au service étranger ; ils ne peuvent pas rentrer en France; mais ceux qui veulent profiter de l'amnistie, je ne m'y oppose pas.