‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 2)Chapitre 39 sur 263 · A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE · texte numérisé non relu

A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE

Saint-Gload, 30 jain 1810.

Je viens d'arrêter le compte de vos dépenses secrètes pour 1809.

Pour 1810, il faudra porter la pension du sieur Buchot, exministre, sur les dépens^ ostensibles à la charge du Trésor public.

La gratification annudlle aux bureaux doit être également portée pour 1810 au compte ostensible, articles des dépenses diverses, et ne doit pas faire partie des dépenses secrètes.

M. Codrika doit être employé en lUyrie; il ne faudra donc plus le payer.

Vous cesserez aussi de payer la pension du sieur Sensi, qui sera employé dans les départements romains, et à cet effet vous écrirez à la consulte pour qu'il soit placé.

Vous me ferez sur le sieur Manfredi un rapport qui me fasse

(i) AFiv 884.

connaître ses titres à la pension que voas lui payez, et ce qu'on pourrait faire pour la remplacer.

V Argus ne me rend pas un service proportionnel à ce qu*il me coûte. Faites-moi un rapport pour supprimer cette dépense.

Avec les fonds que ces économies rendront disponibles, je désire que vous montiez un service secret de quelque étendue ; que vous affectiez, par exemple, 120 ou 150,000 francs à quelques missions secrètes en Bohême, en Autriche et en Russie, pour savoir ce qui se passe et surtout être bien informé des mouvements militaires de ces puissances. Il faudrait pour cela faire choix de deux ou trois hommes, militaires, sur rattachement desquels on pût compter, qui voyageraient sous prétexte de curiosité, on comme artistes, et profiteraient de mes courriers, sans jamais écrire par la poste, pour rendre compte de tout ce qui parviendrait à leur connaissance. Ils auraient un chiffre.

Je désirerais aussi que, sous prétexte de sciences et de médecine, on envoyât un agent en Syrie et en Egypte. Cet agent écrirait par mes consuls et profiterait des retours des bâtiments français pour nous faire bien connaître la situation des choses de ce côté.

Saint-CloDd, !•' joillet 1810.

Monsieur le duc d'Otrante, vos services ne peuvent plus m^être agréables. Il est à propos que vous partiez sous vingt-quatre heures, pour demeurer dans votre sénatorerie. Cette lettre n*étant â autres fins, je prie Dieu qu^il vous ait en sa sainte et digne garde.

Saint-Glond, 1" juillet 1810.

Vous trouverez ci-joint une lettre pour le duc d'Otrante. Vous la Ini ferez remettre dans le jour. IVIon intention est qu'il aille dans sa

(2) Ibid.

sénatorerie. Si cependant il entrait dans son projet de voyager dans les royaumes de Naples et d'Italie, je ne m'y opposerais pas ; dans ce cas, il faudrait qu'il vous donnât son itinéraire. Vous lui ferez connaître que, s'il ne voyage pas, je désire qu'il se retire à Nice. Je n'ai pas besoin de vous dire que, se rendant comme exilé dans sa sénatorerie, il ne doit y exercer aucune influence ni recevoir aucuns honneurs. Vous aures soin que mon ordre soit exécuté, et que les vingt-quatre heures ne se passent pas sans qu'il se soit mis en route.

MINISTRE DE Lft POUCE ciNÉRALB (1).

Saint-aand, 8 jnillet 1810.

Si ce qui est dit dans votre rapport du 1" juillet, relativement à des béguines d'Anvers, est vrai, il faut faire arrêter trois ou quatre des principales, et les mettre à la maison de force de Vilvorde, et faire arrêter en même temps quelques-uns des vicaires ou prêtres qui les mènent, et les faire enfermer à Fenestrelle.

SftiBt-Clond, 3 juillet 1810.

Donnez ordre au duc de Reggîo de faire filer sur France, aussitôt qu'il aura fait son entrée à Amsterdam, tous les canons qui auraient été placés sur les lignes de cette ville et qui pourraient désormais servir contre moi. Tous ces canons, ayant été mis là en intention de révolte, seront envoyés en France.

Page 1