AU PRINCE LEBRUN
ARCHITRÉSORIBR DB l'eMPIRB, LlBirrBIIAXT GÉNÉRAL DB l'bMPBREUR EN HOLLANDE (2).
Saint-CIoud, 19 teptembre 1810.
Je reçois vos lettres du 16 et celle du directeur des douanes d'Amsterdam. Vous auriez pu faire passer mon décret dans l'Ost- Frise sans attendre 6 jours; un courrier l'eût porté en 24 heures. Mon décret a été motivé sur vos lettres et sur les réclamations des Hollandais. Je trouvais insensé qu'après les immenses avantages que je leur faisais, ils vinssent me demander que je suspendisse l'époque des payements, c'est-à-dire que je leur permisse d'attendre des fonds de leurs correspondants d'Angleterre; car les marchandises qu'ils ont en Hollande ne leur appartiennent pas ; ils ne les ont qu'en commission et en compte courant. Après les renseigne-
(i) AFiv 885.
(2) Ibid.
menfs que j*ai eus de Londres, je ne suis pas sans regretter de ne pas les avoir conGsquées.
Le ministre des Gnances donne des ordres pour faciliter les payements. On entend par payer faire sa soumission pour payer ; alors on n'est point en défaut, si les sommes n'ont pu être perçues.
Je suis fâché que la terreur soit dans Tesprit des Hollandais. Faites-leur connaître que je ne suis pas le roi Louis, et que je sais faire exécuter mes ordres. Il ne faut pas écouter de réclamations déplacées. Je ne sais pas comment un homme de votre expérience peut croire qu'il y a de la terreur parce qu'on ne peut pas payer. La terreur n'est que dans ceux qui n'ont pas le moyen de payer. Eh bien ! que ceux-là déclarent que les marchandises ne leur appartiennent pas.
Stint-CIoud. 19 septembre I8I0.
On m'assure qu'il se tient de très mauvais propos chez un marchand de vin, rue Saint-Honoré, au coin de la rue de la Bibliothèque. Faites un peu surveiller ces petits cabarets.