A H. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE
MINISTRB DBS BBMTIONS BrriRIBURES (1).
Ptrii, 24 janvier 1810.
Je VOUS ai demandé un rapport sur les affaires d'Amérique. Il est nécessaire qu'avant tout vous écriviez en chiffres en Amérique poor demander qu'on envoie à Paris un autre ministre, en portant des plaintes formelles contre celui-ci, qui n'est bon à rien. En attendant que je puisse envoyer en Amérique un nouveau ministre, envoyez un agent secondaire, qui pourra être un secrétaire de légation. II partira sur une goélette américaine et sera porteur de vos dépêches ; il portera également la lettre du ministre d'Amérique sur le séquestre de Saint-Sébastien, et votre réponse, dans laquelle vous développerez de nouveau tous mes principes sur cette matière. Tout cela demande à être fait sans délai.
Il y a dans le Publiciste un article qui parait fait en faveur des moines espagnols. Faites sentir au rédacteur l'inconvenance de pareils articles, et le risque qu'il court de faire supprimer son journal. Faites faire des articles qui peignent la férocité de ces moines, leur ignorance et leur profonde bêtise; car les moines d'Espagne sont de vrais garçons bouchers.
(i) AFiv 883.
(2) lùid. — L. DE Brotonnb, dans k Nouvelle Revue, t. LXXXVI (1894).
LETTRES INÉDITES DE NAPOLÉON l«. — 1810.
Parii, 27 janYicr ISIO.
Vous donnerez Tordre an sienr Beanfort, da département de Sambre-et-Meuse, de se rendre à Paris et d'y fixer sa résidence jusqu'à ce que je lui aie fait connaître mes intentions. Vous donnerez le même ordre au sieur Dyves, du même département, et au sieor Walderdorf, du département du Mont-Tonnerre.
Ordonnez aux sieurs Ëitschaft, Kesselstadt, Vanswieten, Dierheim, da département du Mont-Tonnerre, et Linden-Aspremont, de Sambre-et-Meuse, de se rendre à Paris et de s'y présenter devant vous. Voas leur signifierez d'établir leur domicile dans quelques villes des départements de l'intérieur, soit en Champagne, Lorraine, etc. Qaant aux sieurs Schmidborn et Kom, négociants du département de la Sarre, faites-moi un rapport particulier sur leur compte, pour me faire connaître s'il serait utile de les déplacer.
Vous aurez soin d'exécuter ces ordres avec les précautions que j'ai prescrites dans ma lettre du 21 .
Pftrit, 27 janvier 1810.
Envoyez chercher ce soir avant minuit le ministre de Hollande. Vous loi ferez connaître que mes troupes sont entrées à Breda et à Berg-op-Zoom, mais que les autorités se sont mal comportées : ce qui m'a obligé i prendre des mesures de rigueur; que j'apprends qoe les troupes hollandaises font des mouvements vers la Hollande ; qn'on a l'air de vouloir prendre une position hostile ; que je viens de donner des ordres pour faire venir, à marches forcées, de Dûsseldorf etde Hambourg, les troupes que j'y ai; qu'il reste à connaître quelle est la pensée du roi ; qu'il sera responsable du sang qui sera répandu, et que ce malheur ne tardera pas à arriver; que, après
(i) AFiv 983.
(S) Ibid.
avoir reçu le courrier du duc de Reggio, j'ai donaé Tordre à mon ministre de la guerre de communiquer au roi les dépêches de ce maréchal; que j'ai créé une armée de Brabant, et ai mis les troupes hollandaises sous les ordres du duc de Reggio ; que, si le roi veut éviter des malheurs et l'effusion du sang, il doit envoyer sur-lechamp l'ordre à ses troupes de quitter la position hostile qu'elles prennent; que le premier militaire ou bourgeois des pays situés entre la Meuse et l'Escaut qui opposera la force à la force sera passé par les armes, et que le roi sera responsable du sang qui coulera, et des malheurs qui en résulteront pour la Hollande.