GOUVERNEUR GÉNÉRAL DES DÉPARTEMENTS AU DELA DES ALPES
Le Pape souffle partout le désordre et la sédition. Je vous ai écrit pour que vous fassiez disparaître les signes extérieurs de considération, que les voitures qui lui avaient été données fussent renvoyées à Turin, et que le train de sa maison fût réduit de manière à ne dépenser que 12 ou 15,000 francs par an. J'ai donné Tordre que Té véque de Savone fût appelé à Paris, que le scellé fût mis sur ses papiers et ceux-ci remis en mains sûres, pour connaître le tripotage qui se fait par ce canal. Je vous ai écrit qu'il fallait éloigner du Pape les hommes suspects et qui Taident à tant écrire ; car il envoie partout des quatre pages de diatribes ; qu'il est même nécessaire de faire remplacer ceux de ses domestiques suspects par des domestiques étrangers, et ne souffrir aucune communication ; et que, s'il
(1) AFiv 888.
(2) Ibid
écrit des lettres, elles soient envoyées au ministre des cultes ; que le préfet seul doit avoir le droit de le voir.
Je vous ai fait connaître mes intentions sur Asti. Je suppose que Ton a saisi les papiers où sera le nœud de cette intrigue. J'ai été ici obligé de chasser un grand vicaire chez qui on a trouvé des correspondances avec le Pape.
n faut faire dire au Pape par le préfet que, puisqu'il abuse de sa liberté pour semer partout le désordre, on ne peut le considérer que comme ennemi de TÉtat et de TEmpire.
MINISTRE DB LA POLIGB GÉNéllALB (1)
Paris, 8 janvier 1811 •
Comme il est probable que le Pape aura écrit au chapitre d*Aix en Provence , envoyez par courrier extraordinaire des ordres au sous-préfet on an commissaire de police de Marseille, et, si vous ne vous fiez pas à ces individus, au préfet, pour faire appeler à Timproviste les vicaires généraux et leur demander les lettres de Savone et la correspondance qui s'en est suivie. Qu'on ne se paye point de leurs raisons, et qu'on ne les relâche point que la lettre ne soit remise, puisqu'on est certain qu'ils en ont reçu.
MAJOR GÉNÉRAL DB l'aRMÉB d'eSPAGNB (2).
Paris, 4 janvier 181 1.
Vous verrez demain dans le Moniteur des nouvelles de Portugal. Les Anglais se moquent beaucoup du général Gardanne. Cet imbécile n'était plus qu'à trois lieues du corps français sur le Zézère.
Vous trouverez la dépêche entière. Envoyez-la au général Drouet, en lui donnant l'ordre de renvoyer en France ce général, qui paraît être un archiimbécile. Envoyez des Moniteur de demain sur toute la route; envoyez-en également à Madrid.
(1) AFiv 888.
(2) Mi.
MINISTHE VE LA POUCE ciNÉBALE (I).
Paris, A janvier 1811.
J*ai aujourd'hui chassé de mon conseil le conseiller d'État
' Portalis, et lui ai donné ordre de quitter Paris dans la nuit. Faites-
.^ lui connaître que mon intention est que demain il soit parti. Il ne
s'arrêtera qu'à quarante lieues de Paris, dans une ville qu'il choisira,
et de là il vous fera connaître son arrivée.