AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON
VICE-ROI D^ITALIB (1).
Paris, 9 juif ier 1811.
Je croyais avoir répondu à la lettre que vous m*avez écrite sur votre fils. Je pense qu*il sera convenable qu'il se nomme Auguste Napoléon. Je le tiendrai avec Timpératrice. Faites-moi connaître si vous voulez attendre, pour qu'il soit baptisé, à mon premier voyage en Italie, en lui donnant les eaux; ou, si vous désirez quHl soit baptisé tout de suite, j'enverrai mes pouvoirs à quelqu'un.
MINISTRE DE LA POLICE céNÉRALB (2).
Paris, 15 janvier 1811.
L'abbé Reboul, ancien aumônier de Mesdames, venant de Trieste, a porté la bulle du Pape à Paris. Cet homme écrit beaucoup, loge à un cinquième et se montre très fanatique. Il va tous les soirs chez la mère de Mme Séguier. Il est nécessaire de soumettre cet individu i une surveillance, pour connaître son logement et savoir qui il voit; et, après l'avoir suivi quelques jours, vous le ferez arrêter hors de sa maison, dans le moment où l'on ferait saisir ses papiers. Cette arrestation doit jeter du jour sur cette intrigue. Cet abbé Reboul voit beaucoup le curé de Saînt-Roch.
Mme Séguier, femme du premier président, est extrêmement dévote. On agite chez elle beaucoup de questions relatives aux affaires actuelles du clergé. En introduisant quelqu'un dans cette société, on apprendra beaucoup de propos qui mettront à même d'apprendre beaucoup de choses sur cette affaire. Mme Séguier a
(i) AFiv 888. — Mémoires du prince Eugène, t. VII, p. i09. (2) AFiv 888.
i06 LETTRES INEDITES DE NAPOLEON I«. — 1811.
lu le bref da Pape. Il faut mettre beaucoup de circonspection dans cette surveillance, et ne vous servir de la note que je vous donne que pour avoir un œil dans cette maison. Cette affaire est de quelque importance, parce que la police doit faire là des découvertes qui pourront Tintéresser.