AU PRINCE LEBRUN
ARCHITRÉSORIBR DE l'eMPIRE, LIEUTENANT GÉNÉRAL DE l'eIIPEREUR EN HOLLANDE (2).
Paris, 13 février 1811.
Je reçois votre lettre du 9 février, où vous me faites connaître
(1) AFiv 888.
(2) Jbid.
que la populace prend parti contre les gendarmes. Vous me dites que le gendarme doit être puni. Je verrai avec plaisir la punition du gendarme, s*il est coupable; mais ce qui est indispensable, c'est de punir la populace. Vous êtes trop faible. En général, il ne faut pas prendre fait et cause pour la populace. Si le gendarme était coupable, les lois étaient là pour le punir; mais il ne faut point que le peuple se fasse justice lui-même. Avec les principes de faiblesse que vous avez, tout se perd dans un État. Faites connaître mes intentions dans ce sens au bourgmestre.
MINISTRE DE LA POUGB GÉNlâRALB (I).
Paris. 15 février 1811.
Faites arrêter le nommé Hannon, prêtre, soi-disant supérieur des Sœurs de la Charité, qui est à Amiens et qui a un bref du Pape. Vous le ferez interroger pour savoir pourquoi il a ce bref, sans qu'il ait été enregistré en mon conseil.
Voyez le cardinal Maury, et dites-lui que je n'entends pas que le deur Hannon, par la seule raison qu'il a un bref du Pape, se mêle de rien, et que mon intention est qu'il reste détenu jusqu'à ce que les affaires soient arrangées. Engagez-le à voir la supérieure et le chapitre et à faire cesser toutes ces discussions, parce que, si j'en entends encore parler, je retirerai ma protection à la congrégation, je supprimerai les traitements, et je la mettrai dans la dépendance des hospices.
11 y a une fille aux Invalides qui ne reconnaît pas la supérieure ; il faut charger le cardinal de faire finir ce scandale.