‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 103 sur 280 · A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE · texte numérisé non relu

A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADORE

Paria. 10 février 1 811.

Je VOUS renvoie les trois portefeuilles de votre correspondance. Qu'est-ce que c'est que cette prérogative de M. de Fùrstenstein de s'asseoir aux cercles de la cour de Casscl devant le corps diplomatique et les grands de l'Etat? Demandez des renseignements plus détailles sur cela. Il n'y a pas d'objection à ce que le roi exige que les femmes se tiennent debout, lorsqu'il danse. En général, un roi ne doit pas danser, si ce n'est en très petit comité ; cependant cet usage ne choque aucune convenance. Mais vous devez écrire à mon ministre de s'opposer à ce que le comte de Fùrstenstein soit appelé mon cousin^ et s'assoie devant le corps diplomatique et les grands de rÉtat. Cette prérogative ne peut appartenir a qui que ce soit en

(i) AFiv 888.

(2) Ibid, — Revue historique, t. XIX (1882), p. 100. — Une traduction allemande en a été donnée dans la Neue Freie Presse de Vienne du 27 juillet 1881.

112 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I-. — 1811.

Westphalie, parce qu'elle est contraire à toute idée reçue, et que je ne veux point qu'elle existe. Personne en France ne s'assoit à la cour, hormis les princes du sang. Les maréchaux de France ne s'assoient pas. Pour les grands dignitaires, cela tient au déco> rum de l'Empire. Et quels sont les grands dignitaires? Lorsque le roi d'Espagne, le roi de Xaples, le vice-roi d'Italie, qui sont revêtus de ces grandes dignités, s'asseyent, il est juste que les premiers grands du plus grand empire du monde, qui leur sont assimilés, s'asseyent. Mais il est absurde de donner ce privilège dans une petite monarchie; cela est contre l'opinion de l'Europe. Il y a dans cette conduite un peu de folie. Il faut que mon ministre à Casscl fasse connaître au ministre des relations extérieures de IVestphalie que mon intention est de ne point souffrir ces aberrations du roi, et que j'exige qu'il ne soit donné aucune suite à cette innovation. Parlez-en ici à MM. de Wintzingerode et de Bulow. Faites-leur entendre que le roi ferait beaucoup mieux de modeler son étiquette sur celle de la cour de Saxe que de faire à sa tête, et de se faire tourner en ridicule. Parlez sérieusement à M. de Wintzingerode là-dessus ; il devrait donner des conseils à sa cour.

7Gi. — AU PRINCE BORGHÈSE,

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