A M. GAUDIX, DUC DE GAETE
Paris, 2 mars 1811.
J'apprends avec surprise qu'on continue de frapper à la Monnaie de Rome des pièces à l'efCgie du Pape. Donnez ordre par l'estafette de ce soir que cette fabrication cesse sur-le-champ. Envoyez en toute diligence des coins, et qu'on ne fabrique plus que des pièces à mon effigie.
Paris, 14 mars 1811.
Faites mettre le séquestre sur les objets d'art et autres, qui se trouveraient à Rome et autre part, appartenant au sénateur Lucien, afin qu'ils ne deviennent pas la proie des Anglais. Vous demanderez une déclaration là-dessus au sieur Campi.
(1) AFiv 889. — L. DE Brotonne, dons la Nouvelle Rente, t. LXXWI (1894).
(2) AFiv 889.
118 LETTRES IXEDITES DE W^POLEOX I". — 1811.
Paris. 16 mars 181! .
Je VOUS prie de ne plus faire de payements à la reine d'Ëtrurie sans mon ordre; mais il faut que cela ne se sache pas. Faites-moi connaître si elle a une lettre de change sur Xice, ou s'il faut votre signature chaque fois. Lui avez-vous fait le payement de février?
Paris. 16 mars I8II.
Il y a à Dampierre chez M. de Chevreuse une imprimerie. Mon intention est que vous la fassiez enlever. Il y a une gouvernante qui est une Anglaise et quatre mauvais prêtres qui dirigent Téducation des enfants. Il n'y a point de difCculté que M. de Chevreuse ait chez lui une gouvernante et des prêtres ; mais il ne faut pas que la gouvernante soit Anglaise et les prêtres d'un mauvais esprit. Je pense que vous devez faire vérifier ces faits avant de rien faire, et m'en rendre compte. Lorsque vous m'aurez rendu compte, je vous donnerai des ordres définitifs.
Paris. 16 mars I8I1.
On me mande d'Anvers qu'il manque 250 charpentiers pour compléter les ateliers. Je désire que vous me proposiez des mesures pour faire venir ces charpentiers, de gré ou de force, de Brest, ou du Havre, ou de Rochefort, ou de Dordrecht. Faites la répartition entre les différents ports, et donnez ordre que la désignation nominative
(i) AFiv 889.
(2) Ibid,
(3) Ibid,
LETTRES INEDITES DE \APOLEOx\ K — 1811. 119
en soit faite par les préfets maritimes, et qu'ils soient envoyés sans délai à Anvers. Au lieu de 250, vous pourriez en mettre 300.
Ou me mande qu'on peut encore employer 1,000 galériens. Faites moi connaître d'où on peut les tirer, et donnez ordre qu'ils soient dirigés, sur-le-champ, sur Anvers.
MINISTRE DE LA POLICE oixÉRALE (1).
Paris, 16m«rt 181! .
Je VOUS envoie la traduction de lettres en chiffres de la reine d'Ëtrurie. Faites-en faire une copie, et renvoyez-les-moi. Si vous avez des notes qui donnent des lumières sur des passages obscurs, faites-les ajouter.
Vous pouvez lever la surveillance mise sur Aime de Charost, pour que cette dame puisse revenir à Paris et vivre comme elle l'entendra.
Ptrif. 18 mars 1811.
Je VOUS envoie une lettre d'un genre singulier. Il vous sera facile d'en trouver l'auteur, puisque c'est un curé qui écrit de Parme à quelqu'un de sa paroisse à Rome. Faites-le arrêter et enfermer au secret à Fénestrelle. C'est la seule réponse qu'on puisse faire à un pareil ' forcené. Après avoir pris connaissance de cette lettre, envoyez-la au ministre des cultes. C'est un singulier échantillon des prétentions de ces messieurs.
(1) AFiv 889.
(2) Ibid.
Paris. IS mars 1811.
Je VOUS envoie une lettre du général Molitor. Faites connaître à M. Tarchitrésorier que les mesures qu'on prend sont faibles; qu'il faut sur-le-champ arrêter les étudiants et les habitants d'Utrecht qui ont insulté les patrouilles, et les faire juger par une commission militaire.
78 i. — AU PRIVCE LEBRUX,
ARCHITRÉSORIER DE l'eMPIRE, LIEUTENANT GÉNÉRAL DE l'eMPERÊL'R EN HOLLANDE (2).
Paris. 18 mars 1811.
Vous ne me parlez pas des émeutes fréquentes qui ont lieu à Amsterdam, ni des mesures que vous prenez pour les réprimer. La correspondance du général Molitor avec le ministre de la guerre est pleine de ces événements. Il me semble que, au lieu de dissimuler de pareils crimes contre mes troopes, qui enhardissent la canaille, vous devriez prendre des mesures pour les punir.