‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 112 sur 280 · A M. DE CHAMPAGW, DUC DE CADORE · texte numérisé non relu

A M. DE CHAMPAGW, DUC DE CADORE

Paris. Il avril 181! .

Ma lettre de Lauriston pour l'empereur de Russie est faite; envoyez-la par un courrier extraordinaire à Berlin. Par ce courrier, écrivez à M. de Saint-Marsan, pour lui faire connaître que les trois divisions que la Russie avait en Moldavie sont rentrées, et que cette puissance a pris le parti de rester sur la défensive de ce côté; qu'elle s'est aussi dégarnie du côté de la Finlande ; que cette singulière nouvelle ne suppose pas cependant que la guerre doive éclater ; car les assurances de la Russie sont très satisfaisantes, et

(1) AFiv 890. — Mémoires du prince Eugène, t. VII, p. 138.

(2) Dépôt des afTaires étrangères, vol. France 1789.

TEmpereur n'a aucune raison sérieuse contre la Russie ; que cependant c'est un motif d'entendre ce que peut avoir à dire la Prusse et de pousser la discussion avec cette puissance, tant pour éviter de lui faire croire que nous rejetons ses offres, que pour savoir de quelle nature elles sont.

P«ris. U avril 1811.

Je n'ai pu lire qu'avec indignation l'article qui se trouve dans le Journal de l'Empire du 12 du courant, qui avait évidemment pour but de tourner en ridicule un aide de camp de l'empereur de Russie que j'avais entretenu la veille plusieurs heures de suite et qui m'apportait une lettre de son maître. Mon intention est que le sieur Esmenard, censeur, soit renvoyé de vos bureaux et éloigné à quarante lieues de Paris, et le sieur Etienne suspendu de ses fonctions pendant quinze jours.

Parif. 14 avril 1811.

Les sieurs François, Gautier, Materban et Rodier sont quatre prêtres résidant à la Rochelle et désignés comme dissidents et ennemis du gouvernement.

Le sieur Doucin est le chef des prêtres dissidents de la Charente- Inférieure et de la Vendée, où il fait de fréquents voyages. Il réside dans la commune de Dampierre, près la Rochelle.

A Fontenay, les sieurs Girard, Moulin et Henri, qui se tiennent tantôt à Pissotte, tantôt au Gros-\oyer, sont des prêtres dans le même cas.

Aux Herbiers, le sieur Buffart, qui se tient ordinairement dans la commune de la Verrerie, est aussi dans le même cas.

(1) AFiv 890.

(2) ibid.

12V LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX l". — 1811.

II en est de même de rancien curé de Livière, nommé Viaud, qui se tient à la Chapelle-Largeau, et du sieur Tissier, qui se tient à Courlay.

Je désirerais qu'ils fussent arrêtés simultanément, et le scellé mis sur leurs papiers, et qu'ils fussent conduits, sans qu'on sût qui ils sont, soit à Vincennes* soit dans une autre prison d'État. Tous leurs papiers seraient envoyés à Paris, où l'on en fera le dépouillement.

Mais ce n'est pas une petite chose que de les arrêter. Tous ces prêtres sont des suppôts de guerre civile, ayant des correspondances partout. On ne doit se fier ni aux préfets, ni aux juges de paix, ni à la gendarmerie locale; mais il faut employer des agents de la police de Paris, et de bons sous-ofliciers de la gendarmerie d'élite, qui aillent à la fois dans tous les lieux où sont ces prêtres, et s'en saisissent.

Cette affaire demande à être bien conduite, ou elle manquera, tant sont grands les rapports et la ruse de ces gens-là, et tant leurs cachettes sont nombreuses. Les mesures doivent être prises de manière à les enlever tous à la fois et ne pas en manquer un seul; autrement il ne faudrait rien faire.

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