AU GÉNÉRAL COMTE HULLIN
(jOUVBRXEUR du CHATEAU DE VINCENNES (I).
Saint-Gloud. 25 juillet 1811.
Je reçois la sentence de Cifenti et de Sassi délia Tosa. Vous ferez exécuter le premier, qui est un misérable espion. Pour Sassi délia Tosa, j'accorde la suspension de son exécution ; mais vous le ferez conduire jusqu'au lieu du supplice, et, après l'exécution de Cifenti, au moment où Sassi délia Tosa devra monter à l'échafaud, vous ferez paraître le page qui portera l'ordre de suspendre ; mais je veux que Sassi ait sous les yeux tout l'exemple de la punition de son crime.
(1) AFiv 892.
Saint-Gloud. 26 juillet 1811.
Je vous renvoie vos pièces sur Taffaire de la princesse Marie- Louise (2) . Je ne désire pas écrire au roi Charles sur cet objet ; mais il est nécessaire que vous,^ou la police, lui fassiez faire cette communication par le canal d'un homme un peu considérable. Il y a ici un ancien colonel espagnol, qui leur est attaché, que vous pourriez expédier à cet effet à Marseille.
Saint-Cloud. 26 joillet 1811.
Je désire que vous fassiez notifier la sentence de la commission à la reine d'Étrurie. Le jour même, elle sera enlevée et conduite en toute hâte dans une voiture à Rome. Elle n'aura avec elle qu'une femme de chambre et sa fille. Ses papiers seront saisis et envoyés au ministère. Elle sera déposée dans le couvent où se trouve une princesse de Bourbon. Sa fille restera avec elle et sa femme de chambre ; son fils sera envoyé à Marseille. Faites communiquer les pièces aux princes espagnols.
Saint-Gloud, 27 juillet 1811.
Je vous envoie les lettres des Pères de la Trappe. On m'avait déjà entretenu de cette affaire. Faites arrêter le supérieur et l'enfermer dans une prison d'État. Faites mettre le scellé sur les biens du
(1) AFiv 892.
(2) La reioe d'Étrurie.
(3) AFiv 892.
(4) AFiv 891.
couvent et disperser ces Trappistes, afin qu'il n'en soit plus question. Faites âter les habits à ces Trappistes, et faites connaître au préfet que le couvent est dissous. Il y a un couvent de Trappistes dans la forêt de Sénart; faites voir ce qui s'y fait, afin que, s'il partage les mêmes sentiments, je le fasse aussi supprimer.
MINISTRE DBS RELATIONS EXTÉRIEURKS (I).
Saint-Gloud. 20 jaillet 1811.
Donnez ordre à mon ministre à Cassel de se rendre à la foire de Brunswick, avec des agents et courtiers, pour y surveiller ce qui s'y passera. Avant de partir, il fera connaître à M. de Fùrstenstein que mon intention est que l'on confisque à cette foire toutes les marchandises anglaises qui s'y trouveront, sans avoir égard aux certificats prussiens. Parlez-en également à M. de Wintzingerode. Mon ministre restera à Brunswick pendant toute la durée de la foire.
Saint-Clond, 29 juillet 1811.
Si le sieur Lestrange n'est pas arrêté avant son entrée en Suisse, écrivez à mon ministre de le faire arrêter à Fribourg et de saisir en même temps tous ses papiers.
Vous aurez reçu mon décret pour faire passer par les armes le supérieur du couvent de Cervara et pour que les religieux soient arrêtés. Si ceux de la forêt de Sénart sont Trappistes, faites mettre le scellé sur leur maison. J'ai rapporté les dons que je leur avais faits. Ceux du Mont-Genèvre et de... (3) sont dans ce cas. Je suppose que la commission militaire fera justice de ce supérieur qui a osé ainsi prêcher la sédition. Les Trappistes ont une maison au Calvaire; ils y ont élevé trois croix, chose digne des montagnards
(i) APiv 892.
(2) Ibid.
(3) Un nom illisible.
150 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I''. — iSdll.
les plus barbares. Faites mettre le scellé sur leur maison. On m*assure qu*ils ont d'autres établissements à Paris.
8i7. — AU GÉNÉRAL SAVARY, DUC DE ROVIGO,
Saint-Clond. 29 juillet 1811.
On m'assure qu'il y a des dilapidations et du mécontentement à rÉcole polytechnique. Prenez des informations, et faites-moi connaître ce qui en est.
8i8. — AU GENERAL CLARKE, DUC DE FELTRE,
Saint-Gloud, 30 juiUet 1811.
Témoignez mon mécontentement au général César Rertbier de ce que les prêtres déportés en Corse dînent avec lui, ce qui est une inconvenance. Il ne faut pas sans doute les maltraiter; mais il ne doit pas les inviter à dîner, ni aller dans aucune maison où ils seraient invités. C'est une inconséquence.
Saint-Gloud, 1*' août 1811.
On pourrait envoyer les Trappistes qui sont à Cervara dans l'île de Capraja. Il sufBra de leur ôter leur habit ecclésiastique, de leur donner des sarraux et de les mettre dans la tour de Capraja.
(1) AFiv 892.
(2) Ibid,
(3) AFiv 893.
Saint-Cloud. 3 août 1811.
Faites arrêter un nommé Malmaison, vicaire à Paris, qui porte plusieurs noms. Il s'appelle aussi Lugo et est vicaire à Saint-AIerry. Cet homme doit être à Paris, ou à Bolbec, pays de Caux. Il est à la tête d'une association clandestine, où il paraît qu'il y a beaucoup de filles; on fait prononcer des vœux, on tient des conférences, on impose des pratiques de religion, on fait déposer des fonds. 11 faut donc dé l'adresse pour déjouer cette petite cabale, saisir le chef, avoir ses papiers, et savoir ce que veulent ces gens-là.
Saint-Cloud. 4 août 1811.
Je VOUS envoie des pièces provenant du roi de Hollande, contenant des lettres de puissances étrangères. 11 parait qu'il y a des traces de démarches faites en Prusse et en Russie contre moi.
Saiot-Cloud, 4 août 1811.
Le comte Lavallette vient de me remettre l'arrêté que vous avez pris, par lequel vous rouvrez la correspondance avec l'Angleterre, de sorte que toutes les lettres envoyées à la police, sur quelque bâtiment qu'elles arrivent, sont renvoyées à la poste pour être taxées. Le décret de Berlin est positif : toute lettre allant ou venant d'Angleterre doit être brûlée. Faites exécutera la rigueur ce décret, et ne donnez aucune suite à votre arrêté. Renouvelez vos ordres aux
(i) AFiv 893.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
commissaires de police pour Texécution stricte de mon décret. Défendez aux bâtiments à licences d*en prendre aucune ; ils ne doivent avoir que la lettre d^expédition du bâtiment.
Quant aux lettres des prisonniers, elles doivent être également brûlées, à moins qu*elles ne viennent par le cartel de Morlaix. Alors elles seront envoyées à la police, lorsqu'elles ne contiendront que des choses étrangères à la politique, et encore cela doit se faire sans éclat et par tolérance. Les prisonniers qui écriront à leur famille pour donner de leurs nouvelles, passeront par Morlaix par tolérance; mais le principe est que toute lettre venant d'Angleterre soit brûlée. C'est le décret de Berlin; il est positif.
.Sain^Gloud, 4 août 1811.
Je suis instruit qu'on tient à l'île de Ré, dans la citadelle, un grand nombre de conscrits réfractaires, et qu'ils meurent par défaut d'espace. Je ne vois pas pourquoi ils n'auraient pas la liberté d'errer dans la ville. L'ile elle-même doit être gardée par les douanes, et enfin il ne faut pas renfermer les hommes de manière que leur santé s'en ressente. Envoyez un ofScier pour vérifier les faits et y mettre ordre. J'ai beaucoup de beaux conscrits dans ces iles; il faut les conserver.
Saint-Cloud, 5 août 1811.
II est inutile que M. deMoustier se trouve avec la reine de Suède. Il n'y a aucune espèce de doute que, s'il ne peut éviter de se trouver avec elle, et qu'il soit dans le cas de lui parler, il doit l'appeler Majesté. Ce tifare lui appartient, parce que, en perdant la chose, il est d'usage que le titre reste. Une reine douairière conserve le titre
de Majesté. Si Gustave- Adolphe revient dans le pays, il doit éviter de le voir.
Saint-Cloud, 6 août 1811.
Je VOUS envoie un état des principales maisons qui ont acheté des domaines à Rome. Faites publier dans les journaux des articles sur Rome, où Ton bavarde beaucoup sur Tesprit public de cette ville, sur les changements qui s*opèrent par la culture du coton, etc., sur ceux qui ont acheté des domaines à Rome. On peut en citer les principaux acheteurs, et surtout ceux qui ont acheté des domaines ecclésiastiques.