‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 148 sur 280 · AU COMTE BIGOT DE PRÉAMEXEU · texte numérisé non relu

AU COMTE BIGOT DE PRÉAMEXEU

Paris. 14 décembre 1811.

Je VOUS renvoie votre mémoire sur la singulière prétention de l'évêque de Paderborn. Écrivez-lui par le canal de mon ministre à Cassel et demandez-lui ses lettres de vicaire apostolique, pour qu'elles soient présentées au conseil d'État. Peut-être découvrira-t-on dans ces lettres quelque renseignement utile. Elles seront présentées au conseil d'État, et serviront à faire émaner un décret sur cette matière.

Paris, 17 décembre 1811.

Les journaux de Toscane mettent dans le plus grand détail ce que

(1) AFiv 895.

(2) Ibid.

(3) Ibid. — L. DB Brotonnb, dans la NowêUe Revue, t. LXXXVI (1894).

fait la grande-duche88C. Les journaux de Paris, comme de raison, le répètent trop souvent. Il faut que vous recommandiez au directeur de la police de ne pas laisser imprimer ces bêtises. Moins on parlera de la grande-duchesse, et meilleur ce sera. Il faut qu'une chose en vaille la peine pour qu'on en parle. II faut veiller à ce que Ton n'imprime rien d'inconvenant. Je vois dans un dernier article que des équipages français ont crié : « Vive Élisa ! Vive l'Empereur! » C'est ridicule. Je rendrai le directeur de la police responsable de ce qui serait imprimé d'inconvenant. La grande-duchesse n'a pas besoin de savoir cela ; mais, si les articles venaient de ses secrétaires, vous lui feriez insinuer par quelqu'un de Paris que c'est ridicule. L'Europe s'embarrasse peu de ce que fait la grandeduchesse. Les souverains laissent imprimer ce qu'ils font; mais c'est malgré eux et pour empêcher les bruits ridicules. On laisse mettre dans les journaux que ^l'Empereur a été à la chasse, etc., parce que le public, qui n'en entendrait pas parler, ferait des nouvelles. Il y a de grands intérêts attachés à ce que font les souverains, au lieu qu'aucun intérêt n'est attaché à ce que fait la grandeduchesse.

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