A LA PRINCESSE PAULINE BORGHÈSE
FonUinebletu, 27 janvier 1813.
Je reçois votre lettre du 20 janvier. Je vois avec peine le mauvais état de votre santé. Vous auriez mieux fait de venir à Paris que de vous laisser promener de contrée en contrée par l'espérance des médecins. Vous auriez mieux fait d'aller à Nice qu'à Hyères; je ne vois pas d'inconvénient à ce que vous alliez dans cette ville.
Parii. 28 janvier 1813.
Je vous prie d'adresser au duc de Bassano toutes ces sornettes que vous m'envoyez de Vienne. Je n'ai pas le temps de lire cela; ce n'est bon qu'à charger ma mémoire de choses inutiles. Le duc de Bassano, n'ayant à penser qu'à cela, peut peser ces renseignements en les comparant avec d'autres.
L'homme qui vous écrit de Vienne est une canaille, qui ramasse cela dans les rues; cependant, ce peut être bon à envoyer au duc de Bassano.
(1) AFiv 897.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
îlî LETTRES INEDITES DE NAPOLEOX I". — 1813.
Paris. 28 janvier 1813.
Donnez ordre par estafette au général Brcnîer, commandant la 25* division militaire, de diriger, sous les ordres d'un général de brigade, 1,200 hommes d'infanterie et 50 hommes de cavalerie sur Ronsdorf, arrondissement d'Elberfeld, dans le grand-duché de Berg ; de faire désarmer cet arrondissement et dissiper le rassemblement qui s'y est formé; d'arrêter les principaux coupables; de les faire sur-le-champ juger par une commission militaire, d'en faire fusiller six, de prendre des otages, et, si les principaux coupables s'étaient sauvés, de faire brûler leurs maisons.
Le général Brenier écrira au ministre du grand-duché à Dûsseldorf, qui lui donnera 300 ou 400 hommes qu'il réunira à sa brigade. Si ce premier envoi de forces n'était pas suffisant, le général Brenier marcherait lui-même avec une brigade plus forte.
Comme beaucoup de troupes doivent être réunies à Wesel, et que cela ne les détournerait que de deux ou trois marches, il pourra même employer, avec la permission du général Lauriston, un ou deux régiments du corps d'observation de l'Elbe à cette opération.
Mandez ces mesures au comte Rœderer, mon ministre secrétaire d'État du grand-duché, pour qu'il prescrive toutes les dispositions à prendre de concert dans le grand-duché. Si le général Lauriston est encore a Wesel, le général Brenier soumettra tout à son approbation.
Le principal est que six des principaux coupables soient fusillés , qu'on prenne des otages, et qu'un exemple sévère soit donné, pour imposer à tous les malveillants de ces contrées.