‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 170 sur 280 · AU VICE-AMIRAL GANTEAUME · texte numérisé non relu

AU VICE-AMIRAL GANTEAUME

Paris, 16 fëtrier 1813.

J'ai reçu votre lettre. J'ai ordonné au comte Defermon de vous

(1) AFiv 897.

(2) Ibid, — L. DE Brotonhk, dans la Nouvelle Revue, t. LXXXVI (1894).

(3) AFiv 897.

(4) Ibid.

faire Tavance de tous vos revenas, jusques aa 1*' janvier 1813. J'ai ordonné au ministre de la marine de vous compter une gratification de 30,000 francs sur la caisse des Invalides, et à La Bouillerie de vous remettre une somme de 20,000 francs sur les fonds du domaine extraordinaire. Je suis bien aise de vous avoir donné une preuve de ma satisfaction.

Paris, 18 fëvrier 1813.

Répondez au général Vignolle que notre situation politique avec TAutriche est des plus amicales, que tous ces bruits alarmants qu'on fait courir en Italie sont propagés par les Anglais sur toutes les côtes et sur tous les points de TEmpire. Il serait convenable que vous écrivissiez dans ce sens à tous les commandants des divisions militaires maritimes, pour leur faire connaître cette tactique des Anglais.

96 i. — AU COMTE DEFERMON,

Paris, 27 février 1813.

Faites payer 300,000 francs au prince de la Moskowa à compte sur sa dotation. Vous imputerez cette somme sur ce que vous avez en caisse appartenant aux dotations. Faites exécuter le payement dans la journée, ou dans la journée de demain.

Paris. 12 mari 1813.

Vous trouverez ci-joint sous cachet volant la lettre que j'écris au

(1) AFiv 897.

(2) Ibid,

(3) Dépôt des affaires étraogères, vol. France 1790.

216 LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX I«. — 1813.

roi de Westphalie (1). Je ne la fais pas cacheter pour que vous puissiez la lire et en tirer tous les principaux arguments dont mon ministre à Cassel devra se servir. Qu'on me cite un seul exemple, depuis que le monde est monde, d'une armée qui ait pu être approvisionnée autrement que par des magasins réunis de longue main, ou par des réquisitions sur le pays, à défaut de magasins. En cas d'urgence, ces magasins sont toujours formés par réquisition ; car alors les prix seraient portés par la concurrence à une élévation qui serait hors de toute proportion avec la valeur des denrées. En 1809, je n'en ai pas agi autrement pour l'approvisionnement des places d'Italie. En France même, lorsque l'armée s'est portée du camp de Boulogne sur l'Alsace, je n'en ai pas agi autrement. Les Bavarois, le grand-duc de Francfort, le duc de U urtzbourg n'en agissent pas autrement. 11 n'y a que le gouvernement de Westphalie qui se fasse des idées folles à cet égard, par ignorance des choses. Lorsque les Russes étaient en Autriche comme alliés, lorsqu'ils étaient en Prusse comme alliés, ils n'en agissaient pas autrement; ils donnaient des bons. Lorsque le roi de Westphalie fait manquer toutes les mesures que Ton prend pour défendre son royaume, croit-il rendre un service à son pays, en l'exposant ainsi à être évacué par nous et à devenir la proie de l'ennemi? Mandez donc à mon ministre qu'il insiste pour que ce système de réquisition soit promptement mis en vigueur. 11 faut cependant qu'on ne fasse de réquisition que ce qui est nécessaire pour avoir deux mois de vivres a l'avance, et qu'on y fasse contribuer tous les petits princes qui environnent la Westphalie. Fournissez ainsi des arguments à mon ministre à Cassel. Parlezen aussi à M. de Wintzingerode ; faites-lui comprendre qu'il n'est pas question de discourir, mais de fournir aux troupes ce qui leur est nécessaire ; sans quoi elles le prendront, pilleront et dévasteront le pays ; que j'aurais ordonné le payement de l'arriéré que réclame le roi, s'il y avait quelque chose de positif dans cette réclamation ; mais cnGn que ces histoires d'intérêt peuvent toujours s'arranger, tandis que ce qui ne peut se retrouver, c'est un temps aussi précieux perdu en discussions ridicules. Le roi de Westphalie est le seul prince de la Confédération qui fasse de ces difGcultés. On n'en éprouve ni en Saxe, ni en Bavière, ni dans aucun pays. La Saxe voudrait bien que toute l'armée française fût de son côté pour couvrir Dresde ; elle souscrirait volontiers à nourrir l'année et même à en payer la moitié de la solde pour avoir cette protection et ne pas risquer,

(1) Publiée dans la Correspondance, sous le n® i9706.

comme aujourd'hui, d'être livrée aux réquisitions et aux contributions des Russes.

Faites de tout cela une dépêche très détaillée ; ajoutez-y tous les arguments que vous fournira votre propre expérience, et faites-en le sujet d'une conversation avec M. de Wintzingerode. Qu'ils comprennent qu'il faut laisser là tous ces chiffons et que, lorsque le feu est à la maison, il faut d'abord l'éteindre.

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