‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 18 sur 280 · A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADOHE · texte numérisé non relu

A M. DE CHAMPAGNY, DUC DE CADOHE

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Pari». 2G féfrier 1810.

Je désire que vous me présentiez dans la journée un projet de circulaire bien fait, à adresser à mes ministres et consuls, dans laquelle vous donnerez le motif raisonné de mon alliance avec l'Autriche. Cette circulaire ne devra point être imprimée; mais elle servira de langage à mes ministres.

Vous y direz qu'.un des principaux moyens dont se servaient les Anglais pour rallumer la guerre du continent, c'était de supposer qu'il était dans mon intention de détruire les dynasties. Les circonstances m' ayant mis dans le cas de choisir une épouse, j'ai voulu

(1) AFiv 883.

(2) Ibid, — Une traduction allemande de cette pièce a été publiée dans la Seue Frète Presse de Vienne du 27 juillet 1881.

leur ôter le prétexte funeste d'agiter les nations et de semer les discordes qui ont ensanglanté TEurope. Rien ne m'a paru plus propre à calmer les inquiétudes que de demander en mariage une archiduchesse d'Autriche. Les brillantes et éminentes qualités de Farchiduchesse Marie-Louise, dont il m'avait été particulièrement rendu compte, m'ont mis à même d'agir conformément à ma poli* tique. La demande en ayant été faite, et consentie par l'empereur d'Autriche, j'ai fait partir le prince de Neuchdtel pour en faire la demande solennelle et assister comme témoin au mariage qui sera fait à Vienne, le G mars, par un archiduc muni de ma procuration. J'ai été bien aise de cette circonstance pour réunir deux grandes nations, et donner une preuve de mon estime pour la nation autrichienne et pour les habitants de la ville de Vienne. Vous ajouterez que je désire que leur langage soit conforme aux liens de parenté qui m'unissent à la maison d'Autriche, sans cependant rien dire qui puisse altérer mon intime alliance avec l'empereur de Russie. Vous écrirez particulièrement à mes ministres a Stuttgart, à Munich et à Carlsruhe, pour leur faire connaître l'itinéraire de l'impératrice et leur donner des instructions détaillées sur l'étiquette à suivre dans ces cours à son passage. Il est inutile de s'attacher à ce qui a été fait pour moi; n'y ayant passé que dans des voyages pour affaires, je ne me suis mêlé en rien de l'étiquette; étant beaucoup occupé, je ne me suis attaché à rien de ce qui la concernait. Mais, pour l'impératrice, c'est différent. Il faut bien décider comment l'impératrice doit être reçue, si elle doit faire une visite aux reines pen-* dant qu'elle sera à Munich et à Stuttgart. Mon intention est que Ton en agisse à son égard comme l'on eût agi autrefois pour l'impératrice d'Allemagne.

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