‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 201 sur 280 · IMPÉRATRICB-REINE ET RÉGENTE · texte numérisé non relu

IMPÉRATRICB-REINE ET RÉGENTE

Dresde, 27 teptembre 1813.

Vous irez présider le Sénat ; vous y tiendrez le discours ci-joint. Le ministre de la guerre fera un rapport, et les orateurs du conseil d'Etat présenteront le sénatus-consulte pour la levée de la conscrip-

(1) AFiv »03.

(2) Ibid. — A. Du Casse, Le général Arrighi de Casanova, duc de Padoue, t. II. p. 393.

(3) AFiv 903.

tion. Vous irez dans les voitures de parade, avec toute la pompe convenable, et comme il est d'usage quand je vais au Corps législatif.

P.'S. — Le discours ayant dû être chiffré, le duc de Bassano le fera déchiffrer et l'enverra à Tarchichancelier, qui vous le remettra.

1090. — AU PRIXCE DE XELCHATEL,

\IAJ0R GÉNéRAL DE L.^ GRANDE ARMÉE (1).

Dresde. 4 octobre 1813.

Vous trouverez ci-joint les rapports du général Chastel et du général Reiset. Témoignez mon mécontentement au général Chastel de la conduite qu'il a tenue, et donnez-lui ordre de retourner surle-champ au bord du fleuve. J'avais droit d'attendre d'un général de division plus de zèle pour mon service. Comment n'a-t-il pas envoyé sur-le-champ un officier à l'état-major général, et un au général Souham, pour faire connaître le passage de l'ennemi? Comment a-t-il pu pousser la prudence jusqu'à se croire compromis, quand l'ennemi n'avait pas encore commencé son pont? Je ne sais en vérité comment taxer une conduite aussi pusillanime et une telle négligence. Écrivez au duc de Raguse que, si en effet l'ennemi a jeté un pont à Mùhlberg, il marche sur-le-champ à lui pour le culbuter. Donnez ordre au général Reiset de retourner à son poste. Ecrivez au général Souham que, si l'ennemi a effectivement jeté un pont à Mùhlberg, il doit se porter sur lui avec les divisions Ricard et Delmas et son artillerie de réserve, pour le rejeter sur la rive droite et détruire son pont. Faites-lui connaître que cette opération est très pressante. Donnez également ordre au général Chastel de retourner h. son poste.

1091. — A JOACHLM .XAPOLÉOX,

ROI DE XAPLES (2).

Dresde, 6 octobre 1813.

Je donne ordre au sieur Peyrusse, préposé du payeur de la cou- Ci) AFiv 90V (2) lùid.

LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX I". — 18 J 3. 291

ronne, de tenir à votre disposition les 60,000 francs que vous désirez.

1092. — AU PRLXCE CAMBACÉRÈS,

ARCIIICIIANCEMER DE l'eMPIRE (1).

Erfurt, 23 octobre 1813.

Je ne conçois rien à la restriction de ne pas publier tous les discours prononcés au Sénat, sous le prétexte qu'ils doivent auparavant être vus ici. Ce prétexte est ridicule. La régente a assez de jugement pour voir s*il y a quelque chose d'inconvenant. Maintenant il n'est plus temps de les publier. Cette manière de traiter les affaires, dans le temps où nous sommes, ne produit aucun bien et fait même du mal.

Erfurt. 23 octobre 1813.

La démarche que vous avez fait faire auprès du roi d'Espagne est inconvenante sous tous les points de vue. Puisque vous connaissiez l'objet de ses voyages à Paris, vous deviez paraître les ignorer. 11 y a dans cette conduite peu de tact de votre part. L'art de la police est de ne pas voir ce qu'il est inutile qu'elle voie.

109i. — A MADA.ME LA COMTESSE DE MOXTESQUIOU,

ilayeoce, 3 novembre 1813.

Je reçois votre lettre du 29 octobre. Je vois avec plaisir que la chute du petit roi n'a pas eu de suite. On me dit tant de bien de lui que cela accroît mon désir de le voir, et les obligations que je vous ai.

(1) .-IFiv 904.

(2) Ibid. — L. DK Broto.\.\b, dans la Nouvelle Revue, t. LW.Wl (1894). (:i) .-IFiv 904.

292 LETTRE IXEDITfô DE XAPOLEOX I-. — 1813.

ARCIIICIIANCELIER DE l'eMPIRE (1).

\Iayeoc«, 5 notembre 1813.

Je VOUS envoie une lettre du roi Louis qui me parait une folie. Je suppose que ce prince n'est pas venu à Paris. S'il y vient comme prince français, mon intention est d'oublier toutes ses sottises, tout ce qu'il a imprimé, et de Ty recevoir. S'il y vient comme roi de Hollande, et qu'il veuille persister dans cette chimère, il ne doit pas être reçu. S'il avait fait la sottise de venir, on ne doit lui faire aucune visite, et il faut qu'il reste incognito cbez Madame à Pont. L'impératrice surtout ne doit pas le voir.

109G. — Ai: PRIXCE CAMBACÉRÈS, arciiiciiaxcelikr de l'empire (2).

Mayence, G novembre 1813.

Je vous envoie sous cachet volant une lettre à Madame. Vous la lirez, la cachetterez, et vous en conférerez avec Madame.

Si Louis vient comme prince français, il me l'écrira, et aussitôt que vous aurez sa lettre, il pourra être présenté à l'impératrice et entrer en jouissance de son apanage.

Si, au contraire, Madame ne peut rien obtenir, et qu'il vienne pour troubler ma tranquillité, et avec ce système insensé qui lui a été suggéré par l'Autriche et par les ennemis de la France, j'attends de Madame, qui, jusqu'à cette heure, ne m'a rendu aucun service auprès de ses (ils, qu'elle obtienne de lui qu'il s'éloigne et que je n'en entende plus parler.

Si, 48 heures après celle démarche, Louis est encore à Paris et n'a pas déclaré qu'il vient comme prince français, vous vous rendrez chez lui avec le vice-grand électeur, le président du Sénat, le grand juge et le secrétaire de la famille impériale, et vous lui ferez sommation de reconnaître les lois de l'Empire, de rester en France comme prince français, et de reconnaître le sénatus-consulte de

(1) AFii- *59.

(2) lùid.

LETTRES IXÉDITES DE XAPOLÉON I". — 1813. 293

réunion de la Hollande. A défaut de le faire, procès-verbal en sera dressé, et immédiatement après, il sera arrêté et conduit incognito au château de Compiègne.

Tenez un petit conseil avec le prince de Bénévent, le président du Sénat, le grand juge et le comte Regnaud. Montrez-leur la lettre que le roi m'a écrite, la lettre que j'écris à Madame, et celle-ci. 11 est affreux qu'il choisisse ce moment pour venir m'insulter et déchirer mon cœur, en m'obligeant à un acte de sévérité; mais c'est dans ma destinée de me voir constamment trahi par l'affreuse ingratitude des hommes que j'ai le plus comblés de bienfaits, surtout par celui-ci, pour l'éducation duquel je me suis privé, à l'âge de vingt ans, de tout, même du nécessaire. Vous savez que les libelles qu'il a publiés contre moi ont été imprimés avec emphase par l'Autriche, après la déclaration de guerre, et comme pour noircir mon caractère et accroître l'animosité qui éclatait de tous cotés.

Mon intention bien positive est, aussitôt que Louis aura déclaré qu'il ne reconnaît pas le sénatus-con suite, et que, dès lors, il se sera mis en rébellion contre les lois de l'État, de le déclarer déchu de ses droits au trône. Vous sentez que je n'exige pas même cette déclaration de la reconnaissance de la Hollande, s'il rend inutile votre enquête ofOcielle et déclare, dans une lettre qu'il m'écrira, qu'il vient, comme prince français, se réunir au trône et offrir son bras pour défendre la patrie.

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