AU BAROX DE LA BOUILLERIE
TRÉSORIER GÉNÉRAL DE LA COt'RONXE (3).
Paris, 23 notembre 1813.
Le domaine extraordinaire doit avoir, appartenant à différents donataires, des sommes assez considérables; par exemple, je sais que, pour le prince de Neuchàtel, il y a près de 1,500,000 francs. Je ne crois pas que ce soit vous qui ayez cet argent, puisque je n'en vois aucune trace dans vos comptes ; je crois qu'il est à la caissç d'amortissement ou à la caisse de service. Faites-moi connaître si, avec cet argent, il y aurait moyen de soutenir un peu le crédit du 5 pour 100, et quelle somme il faudrait.
(1) AFiv 90V.
(2) Ibid.
(3) Ibid.
300 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I". — 1813.
1109. — AU PRINCE EUGÈXE XAPOLEOX,
VICE-ROI d'iTALIE (1).
Paris. 25 novembre 1813.
Vous recevrez un paquet contenant un million de papier de Vienne ; faites-en Tusage convenable.
ministre de la police générale (2).
Paris. 25 novembre 1813.
Faites arrêter Tabbc de Boulogne, ancien évéque de Troyes, et faites-le mettre où il était. Faites en sorte de saisir ses papiers, ainsi que dans les lieux où il pourrait en avoir de déposés. Que cette opération se fasse promptement et secrètement.
1111. — AU COMTE DE MOXT.UIVET,
ministre de i/intérieur (3).
Paris. 6 décembre 1813.
Il y a encore à Turin 55 caisses de papiers provenant des archives pontiOcales; faites-les 01er sur Chambéry.
ministre de la police générale (4).
Paris. 6 décembre 1813.
On travaille la Belgique, que T Angleterre voudrait faire soulever. J*ai donné ordre au ministre de la guerre d^envoyer le général Henry
(1) AFiv 004. — Mémoires du prince Eugène, t. IX, p. 465.
(2) AFiv 004.
(3) AFiv 005.
(4) Ibid.
LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX I*'. — 1813. 301
à Bruges avec une centaine de gendarmes d'élite. II sera soutenu par les 1 ,500 hommes de garde nationale qui arrivent de Cherbourg et seront sous ses ordres. Il fera d'abord rejoindre tous les conscrits rcfractaires et les déserteurs ; il prendra toutes les mesures nécessaires pour faire arrêter sur tous les points les individus qui sont prévenus d'être agents de l'ennemi. J'ai ordonné que le général Saunier se portât également avec une colonne mobile dans les départements des Deux-Xèthes et des Bouches-de-l' Escaut. Mais ces mesures ne sont pas sufOsantes; il faudrait que quelques agents principaux de police, et même un fonctionnaire d'un rang élevé, se rendissent dans la Belgique pour pourvoir aux besoins des circonstances. Il y a des hommes à arrêter; il n'y a aucun doute qu'il n'y ait beaucoup d'agents anglais dans ce pays. Il faut que les colonnes mobiles aient des conseils militaires pour faire prompte justice des malintentionnés et des réfractaires qui résisteraient. Concertez-vous avec les ministres de la guerre et de l'intérieur pour me proposer des mesures pour la Belgique. Vous vous réunirez chez celui des trois ministres qui est le plus ancien. Faites cette assemblée demain, et apportez-moi cela au travail de mercredi.
]aiMSTRE DK LA GUERRE (I).
Paris, 6 décembre 1813.
Je reçois le rapport relatif au major d'Ambrugeac. Qu'est-ce que ce major? Est-ce celui qui a épousé la OUe de Mme de Marbeuf et qui a été longtemps en Andalousie? Faites une enquête sur ce major et sur sa famille.
Je vous ai donné l'ordre de vous concerter avec le ministre de la police, et je vous le répète, pour qu'on arrête tous les gardes d'honneur hollandais, et qu'on les retienne dans les prisons d'Arras comme otages des Français qu'on a retenus en Hollande.
(l) .^Kiv 905.
302 LETTRES INEDITES DE X.^POLEOX I '. — 1813.
Paris, 7 décembre 1813.
J'ai reçu votre lettre du 1*' décembre, relative aux déserteurs. Avez-vous compris dans le nombre ce qui a Ole de la grande armée sur les hôpitaux et, de là, dans Tintérieur? J'évalue cela à plus de 80,000 hommes. Je vous ai donné des ordres pour que ceux qu'on trouverait s'en allant soient décimés, et qu'on en fusille quelques-uns.