‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 211 sur 280 · TRÉSORIER GÉNÉRAL DE LA COURONNE · texte numérisé non relu

TRÉSORIER GÉNÉRAL DE LA COURONNE

Reims, 14 mars 1814.

Vous avez bien répondu au roi. Mon intention est que vous

(1) AFiv 906. — Tancrède Martel, OEuvres iittéraires de NapoUon, t. II, p. 328.

(2) Le roi Joseph.

(3) AFiv 906.

3î0 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I". — 181*.

n^avanciez aucun fonds sans un ordre de moi, et, en cas d*urgenie nécessité, d'une signature de la régente, qui a seule Fautorité, moi absent, et en qui seule réside entièrement ma confiance.

SIIMSTRE DE L\ GlERRE (1).

Reims. 14 ntrs 1814.

Je ne sais pas ce que c'est que le nommé La Beaumelle ; a-t-il passé par les examens? En général, je n'approuve point qu'il y ait autour du roi aucun individu, militaire ou civil, ayant servi auprès de lui en Espagne; ces gens-là ont un esprit particulier; cela sent la faction, et je ne veux point de factions. Mon intention est même que la plupart de ses aides de camp, qui ont été en Espagne, soient employés à l'armée, et qu'il en prenne d'autres.

Je ne puis que vous désapprouver d'avoir, sans mon ordre, donné une mission à Faipoult. Vous ne devez recevoir d'ordre que de moi, et, en cas d'urgence, que de la régente, qui a seule et exclusivement ma confiance. Toute autre marche est illégale et contraire à mes intentions.

LIELTEN.^NT GÉNÉRAL DE l'eMPERELR A PARIS (2).

Reims. 14 man 1814.

J'ai reçu votre lettre du 12 mars. Je suis fâché que vous ayez fait connaître au duc de Conegliano ce que je vous ai écrit ; je n'aime pas ce caquetagc. S'il entrait dans mes vues de mettre le duc de Conegliano ailleurs, le bavardage de Paris n'y ferait rien. La garde nationale de Paris fait partie du peuple de France, et, tant que je vivrai, je serai le maître partout en France. Votre caractère et le mien sont opposés : vous aimez à cajoler les gens et à obéir à leurs idées; moi, j'aime qu'on me plaise et qu'on obéisse aux miennes. Aujourd'hui comme a .^usterlitz, je suis le maître.

(l)AFiv906.

(2) Mémoires du roi Joseph, t. \, p. 198. — Baron Du Casse, Supplément à la Correspondance.

LETTRES INEDITES DE \.\POLEO\ I*'. — 1814. 321

Xe souffrez pas que personne cajole la garde nationale, ni que Regnaud ou tout autre 8*en fasse le tribun. Je suppose cependant qu*ils font une différence du temps de La Fayette, où le peuple était souverain, avec celui-ci, où c'est moi qui le suis.

J'ai pris un décret pour lever dans Paris 12 bataillons de la levée en masse. Il faut donc qu'on n'arrête l'exécution de cette mesure sous aucun prétexte. J'écris à ce sujet mes intentions aux ministres de l'intérieur et de la police. Si le peuple s'aperçoit que, au lieu de faire ce qui lui est utile, on cherche à lui plaire, il est tout simple qu'il se croie souverain et ne conserve qu'une pauvre idée de ceux qui le gouvernent.

MINISTRE DR lA C.L'fcltRB (1).

Reims, 15 mari 1814.

Vous pouvez ordonner qu'à mesure que les prisonniers passent, on leur ôte leurs shakos et leurs bonnes capotes, pour les donner aux soldats et gardes nationaux qui en manquent.

1149. — AU PRINCE CAMRACÉRÈS,

ARCHICHAXCELIER DE l'eMPIRB (2).

Reims. 16 mars 18U.

J'ai reçu vos trois lettres. On n'a calomnié personne auprès de moi; car tout ce que je sais de l'affaire, je le sais par une lettre de Meneval, qui a été suivie six heures après d'une lettre de l'impératrice. Je suis assuré qu'on ne vous a pas fait confidence de ces projets insensés, parce qu'on était sûr d'avance que vous les blâmeriez.

Le ministre de la police me fatigue par ses petites passions. Je ne connais pas d'homme plus petit ni plus partial ; il partage toutes les petites haines de sa femme. Elle en veut à la duchesse de Montebello, et toute la journée il m'écrit contre la duchesse. Il se mêle

(i) AFiv 906.

(2) Ibid.

T. II. ti

322 LETTRES LXEDITËS DE XAPOLEOX I*'. — 1814.

de choses misérables dont il ne devrait pas se mêler, au lieu de surveiller les maires qui se comportent mal, et d'avoir Tœil sur les grandes aflaires de TEtat.

LIELTRNAXT GENERAL DE l'eUPEREUR \ PARIS (1).

Fontainebleau, 2 atril 1814.

Je vous ai fait écrire par le grand maréchal sur la nécessité de désencombrer Blois. Que le roi de Westphalie aille en Bretagne ou du côté de Bourges.

Je pense que Madame ferait bien d'aller visiter sa fille à Nice, et la reine Julie et vos enfants de se rapprocher de Marseille.

La princesse de Xeuchàtel et les femmes des maréchaux doivent aller dans leurs terres.

Il est naturel que le roi Louis, qui a toujours cherché à habiter les pays chauds, aille à Montpellier.

Il est nécessaire d*avoir le moins de monde possible sur la Loire, et que chacun se case sans exciter de rumeur. Toute colonie émigrante en occasionne toujours chez les habitants.

La route de Provence est libre aujourd'hui et peut ne Tétre pas un jour.

Dans la note des ministres, vous ne me parlez pas de celui de la police. Est-il arrivé ? Je ne sais pas si le ministre de la guerre a son chiffre. Je n'en ai pas avec vous; ainsi je ne peux pas vous écrire des choses importantes, faute de chiflrc.

Recommandez à tout le monde la plus stricte économie.

(1) AFii 906. — Tancrède Martel. OEuvres lUUraires de Napoléon, t. II, p. 330.

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