‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 22 sur 280 · A M. FOUCHE, DL'C D'OTRANTE · texte numérisé non relu

A M. FOUCHE, DL'C D'OTRANTE

Parif. 12 mari 1810.

Je me plains souvent des journaux ; mais je crois qu'on ne leur a jamais donné des ordres assez positifs. Voici ce qu'il faudrait écrire aux rédacteurs :

Les rédacteurs ne doivent publier aucunes nouvelles relatives à des choses que j'ai faites, tirées soit des journaux étrangers, soit des correspondances étrangères. Cela n'est pas difficile à faire. Si un journal étranger dit que j'ai été à la Comédie, les journaux français ne doivent pas le répéter ; que j'ai fait un traité, pris tel ou tel acte, ils ne doivent pas le dire ; car une chose relative au gouvernement ne doit pas venir de l'étranger. Ainsi, en suivant cette règle, la moitié des plaintes auxquelles donnent lieu les journaux n'existeraient pas. Il est ridicule que ce soit dans un journal d'Allemagne qu'on apprenne que j'ai envoyé des tapisseries des Gobelins à l'empereur d'Autriche. Il est évident que le journaliste qui tire une pareille nouvelle d'un journal allemand, est un imbécile et n'est pas admissible à justification.

Page 1