COMMANDANT LA 15* DIVISION MILITAIRE, A ROUEN
Paris, 25 mai 1815.
Je reçois votre lettre du 23 mai. Envoyez-moi le nom de tous les employés de fiaances qui sont les plus mauvais ; mais tâchez de ne pas vous tromper; je les destituerai. Envoyez-moi des détails sur la famille Duchàtel, et faites-leur connaître que, s'ils ne vont pas mieux, ils seront tous destitués. Envoyez-moi aussi Tétat de tous les généraux qu'il faudrait changer. En général, vous me parlez trop vaguement.
Vous devez avoir reçu le décret par lequel j'institue une commission de haute police que vous présiderez. Eloignez de vos départements tout ce qui serait mauvais. Il est urgent que vous fassiez partir vos bataillons de garde nationale pour Dunkerque. Les vieux militaires que vous faites rejoindre, dirigez-les sur Paris; ce sera un véhicule pour partir.
Je vous ai envoyé de nouveaux préfets. Concertez-vous avec eux et avec la commission de haute police. Faites tenir des procès-verbaux de vos délibérations, et tout ce que vous demanderez sera fait. Changez Tcsprit de cette belle province, où le peuple est si bon.
1215. —A M. FOLCHÉ, DUC D'OTRANTE.
MINISTRE DE LA POLICE céNÉRALB (2).
Paris. 29 mai 1815.
Je VOUS envoie une lettre du préfet de la Sarthe. Témoignez-lui mon mécontentement. Je ne reconnais pas là le commissaire de police de Boulogne. Comment se laisse-t-il surprendre ainsi par les événements, sans avoir pris aucune mesure, sans avoir même organisé, dans tout son département, un bataillon de garde nationale pour le garder? Cette conduite est celle d'un administrateur bien faible, ou d'un sot.
(1) AFiv 908.
(2) Ibid,
LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX I". — 1815. ;i53
1216. —A M. FOLCHÉ, DUC D'OTRANTE.
Paris. 29 mai 1815.
Faites arrêter aujourd'hui à la pointe du jour l'imprimeur Dentu et le sieur Kergorlay comme complices de la conspiration de la Vendée.
Faites arrêter également le sieur Beaucé, directeur du Censeur des censeurs^ et son imprimeur.
11 serait bien temps cependant que la police ne laissât pas prêcher la guerre civile impunément. Nous sommes de toutes parts environnés d'insurrection par suite de cette inconcevable faiblesse; il faut que cela Gnisse.