AU PRI\CE EUGENE NAPOLEON
viCE-Roi d'itame (2).
Paris. 3 avril 1810.
J'apprends que le cardinal Oppizoni ne s*est pas rendu à mon mariage. Il le devait dans sa triple qualité de cardinal, de sénateur et d'évéque d'une de mes principales villes. Vous Ten verrez chercher, et vous lui ferez connaître qu'il ait à donner avant ce soir sa démission d'archevêque de Bologne.
Vous lui ferez connaître toute mon indignation de son infâme conduite, lui qui est tout couvert de mes bienfaits, que j'ai fait cardinal, archevêque et sénateur, que j'ai protégé, et dont j'ai couvert les infâmes débauches en intervenant de mon autorité et en interrompant le cours de la justice criminelle à Bologne.
Vous aurez soin, par l'estafette de ce soir, d'envoyer sa démis-
(i) AFiv 883. — Gkpprot db Grandhaison, Les cardinaux noirs. (2) Ihid. — Mémoires du prince Eugène, t. VI, p. 326
sion et de veiller à ce que le chapitre nomme sur-le-champ des vicaires qui soient convenables.
Vous ne manquerez pas de lui faire sentir qu'il ne s*agit pas d'hésiter, et qu'il ne voudrait pas être archevêque malgré moi, après le manquement dont il s'est rendu coupable.
GOO. — A M. FOUCHÉ, DUC D'OTRAOTE,
MINISTRE DK LA POLICE GKNRRALK (1).
Paris. 4 avril 1810.
J'ai pris pour principe d'éloigner de Paris les personnes dont la présence y est absolument incompatible avec la tranquillité publique, avec la ferme résolution de ne point les y laisser revenir. Cependant, vu les circonstances, j'accorde la faculté de revenir à Paris à l'abbé de Montesquiou, au sieur Rohan-Chabot (Léon) et à son épouse, et au sieur Tourzel et à son épouse née Pons, espérant qu'ils montreront d'autres sentiments et se comporteront comme ils le doivent.