AU PRINCE EUGÈNE NAPOLÉON, VICE-ROI d'italib
Rambouillet, 8 juillet 1810.
Je reçois votre lettre du 4 juillet. Je vois qu'il y a dans les trois nouveaux départements d'Italie trois archevêchés, dix-sept évêchés et une abbaye. Il faut d'abord me présenter un projet de décret pour supprimer l'abbaye, et demander le serment des évêques et archevêques. Vous tâcherez qu'il y en ait trois ou quatre qui le prêtent. Les sièges de ceux qui refuseront de prêter le serment seront réunis, comme je l'ai fait dans les deux départements romains.
Le ministre des cultes vous enverra une copie de tous les actes que j'ai pris sur Rome, afin que tout soit fait sur le même pied. Mais ces mesures sont urgentes; car, sous un mois ou deux, je finirai par m'accommoder avec le Pape ; il faut que ces choses-là soient faites avant.
(t)AFiv884.
(2) !bid. — Mémoires du prince Eugène, l. VI, p. 3 VI.
T. If. 4
50 LETTRES INEDITES DE NAPOLEOX I*. — 1810.
Gi8. — AU GÉ\ÉRAL CLARKE, DUC DE FELTRE,
Rambonillet. 8 juillet 1810.
Je reçois votre lettre avec celle du duc de Reggîo. Envoyez-lui un ofGcier pour lui foire connaître que je m*occuperai des affaires de Hollande dans la journée. Il est important : 1* qu'il fasse garder parfaitement les côtes, pour empêcher la contrebande, surtout du côté d'Emden; 2** quUl mette un embargo sur les ports, pour qu'aucun individu ne puisse sortir et que rien ne passe en. Angleterre; 3*, et ceci est le principal, qu*il ait Tœil sur le prince royal, qu'il ne le remette à personne qui viendrait le demander de la part du roi, et le retienne pour ne le remettre qu'aux ofGciers que l'Empereur enverra le chercher. Qu'il rassure le pays et parle toujours dans le sens de la réunion, en faisant comprendre que ce n'est qu'en unissant nos moyens qu'on pourra faire du mal à l'Angleterre, et que les Hollandais ne pourront trouver des ressources pour exercer leur industrie que dans leur réunion à l'Empire.
G 49. — AL COMTE LAURISTOX.
AIDE DE CAMP DE l'eMPEREI R (2).
Rambouillet. 10 juillet 1810.
Vous partirez sur-le-champ pour Amsterdam. Vous prendrez dans mes écuries une bonne voiture; vous aurez soin de vous munir de 1,000 napoléons, afin de n'avoir dans aucun cas besoin d'argent.
Vous vous rendrez à Amsterdam. Vous remettrez les lettres cijointes au duc de Reggio et à Mme de Boubers (3), et vous ramènerez le grand-duc de Bcrg à Paris.
Eu passant a Paris, vous prendrez une douzaine d'exemplaires du Moniteur, que vous porterez avec vous a Amsterdam. Si rien ne s'y oppose, vous resterez en Hollande le temps suffisant pour savoir ce qui se p<'isse.
(1) AFiv 884.
(2) lùid.
(3) Gouvernuute du priuco royal de llullandc, graud-diic de Berg, fils du roi Louis et de la reine Hortense, et alors seul héritier du trône impérial.
LETTRES INEDITES DE NAPOLEOX I-*. — 1810. 51