AU COMTE BIGOT DE PREAMEMEU
MINISTRR DKS CULTKS (1).
Rambouillet. 17 juillet I8I0.
Je crois inutile de faire venir Tévêque de Foligno à Paris. Retenezle à Plaisance ou à Coni, où il séjournera jusqu'à nouvel ordre.
Demandez au général Miollis un rapport sur le serment du curé et des vicaires, et qu'il me mette sous les yeux ce qu'il y a pour et contre le serment.
G54. — AU PRIXCE LEBRUX,
ARCIIITRÉSORIKR DR i/kMPIRK, LIKUTKN'ANT GÉNÉRAL DR l'rMPKRRLR E\ IIOLLANDR.
Saint-Clood. le 17 juillet 1810. à minuit.
J'ai reçu votre lettre du li, j'ai vu avec plaisir votre arrivée et la bonne réception que l'on vous a faite à Amsterdam.
Mon intention est de conserver le palais d'Amsterdam dans l'état où il est, et de n'en faire vendre ni retirer aucun meuble. Je donne ordre au comte Daru de s'y rendre. Il n'y a point de difGculté que vous y logiez; il serait inconvenant de le démeubler. Je le garde pour moi, comptant y aller dans six semaines ou deux mois.
Faites connaître aux domestiques du palais que je les prends à mon service avec leurs gages; les hommes et les chevaux m'appartiendront. Le comte Daru réglera tout cela à son arrivée ; vous vous entendrez avec lui pour qu'il mette à votre disposition les chevaux dont vous aurez besoin, sans qu'il vous faille en acheter.
Envoyez-moi à Paris les deux jeunes gens qui sont au cabinet du roi, avec tous les papiers particuliers du roi qui seraient au cabinet ou ailleurs, en y faisant apposer les scellés. Je verrai à Saint-Cloud ce que j'en ferai. Envoyez également à Paris tout ce qui appartenait au roi avant qu'il montât sur le trône.
Ecrivez au médecin Latour que non seulement je lui permets d'aller auprès du roi, mais même que je le désire; que ce prince m'est toujours cher; que je verrai avec plaisir qu'il reste auprès
(!) AFiv SaV.
de lui et lui donne des soins ; que je regarderai comme personnels tous les services qu'il lui rendra.
Je pense que le titre de Moniteur ne convient pas à la Gazelle d'Amsterdam, parce que le titre de Moniteur suppose un journal officiel. Appelez-la Courrier d'Amsterdam.
Ce n'est pas le ministre actuel des finances que j'ai mandé à Paris ; c'est l'ancien ministre. Il faut laisser le nouveau ministre à sa place pour faire marcher les recettes. Cependant, point de contreordre.
Quand je vous ai demandé de nommer un commissaire de police, ce n'est ni Gohier ni Noél que j'ai entendu nommer; c'est un Hol* landais. Cherchez un homme attaché à la France; il y en a beaucoup qui l'étaient depuis longtemps.
J'ai réglé qu'une députation du Corps législatif devait se rendre à Paris, et, depuis, je vous ai mandé d'y adjoindre une députation du conseil d'Etat. C'est avec cette commission qu'on réglera ici ce (}ui est relatif aux différentes dettes, à celles des hôpitaux, des mainmortes, des communes, etc. Eu attendant, tout doit être réduit au tiers; cela ne décide rien, mais cela vaut mieux que rien. Pour ce qui regarde les emprunts du roi, ce n'est qu'à Paris que cela sera réglé avec le conseil. Toute la question se réduit à ceci : ne payer pour tout que le tiers; le reste, je le déciderai avec connaissance de cause.
Saint-Cloud, 20 juillet 1810.
Faites répondre par les banquiers Barthélémy et Duchesne qu'ils ne peuvent se charger de remettre 500 louis au Pape, vu qu'il n'a besoin de rien, qu'il a une maison, Salmatoris pour intendant, 10 voitures, des chevaux, et un train de maison qui coûte plus de 200,000 francs par mois; que, n'ayant besoin de rien, on ne peut se charger de lui faire remettre quelque chose que dans un but de malveillance.
(1) AFiv 88*.
MINISTRK DB l*.\ POMGE GÉNÉRALE (1).
Saint-CIoud. 20 juillet 1810.
Je VOUS renvoie vos états avec des notes de ma main. Je regrette beaucoup d'avoir mis en liberté plusieurs individus à Toccasion de mon mariage : je ne connaissais pas alors toutes les intrigues de H. Foucbé. C'est vouloir me trahir que de me proposer de mettre en liberté certaines gens.
Je vois dans le nombre des personnes éloignées de Paris plusieurs dont on s'est permis d'adoucir la situation. Révoquez ces ordres : il n'appartient pas à la police de rien changer aux ordres que j'ai pris.