‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 66 sur 280 · AU MARÉCHAL BERXADOTTE · texte numérisé non relu

AU MARÉCHAL BERXADOTTE

PRINCB DE k>ONTE-CORVO, ÉLU PRINCE ROYAL DE SUÉDE (1).

Saint-CIoud. 10 septembre 1810.

Cette lettre a été publiée dans la Correspondance, n* 1 6890 . A la place de la dernière phrase, la minute primitive portait ce paragraphe, biffé après coup par l'Empereur :

u Ces lettres patentes vous autorisent à devenir Suédois. Une seuLe clause y a été ajoutée, c'est que, personnellement, vous ne pourrez pas porter les armes contre la France. Cette. restriction est conforme aux constitutions de T Empire ; elle s'accorde avec votre inclination, et même ne contrarie point les devoirs du trône où vous allez monter, lequel ne peut jamais, sous peine de folie, se trouver en guerre avec la France. '?

MAJOR GÉNÉRAL DE l'aRMÉB d'eSPAGNE (2).

Saint-Cloud. 16 septembre 1810.

De fortes plaintes me reviennent de tous côtés contre le général Kellermann. Envoyez-lui un ofBcier, pour lui témoigner mon mécontentement des vexations qui se commettent dans son gouvernement, et demandez-lui un état catégorique de toutes les contributions qu'il aMevées. On vend dans ce gouvernement jusqu'à la libération des prisonniers, et, entre autres endroits, à Valladolid. Vous lui déclarerez que je le rends responsable d'abus si contraires au bien et à l'intérêt de l'armée. Vous lui ferez connaître que j'ai demandé un rapport sur ces objets, que l'ofGcier que vous envoyez est chargé de rapporter sa réponse, et que j'attends qu'il vous rendra compte qu'il a fait arrêter et juger par des commissions militaires les individus coupables de ces crimes. Vous lui direz que, s'il ne sévit pas contre ces horribles abus, je croirai qu'il les protège, comme le veulent les rumeurs publiques ; que, de tous les gouvernements d'Espagne, le sien est celui dans lequel il se commet le plus de brigandages.

(i) AFiv 885.

(2) Ibid.

LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX l", — 1810. 67

MAJOR GÉxéRAL DE l'aRMÉB d'eSPAGNB (I).

Saint-Cloud, 16 septembre 1810.

Faites connaître au général Drouet que des plaintes graves sont portées contre le général Barthélémy à Santander; que mon intention est qu'il le destitue, le remplace par un autre général, et fasse une enquête sur les dilapidations qui auraient été commises; qu'il faut faire la même chose du côté du général Avril. Ecrivez-lui qu^on se plaint aussi beaucoup du neveu du général d'Agoult; qu'il est urgent de faire des exemples sévères; que la corruption est portée au point de vendre jusqu'à la libération des prisonniers; que je lui recommande de mettre de l'énergie dans ses recherches. Des dilapidations se commettent également dans la Biscaye. Recommandez-lui de faire saisir les dépôts de marchandises coloniales, de cotons, cafés, sucres, dans la Biscaye et la Navarre, sur la frontière de France. Toutes ces marchandises sont destinées à être introduites par contrebande en France.

681— AU PHIMCE LEBRUN,

ARCIIITRÉSORIER DE l'eMPIRE, LIEUTE\A\T GÉNÉRAL DE l'eMPERELR EN HOLLANDE (2).

Saint'Cloud, 19 septembre 1810.

Je reçois vos lettres du IG et celle du directeur des douanes d* Amsterdam. Vous auriez pu faire passer mon décret dans l'Ost- Frise sans attendre 6 jours; un courrier l'eût porté en 24 heures. Mon décret a été motivé sur vos lettres et sur les réclamations des Hollandais. Je trouvais insensé qu'après les immenses avantages que je leur faisais, ils vinssent me demander que je suspendisse répoque des payements, c'est-à-dire que je leur permisse d'attendre des fonds de leurs correspondants d'Angleterre; car les marchandises qu'ils ont en Hollande ne leur appartiennent pas ; ils ne les ont qu'en commission et en compte courant. Après les renseigne-

(i) APiv 885.

mcnts que j'ai eus de Londres, je ne suis pas sans regretter de ne pas les avoir conGsquées.

Le ministre des finances donne des ordres pour faciliter les payements. On entend par payer faire sa soumission pour payer; alors on n'est point en défaut, si les sommes n'ont pu être perçues.

Je suis fiicho que la terreur soit dans l'esprit des Hollandais. Faites-leur connaître que je ne suis pas le roi Louis, et que je sais faire exécuter mes ordres. Il ne faut pas écouter de réclamations déplacées. Je ne sais pas comment un homme de votre expérience peut croire qu'il y a de la terreur parce qu'on ne peut pas payer. La terreur n'est que dans ceux qui n'ont pas le moyen de payer. Eh bien ! que ceux-là déclarent que les marchandises ne leur appartiennent pas.

Saint-Cloud. 19 leptembre 1810.

On m'assure qu'il se tient de très mauvais propos chez un marchand de vin, rue Saint-Honoré, au coin de la me de la Bibliothèque. Faites un peu surveiller ces petits cabarets.

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