A M. DE CHAMPAGXY, DUC DE CADORE
Fontainebleau, 14 octobre 1810.
Faites-moi un rapport sur l'exécution des demandes que j'ai fait
(1) AFiv 886.
(2) Ibid.
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faire en Suisse pour le séquestre de& marchandises anglaises et coloniales.
Faites-moi un rapport général sur ce que j'ai demandé aux princes de la Confédération relativement à ces marchandises, et sur ce qu'on a fait en Bavière, en Saxe, en Westphalie, dans le Wurtemberg, à Bade, etc. Exprimez bien ce que j'ai demandé et ce qu'on a fait, afin que je voie si cela est suffisant. Mon système est celui-ci : « Soumettre partout les marchandises coloniales qui s'y trouvent, aux droits ; soumettre également aux droits toutes celles qui arriveront désormais, n La Saxe a-t-elle soumis aux droits toutes les marchandises coloniales existant dans ses Etats? Si elle Ta fait, à Leipsick seul, elle a dû en trouver pour plus de 30 millions.
70i. — A M. DE CHAMPAGXY, DUC DE CADORE,
Fontainebleau, 16 octobre 1810.
Vous renverrez à M. Malchus sa note et vous lui répondrez à peu près en ces termes :
u Je ne puis recevoir la note que vous m'envoyez, puisque le roi de Westphalie se déclare affranchi d'un traité qu'il a fait avec la France. Les conséquences de cet affranchissement seraient incalculables. Ce ne peut être qu'un singulier manque de réflexion qui a porté le ministère uestphalien à donner un pareil ordre. Le traité de Paris doit être exécuté à la lettre. Le cabinet de Cassel doit être convaincu qu'on ne se joue pas des traités qu'on fait avec l'Empereur, et qu'il faut qu'on tienne ses engagements exactement. »
Dans l'explication que vous aurez avec M. Malchus, vous lui déclarerez que la solde due à mes troupes en Westphalie doit être promptement payée et mise au courant ; qu'il ne fallait point que le roi formât des camps, et fût si pressé de lever une armée westphalienne, sur laquelle il ne peut pas compter, et de faire des dépenses dans l'intérieur; que le refus de la cour de solder mes troupes aurait les plus graves inconvénients pour la Westphalie, que la France ne regarderait plus comme liée à elle par un traité. Écrivez là-dessus au sieur Reinhard. Faites-leur connaître que, si l'on
(l)AFii8SC.
LETTRES IXEDITES DE NAPOLEOM I". — 1810. 81
applique aux villes du Hanovre mon décret sur les marchandises anglaises, on se procurera des sommes considérables ; que Brunswick est rempli de ces marchandises, et surtout de marchandises coloniales.
Faites connaître au sieur Reinhard, pour sa gouverne, que la correspondance du roi ne signiGe rien, puisque je ne lui réponds rien sur les affaires ; que le sieur Reinhard peut se tenir prévenu là-dessus.
Fontainebleau, 17 octobre 1810.
Il court beaucoup de sots bruits dans Paris ; mais celui qui nécessite le plus d'attention et qu'il faut repousser de toutes les manières, sans lui donner de crédit en l'imprimant, c'est celui d'un prétendu mariage du prince Ferdinand avec une princesse d'Autriche. Je suppose que ce bruit est semé par un nommé Laborie et par les autres membres d'une coterie qui se rattache aux Hertin. Vous me parlez de ce Laborie dans votre bulletin d'hier à l'occasion de l'ouvrage de Mme de Staél (2). Il ne faut plus parler de cet ouvrage ni de cette misérable femme ; mais il faut surveiller cette coterie de Laborie et m'en rendre compte.
Fontainebleau, 18 octobre 1810.
Vous avez eu très tort de relâcher le curé Desjardins. Cet homme parait être un franc hypocrite. Il a commis un crime en révélant à un prince ennemi ce qui lui avait été conHé par la police. Mon décret ordonne qu'il soit arrêté et détenu à Fénestrelle. Toute corres-
(1) AFiv 886.
(2) De rAUemagne, dont les exemplaires venaient d*ètro saisis chez le libraire et mis aa pilon.
(3) AFiv 886.
82 LETTRES IXEDITES DE \APOLEOX I*'. — 1810.
pondance avec TAngleterre est un crime, surtout de la part de personnes émigrées et qui sont rentrées.
Fontainebleau, 18 octobre 1810.
Vous pouvez relâcher Tavera, le patron et les matelots que vous avez fait arrêter pour Taffaire du sénateur Lucien. Il est convenable de garder en règle toutes les pièces relatives à cette affaire. Il faut demander une réponse positive au général MioUis sur ce qu'il a laissé embarquer le sénateur Lucien, et sur ce que le bâtiment r Hercule est parti sans ma permission. Envoyez-lui ces questions, auxquelles il est bon qu'il réponde.