‹ Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1815) (volume 3)Chapitre 86 sur 280 · AU COMTE DE MOXT.ALIVET · texte numérisé non relu

AU COMTE DE MOXT.ALIVET

\II\ISTRE DE l'iXTÉRIKI'R (1).

Fontainebleau, 9 notembrc 1810.

Je pense que vous pouvez envoyer la circulaire suivante aux préfets :

u II m'est revenu qu'on fait courir différents bruits, que le tarif du sel, du tabac et des droits réunis va être augmenté, et que cela donne lieu à de nouvelles spéculations. Ces bruits sont controuvés. Aucun accroissement d'impôt n'est nécessaire à l'État. Quelles que soient les dépenses, tout est à jour, et le Trésor public est abondamment pourvu.

u II n'est pas plus vrai qu'on veuille rétablir les jurandes et les maîtrises; rien de ce qui était mauvais ne sera rétabli. II n'est nullement question d'ailleurs d'aucun changement dans cette partie.

u Vous devez démentir le bruit de dispositions qui tendraient à doubler l'imposition des patentes.

u Beaucoup d'autres bruits sont créés par l'agiotage et accueillis par l'oisiveté.

u Le bienfait des escomptes de la Banque, dont le commerce de Paris a tiré tant d'avantages depuis huit ans, Sa Majesté a voulu l'étendre aux autres bonnes villes. Cette intention bienveillante a été calomniée par des agents de change intéressés à s'enrichir dans des spéculations de commerce. On s'est livré à des discussions inutiles, puisque d'un seul mot on répond aux dissertateurs. L'escompte de la Banque à Lyon et autres villes de commerce n'est obligé pour personne; les billets pouvant être échangés à chaque instant à la Banque, ayant la même valeur, et la môme

(1) AFiv 887.

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garantie que les billets de Paris, qui circulent avec tant d'avan* tages dans la ville, ceux qui ne veulent pas les garder sont maîtres de les changer. Une chose qui est volontaire répond à tout.

u La police a fait arrêter à la Bourse quelques colporteurs de bruits, qui, abusant des choses les plus sacrées, répandaient partout le bruit d*un attentat contre les jours de TEmpereur, pour, avec ce moyen, agir sur les effets. Je ne pense pas que ces bruits aient pris assez de crédit pour arriver jusque dans votre département. Toutefois, rien n'est plus faux, et il y a bien des années, depuis nos troubles civils, qu'aucune tentative de ce genre n'a été faite, n

Fontainebleau, 14 novembre 1810.

Je vois dans le Journal de l'Empire qu'on y appelle le nouvel archevêque de Paris administrateur du diocèse. Faites connaître au rédacteur qu'on ne devait pas se permettre d'employer un pareil titre en pariant du cardinal Maury. Le cardinal est archevêque de Paris, et il doit toujours être désigné comme tel. Je n'entends pas qu'on l'appelle autrement, et je suppose que le cardinal lui-même ne reçoit ni ne prend pas d'autre titre. Les journaux doivent être les premiers à reconnaître ce que le gouvernement reconnaît. Tout continue de prouver que ce Journal de l'Empire est dans une mauvaise direction.

Parif, 21 novembre 1810.

Le Pape continue à avoir des correspondances très mauvaises. II est nécessaire de donner les ordres les plus précis pour resserrer

(1) AFiv 88T.

90 LETTRES INEDITES DE XAPOLEOX I». — 1810.

sa correspondance. II faut qu^aucune lettre ne lui soit remise que par le canal du préfet.

Paris, â2 novembre 1810.

Je VOUS envoie d'horribles détails sur le général L***. Il est nécessaire que vous fassiez sur-le-champ arrêter et mettre au secret ce scélérat, aCn qu'il ne s'échappe pas. On a peine à concevoir qu'il puisse exister de pareils monstres.

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