GRAXDE-DUCHESSE DE TOSCANE
Paris, lor janvier 1811.
Je suis mécontent de ce que vous souffrez que le chapitre de Florence et autres prêtres reçoivent des lettres du Pape, et qu'ils ne vous les apportent pas cachetées, lorsqu'elles leur arrivent. Vous devez faire arrêter et conduire dans des forteresses ceux des chanoines qui auraient reçu des lettres, attendu qu'ils n'étaient pas autorisés à les recevoir, avant de les montrer au conseil d'Etat.
Prenez les mesures les plus fermes et les plus actives pour que le feu de la sédition que le Pape souflle partout ne gagne pas la Toscane.
(1) AFiv 888.
LETTRES IXEDITES DE XAPOLEOX l^. — 1811. 99
dait de reconnaître Tévéque de Nancy comme archevêque de Florence. J'ai, en conséquence, ordonné l'arrestation de plusieurs individus, et j'ai pris les mesures convenables pour que le scandale cesse et soit puni. Écrivez à la grande-duchesse que, si les circonstances lui rendaient des troupes nécessaires, vous en tenez de toutes prêtes à diriger sur Florence; que ces troupes pourront marcher par Bologne et Kimini et par Ancône.
Ayez donc vos dispositions prêtes pour pouvoir, s'il le fallait et sans nouvelle autorisation, envoyer promptement des troupes sur Florence. Ceci est un excès de précaution; car je ne pense pas que cela puisse donner lieu à un événement. Cependant cette correspondance entre vous et la grande-duchesse ne peut qu'être utile dans ce moment-ci.
Paris, 2 janvier 1811.
Le chapitre de Florence a envoyé deux ecclésiastiques, dont l'un est le sieur Mancini, neveu de l'évêquc de Fiesole, pour se rendre a la rencontre de l'archevêque de Florence, et lui signiGer que le chapitre ne peut pas le reconnaître. Envoyez, par l'estafette de ce soir, l'ordre de faire arrêter ces deux ecclésiastiques, de mettre le scellé sur leurs papiers, et de les conduire à Fénestrelle, soit qu'ils soient à Plaisance, soit qu'ils soient retournés du côté de Bologne, soit qu'ils soient à Florence.
Envoyez des mandats d'arrêt contre les chanoines Mozzi, Gentili et Berto. Faites mettre le scellé sur leurs papiers, et faites-les conduire à Fénestrelle. Faites arrêter à Florence un avocat nommé Valentini, et mettre le scellé sur ses papiers. Faites arrêter le vicaire Corholi. Envoyez tous ces mandats d'arrêt à la grande-duchesse, parce qu'il est possible qu'elle ait pris des mesures, et qu'il ne faut pas qu'ils se croisent. 11 faut que cela soit fait avec vigueur. On doit arrêter ceux qui ont donné lecture du soi-disant bref du Pape, sans qu'il ait été communiqué au gouvernement. EnGn ordonnez à la grande-duchesse, au préfet de l'Arno et à l'archevêque Osmond que mon intention est que ce dernier soit reconnu comme arche-
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vèque; que, si le chapitre était récalcitrant, il faut que la grandeduchesse le supprime et fasse mettre le scellé sur ses biens. Écrivez à la grande-di^chessc que les principaux coupables sont ceux qui ont montré au chapitre une lettre qu'ils ne devaient pas recevoir.